S'envoyer en l'air, les pieds sur terre
Je ne me voyais pas faire face au décompte de la fin du 31, avec tout ce que cela suppose dans les premières secondes de l'an suivant. Les souhaits de 2012 pourraient être nombreux, sincères, nous pourrions nous dire que la santé, c'est important, nous serions comme tout le monde à respecter ce drôle de rite qui finalement, ne change pas grand chose à l'univers qui nous entoure et à notre vie quotidienne.
Ou alors, ces vœux constitueraient le signe de la vidange psychologique que nous nous imposons pour continuer à avancer et à espérer que, bientôt, demain, tout ira bien mieux, puisque ce n'est pas le même chiffre noté en bout de date pendant les 365 prochains jours. Nous sommes bien imprégnés de la coutume et je crois que nous y croyons. Quelque part, au fond de nous, inconsciemment.
J'aurai pu, j'aurai dû peut-être, achever cette année en famille. Mais la famille a été amputée d'un membre depuis six mois. Pour moi, il s'agissait d'une jambe, la plus forte, celle sur laquelle, sans le savoir, sans vraiment m'en rendre compte, je m'appuyais tous les jours de ma vie depuis 40 ans. La coupure a été assez nette, rapide, brutale, soudaine mais la cicatrisation est lente. Je ressens une plaie, par endroit, encore à vif qui nécessite des pansements, mais aucune médication. Parfois, je me rends compte qu'il me faut cette douleur, qu'elle m'est nécessaire pour vivre, ou survivre. C'est peut-être pour cela que j'écoute certaines chansons plus que de raison, ces airs et ces paroles, je les écoutais déjà au début de l'été dernier.
Je claudique, je boite, j'oscille avec maladresse sur mon déséquilibre récent.
La reconstruction physique et psychologique passera par mon adaptation à supporter le manque, l'absence. Je n'essaie même pas de me trouver une prothèse, non, je veux apprendre à marcher de ce nouveau pas. Je vais essayer de renforcer mes autres piliers. J'ai de la chance, j'en ai autour de moi, deux, trois, qui soutiennent, qui tiennent, qui partagent. Je devrai aussi créer un balancier pour que mon poids ne soit pas uniquement lourd et deviennent insupportable et, au contraire, je devrai être capable de porter les autres pour que l'édifice soit solide et que rien ne se brise.
Alors nous avons réveillonné à deux, nous n'avons pas échangé de longs mots dont la valeur n'aurait pas été exacte. Vers minuit, nous avons entendu, ailleurs, des pétards, des cris, des mugissements de trompettes, sans doute des vuvuzelas ressorties pour l'occasion; le chien est venu nous surveiller et se rassurer à l'entrée de la chambre; dehors il faisait doux pour la saison, dans la maison aussi.
Des tas de gens ont fait la fête, se sont embrassés, comme nous n'avions déjà fait, comme nous le feront probablement, parce que, nous ne sommes pas, enfin, ce sera possible.
Il parait que c'est différent, le vide, au bout d'un an. Mon pote, celui qui avait perdu son père un an avant, me l'a expliqué. Mais bon, il n'en parle pas trop, peut-être que non. Je ne connais pas le nombre de mois suffisants pour oublier en continuant d'y penser.
Je n'ai pas envie de trop souhaiter la bonne année, ça sonnerait faux, peut-être. Un peu parce que je sais que ça ne sert à rien, que ça n'évite rien, mais je le ferai probablement car c'est ainsi que c'est souvent mieux. D'ailleurs, je me surprends à le faire dés le premier jour, sincèrement. D'ailleurs, les autres ne m'ont rien fait, il méritent des souhaits, des vœux et pour peu que l'on y croit...
Si je me relis, peut-être trouverais-je dans ces lignes une résolution à la con. J'espère qu'il existe des résolutions tenables.

Sapiens
| Commentaires |
|
|
|
Character problem. empty comment
Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...