VOLDEMAG

S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

voldemag

Happily Ever After

Envoyer Imprimer PDF

« Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants »


Nous avons été bercés par cette phrase qui sonne encore aujourd'hui comme l'ultime récompense, l'achèvement d'une vie qui semblerait n'avoir aucun sens sans elle. Depuis les premiers soubresauts féministes, la sacro-sainte famille s'est pris un sacré coup dans le museau. Si la femme est encore considérée dans l'inconscient collectif comme la garante de la morale, comme la protectrice des vertus, des valeurs familiales et des progénitures - preuve s'il en est la dernière hérésie de la mission d'information parlementaire sur la prostitution, appuyée par une Roselyne Bachelot plus que jamais dévouée au dressage des gonzesses - qu'en est-il du couple ? Là, je vais te sortir une anecdote assez triviale : j'ai une crève de chien. Hier soir, mon conjoint attendait très sérieusement de moi que je m'occupe de la trinité bain dîné couché des enfants. J'étais à deux doigts de crever mais rien de plus normal pour mon conjoint que de me lâcher, imperturbable : c'est TON boulot. Non, mon mec n'est pas un connard de la pire espèce. Inconscient, je te dis. Plus tard, alors que je réclamais l'extrême onction et un prêtre, il n'a pas pu s'empêcher de sortir son membre pour le taper, paternaliste en diable, sur mon front avec dans l'idée que j'en fasse quelque chose. Lorsque je lui ai répondu que si je lui avais offert ce super masturbateur dont on m'avait dit beaucoup bien, c'était pas tant par générosité que dans l'espoir d'avoir ainsi une paix relative, j'ai lu dans son regard un choc et une incompréhension profonde. Si tu ne vois pas le rapport, sache que j'illustre mes propos comme je l'entends.

Est-il fou de considérer comme réalisable la compatibilité de désirs parfaitement opposés lorsqu'ils se trouvent encore sous le joug des valeurs de nos grand-mères ?

Je pense que oui. En mai, je suis cynique.

Que peut-on honnêtement espérer d'un engagement amoureux ? Y a-t-il encore une place pour le happily ever after ?

Si la femme affiche désormais une quelconque agressivité quant à sa sexualité, quand elle se met à assumer et porter des désirs pluriels et sa volonté d'épanouissement, le château de cartes du Couple tremble dangereusement sur ses bases. Les hommes n'ont eu qu'une seule génération pour se faire à ce constat sans doute un peu effrayant : les femmes réclament, obtiennent, ont les mêmes libertés que celles des hommes si elles le désirent. Les deux parties se heurtent malgré elles, malgré l'amour et la communication. Partant de ce fait, les codes changent, le couple se transforme et l'on s'octroie plusieurs vies en une seule. Depuis la pilule et le droit à l'avortement, depuis le développement des technologies numériques telles que le web et ses 1021 possibilités de trouver autre chose que ta moitié à te mettre sous la dent, le développement des transports (oui, ça date mais quand même), la croissance de notre société ultra-consumériste et ultra-dépressive, ce bombardement d'informations et par là-même de possibles, semblent signer le déclin du couple Amour et Toujours. C'est l'avènement du Je T'aime Jusqu'à ce Que Tu Te Mettes en Travers de Mon Chemin.

Je suis de celles qui ont choisi de vivre une vie d'homme, c'est-à-dire une vie qu'on peut qualifier d'assez égoïste dans laquelle mes désirs ne sont pas relégués au bon vouloir du calendrier de mon conjoint, où quand mes enfants me font chier je le dis, où je me barre avant d'étouffer. C'est un choix décisif que je porte fièrement mais qui n'est pas compris par la moitié de mon entourage. Je trouve ça scandaleux. Un choix qui est seulement toléré par la personne avec laquelle je vis et qui se trouve être, drôle de hasard, le père de mes enfants. Nous avons tous les deux décidé de nous quitter plutôt que d'être malheureux, de ne pas rester ensemble « pour les enfants » et malgré l'amour que nous nous portons, nous imaginons se profiler le moment où nos désirs seront trop contradictoires.

