Je vous aurai aimée, madame. Plus que quiconque. Au gré de mes balades, je vous ai souvent rencontrée. De tous temps, vous avez voulu à la fois m'éviter et pourtant vous me réclamiez, souvent à cor et à cri. Vous vous êtes parfois dérobée à moi, vous cachant derrière mille et un artifices, prétextant de ci et de là que je ne vous méritais pas ou mieux que vous ne me méritiez pas. De fait, j'ose à peine imaginer ce que nous aurions pu faire de plus. Pourtant, vous et moi, nous racontons à nos amis, nos ennemis et notre famille une histoire plusieurs fois millénaires et nous la continuons aujourd'hui, dans la joie et l'allégresse le plus souvent, dans la violence parfois. Oui parfois, je suis d'une rare violence, surtout lorsque vous ne voulez pas succomber à mon indéniable charme : ma colère gronde, le sang monte et j'explose littéralement vous abreuvant d'une haine terrible. Vous ressortez souvent vaincue de ce déchaînement et partez, souvent seule, blessée, tentant de vous cacher aux yeux de ce monde qui sait. Mais lorsque je vous retrouve, souvent vous vous ouvrez encore à moi en me demandant conseils, vous m'avez pardonné alors notre relation continue, redémarre et nous repartons à l'avant pour écrire une nouvelle page de notre histoire. Jusqu'à la prochaine explosion de violence et la nouvelle réconciliation.
Nous nous sommes tant aimés. Même en nous cachant. Nous avons prétexté des révolutions et des religions pour nous contraindre à ne plus nous voir. Certains écrivains ont même imaginé des malédictions terribles. On a voulu souvent nous séparer, mais la marche inexorrable de l'histoire fait que nous sommes un et indivisible. Même une science de l'esprit a tenté et tente encore de nous disséquer. En vain, ma belle amie, en vain. Encore aujourd'hui, je vois et lis une tonne de littératures à votre sujet et a fortiori du mien. N'est-il pas fatiguant de pérorer sur nous ? Moi j'ai trouvé mon second souffle lors d'une Commune et du abattre un monument à ma gloire. J'y suis allé au burin et à la masse. Puis j'ai traversé à nouveau des grands courants, plongé avec vous dans la foule, expié et ré-expié mes nombreuses fautes. Vous continuez à me haïr, vous continuez à m'aimer. Nous nous sommes embrasés à nouveau et une pluie d'étoiles nous ait retombés dessus. Et nous dessinerons cette farandole jusqu'à la fin des temps, jusqu'à ce que nous retournions définitivement à la poussière, jusqu'à épuisement. Mais tout ceci n'aura été qu'un long orgasme de joie, venant à la fois des ténèbres et du ciel, une célébration de ce que nous sommes : la vie éternelle.
Je vous ai rencontré un jour, madame. Dans la lumière tamisée d'un musée parisien, vous vous êtes offerte à moi, outrageusement et impudiquement. J'ai compris alors que vous n'étiez que grâce et ravissement. Je n'avais que 19 ans et je vous devais déjà tout : vous étiez à l'origine de mon monde, de notre monde, du monde.

L'origine du Monde par Gustave Courbet

By Ulrich Stakov
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...