
Nous sommes le 13 mars 1964. Il est un peu plus de 3h du matin quand Kitty, 29 ans, rentre chez elle, dans Brooklyn à New York. Elle n'a pas remarqué qu'elle est suivie par une voiture depuis maintenant quelques minutes. Elle continue son chemin, quand le conducteur de la voiture fait irruption derrière elle et la poignarde à 17 reprises. Elle hurle de toute ses forces, elle appelle à l'aide.
« __ Il m'a poignardée, je vous en prie, aidez-moi! ».
Ses cris restent sans réponses. Le conducteur de la voiture s'appelle Winston Moseley. Il remonte dans sa voiture, fait mine de repartir, puis revient vers sa victime à 3 ou 4 reprises. Il la viole, la dévalise pour finalement la battre à mort. Kitty hurle pendant toute la durée de son calvaire, c'est à dire 1h30. Personne ne semble l'avoir entendue. Personne ne semble avoir été réveillé par ses appels. Personne.
Un témoin va finalement appeler la police, qui va arriver un dizaine de minutes plus tard. Kitty mourra dans l'ambulance qui était censée la conduire à l'hôpital.
L'enquête de police va révéler que les hurlements de Kitty avaient en fait, fait leurs effets. Kitty a réveillé 38personnes. 38 personnes qui ont témoigné de la scène, sans qu'un seul d'entre eux ait clairement appelé la police. 38 personnes ont assisté à son agonie, sans appeler la police et leur expliquer clairement la situation. 38 personnes qui sont, comme vous et moi. 38 personnes qui ont laissé mourir une femme.
Ces 38 individus ont été lynchés dans la presse à l'époque, accusés de lâcheté, d'inhumanité, d'égocentrisme. Néanmoins, deux sociopsychologues vont s'intéresser à l'affaire et établir un constat qui fait purement et simplement froid dans le dos. Darley et Latane ont mis en évidence l'existence d'un syndrome, qui s'appellera désormais le syndrome Genovese (du nom de famille de Kitty) ou encore le syndrome de diffusion de responsabilité.
Les 38 témoins ont tous clairement entendu les appels de Kitty, mais aucun n'a réagit, parce que chacun a fonctionné selon le raisonnement suivant: « Je ne suis pas seul à l'avoir vu, quelqu'un doit certainement déjà avoir appelé la police ». Chacun des témoins a délégué sa responsabilité au groupe d'individus, supposé existant, qui aura déjà réagi de la manière la plus appropriée à la situation. Cet effet s'est produit chez chacun des 38 témoins, qui ont tous pensé que quelqu'un avait déjà appelé la police - conséquence de quoi : personne n'a appelé personne. Les individus du groupe se sont neutralisés entre eux, sans qu'ils en aient conscience.
La conclusion que les psychologues ont tiré de cette affaire est la suivante: si vous êtes en situation de danger devant plusieurs témoins, ne les appelez pas tous à l'aide, désignez-en un en particulier. Montrez le du doigt, appelez le en fonction des vêtements qu'il porte, hurlez son nom si vous le connaissez. Ne vous adressez pas au groupe. S'adresser à une personne en particulier aura pour effet de poser la responsabilité de votre cas sur ses seules épaules, et empêchera ainsi la diffusion de la responsabilité entre tous les témoins. Dans l'autre sens, si vous assistez à une situation de danger, dites vous que vous êtes la seule et unique personne à pouvoir apporter de l' aide.
C'est un conseil.

By Henri
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...