Là où à une époque différente, la famille primait sur l'épanouissement personnel, il s'agit désormais d'une course à la satisfaction, à la réalisation, au bonheur de l'individu singulier. Sale temps pour ceux qui désirent passer leur vie entière auprès de la même personne. A moins de changer radicalement le contrat-couple et l'engagement qu'on peut promettre, difficile d'y croire. Et ça me rappelle les Cloches de Pâques quand j'étais petite : on me jurait qu'elles existaient et qu'elles étaient passées mais je les entendais JAMAIS.
Il en va des clichés comme des légendes, ils ont la vie dure. Le couple avec la formule tout compris : mariage, maison, enfants, pour-toujours-tout-va-bien me semble définitivement en voie d'extinction.

Est-ce une mauvaise chose ? Je ne crois pas.
On est jamais mieux servis que par soi-même.

Peace Out.

logo_voldemag_petit

by Vieux Félin

Commentaires
Ajouter un nouveau Rechercher RSS
  lio 12-05-2011 21:46:42

La vie elle même nous fait passer de ce passage monogame idéalisé et encore par ce qu'en y réfléchissant qu'est ce qu'on s'y ennuie à l'utilisation de toute notre palette de séduction.
S'il n'y avait qu'une seule note sur un piano la truite de Schubert n'existerait pas.
milllie 13-05-2011 13:28:06

Puisque nous n'avons qu'une seule vie faire le choix de la vivre intensément et heureux c'est un bon début.

Les contes de Fées n'existent plus...
hakim 14-05-2011 12:12:24

joli condensé de clichés. (ça vaut aussi pour les 1ers commentaires)
pas de doute, avec toi, la femme est l'égale de l'homme, mais dans ce qu'il a de pire.
donc pour toi, "vivre une vie d'homme", c'est être un gros beauf, le revendiquer et en être fière ?
c'est magnifique... (et légèrement insultant pour les hommes)
Rolanda Bibine 16-05-2011 11:01:15

Clichés Il se trouve Hakim qu'effectivement les mentalités ont commencé à évoluer. Les hommes s'occupent de leurs enfants de plus en plus et ne nous cantonnent plus au rôle de gestionnaire du foyer (qui, je confirme, doit adapter son calendrier à celui de monsieur pour prévoir une activité !). Tu dois faire parti de ces hommes là mais pour autant tu dois quand même regarder la réalité bien en face ! Cette évolution est récente et il reste encore BEAUCOUP de mecs (il y a bien quelques femmes qui sont ainsi n'est ce pas G mais elles restent peu nombreuses )qui font passer leur bien être (ou carrière ... oui oui je sais faut assurer le confort matériel blablabla) avant le reste : sa femme et ses enfants !
Et c'est ce qui m'a poussée à me barrer !!!
Et eurent beaucoup d'enfants
  Violette R.O.L.L. 16-05-2011 23:25:24

D'accord avec ce texte (pas un soutien inconditionnel pour autant).
Les clichés ont la dent dure, ils persistent, ils signent, mais on finira bien par les dégommer.
Le plus difficile selon moi sera la partie "enfants". Le jour où cette société reconnaitra qu'on n'est pas forcément égoïste ou frustrée lorsqu'on n'a pas d'enfant dans un couple, on aura fait un très grand pas.
En revanche, cela n'enlève rien au problème de la gestion de ces nouvelles affirmations, qui donnent à voir de nouveaux schémas familiaux, lesquels conjugués à de nouveaux loisirs provoquent de nouveaux types de relations sociales... Déconstruire pour ne rien proposer de solide à la place, c'est aussi dangereux hein. Surtout en politique.
Bref.
Vous n'avez rien compris ? Tant mieux, ou tant pis
baci 17-05-2011 23:50:46

moi je l'aime beaucoup, cet article
pourtant vieux félin, elle me ressemble si peu que souvent, je suis pas à l'aise en la lisant
je suis souvent un peu trop bousculée, je sais pas quoi en faire du coup, de ces mots.

pourtant, je crois que le mot cliché est vraiment pas adapté en l'occurrence, ça transpire tellement la sincérité que je ne me dis jamais que c'est une posture.

merci de dire et d'oser
Nom:
Email:
 
Titre:
Website:
BBCode:
[b] [i] [u] [url] [quote] [code] [img] 
 
:angry::0:confused::cheer:B):evil::silly::dry::lol::kiss::D:pinch:
:(:shock::X:side::):P:unsure::woohoo::huh::whistle:;):s
Saisissez le code que vous voyez.

3.26 Copyright (C) 2008 Compojoom.com / Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved."

 
Auteur de cette article : Vieux félin

> Voir les autres articles de cet auteur