Écrire des textes érotiques, c'est se mettre en jeu, c'est s'exposer, se mettre à nu. Écrire des textes érotiques à deux et les publier est encore plus fort, parce que c'est se mettre à nu à deux, sans intimité, livrés aux yeux des passants... "
"- Mais comment
ai-je pu écrire ça ? Et sans en ressentir la moindre gêne" me dit Moïra... "- C'est si différent de l'écriture habituelle..."
"C'est normal", lui dis-je, l'écriture à deux est un investissement fort, on y met beaucoup de soi, plus que dans l'écriture solitaire. C'est un peu comme le théâtre, il faut savoir se distancier du personnage que l'on incarne, mais au moment de rentrer en scène, tu n'as plus le choix, il faut t'investir, physiquement, ressentir au plus profond de toi celui que tu es sur scène... Sinon cela se sent, cela se voit...
L'écriture à deux est effectivement proche du théâtre, ou plus exactement de l'improvisation : il y a de l'interaction, du jeu, des mots mais aussi du sens, et surtout des sens... A chaque pas, l'écriture s'invente un chemin... C'est dur, et cela serait encore plus dur de l'écrire en vis-à-vis, physiquement proches. Peut-être n'y arriverions-nous pas, inhibés par nos corps, par la pudeur, par la fidélité à nos vies et à nos amants. De la même manière, peut-être n'y arriverions nous pas tout simplement parce que la proximité de nos corps, de nos odeurs, de nos regards, nous précipiterait dans les bras l'un de l'autre, ce qui serait naturel, mais nous jetterait dans l'embarras vis-à-vis de nos vies respectives et dans le cas présent de notre projet commun. Car ce projet naît aussi de la frustration.
Ce qui serait dangereux pour nous, en tant qu' acteurs, serait de ne pas savoir sortir de nos rôles une fois le jeu sur scène terminé. La folie serait proche, le jeu devrait cesser car l'un de nous deux y perdrait la vie. Ou la raison.
Moïra me dit "- Oui, mais ce n'est aussi qu'une sorte de récréation, une parenthèse, une pause ! Nous sommes acteurs, en confiance, dans le respect mutuel ! C'est effectivement un théâtre, lieu à part".
Comme une évidence, une forme de vérité me saute aux yeux... Notre théâtre est une piste de danse, nous dansons un tango...
Le tango se danse à deux, il est une improvisation, les pas de danses s'enchaînent sans préméditation, n'hésitent pas à se répéter... Improvisation certes, mais les danseurs marchent ensemble vers une direction commune, nouvelle à chaque instant, mené par celui qui guide, l'homme, mais pas forcément, et dans le partage d'une énergie fantastique...
Le désir sexuel y est sublimé, quintessence de la sensualité, de la frustration, teinté de la mélancolie issue de ces immigrés arrivant à Buenos Aires, solitaires, trouvant refuge dans les bras des prostituées, souvent françaises, pour retrouver un peu de la femme, qu'elle soit celle qu'ils ont aimé, qu'elle soit leur mère, ou simplement une idée rassurante de la mère patrie...
Nous sommes dans ce jeu érotique, nous sommes Argentins, nous jouons en respectant des codes non écrits... Se frôler sans se toucher ? Pas exactement, nous nous touchons, nous nous frôlons, nous nous enveloppons dans ce tango, nos corps sont unis, mêlés, dans le respect, dans la confiance, dans l'assurance d'un chemin commun le temps de la danse... Nos personnages s'embrassent, se caressent, se déshabillent, se mordent, se lèchent même, se prennent enfin...
Les sens nous envahissent, des frissons nous parcourent, le sang afflue dans les parties les plus intimes de nos corps, mais nous sommes des acteurs, nous devons le rester, ne pas succomber à la sauvagerie pourtant si tentante de la chair, des vêtements arrachés, de la nudité sans fards, des poils et des toisons révélées, des sexes dressés ou humides, en un mot, à la sauvagerie naturelle... Nous devons rester des symboles, comme ces danseurs et ces danseuses habillés de lumière, sensuels dans leurs vêtements tirés à quatre épingles, gilet, robes à volants, bas luisants... Tellement tentants, tellement beaux, tellement érotiques et pourtant si sûrs de leurs jeu, si sûrs de la distance qui les sépare tout autant qu'elle les unit, les préservant de la folie...
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...