S'envoyer en l'air, les pieds sur terre
Je ne sais plus quel âge j'avais lorsqu'une personne m'expliquait qu'il ne fallait pas faire à autrui ce que je ne voulais pas qu'on me fasse. J'étais gamin, sûr. C'était mon père, ma mère, une séance de catéchisme obligatoire, un dessin animé, Casimir, une chanson, une expérience, la vie peut-être ?
Précepte estimé épatant que je tente, tant bien que mal, de transmettre aux enfants, quelquefois aux adultes, lorsque l'occasion est présentée. J'ose penser qu'il s'agit, pour tout bon humain à peu près normalement constitué, la solution d'une existence.
Parfois, c'est idiot, j'essaye de l'expliquer au garçon lorsqu'il tape un gros arbre avec un bâton, juste comme ça, à la fille quand elle fait mine de faire voler le cochon d'Inde à l'estomac blindé.
Et si on te faisait ça, à toi, aimerais-tu ?
Je suis rabat-joie pénible, moralisateur. J'ose imaginer que le Monde serait plus tranquille et les relations globalement plus respectables.
Inconsciemment, non, plutôt consciemment, je m'interroge sur le fait même de ce principe. Et s'il était lié à cette autre règle presqu'espérée qui dit qu'il y aurait un équilibre dans nos vies, une balance de nos actes qui se veut toujours horizontale, à la fin. Crois-je en cette justice divine parce que je ne suis pas si malheureux que ça? Ou ai-je provoqué cet état. Que dirait celui qui n'est pas né en France mais à Kaboul ou aux portes du Sahara. Je n'y pense pas, cela réduirait la théorie à zéro. Ou alors, il faudrait trouver d'autres raisons à tout.
Mon idée passe sur mon histoire. Et si m'être montré irrespectueux de mes parents, avoir fait trop crier ma mère, avait eu comme conséquence cette série de mauvaises notes.
Et si je n'ai jamais réussi à embrasser cette fille parce que je me moquais trop de cet autre gars. Et si ce contrat étonnant contrebalançait ces problèmes avec ce salarié, et si tout le beau temps rêvé pour ce weekend précis apportait par la suite un mois de juin pluvieux.
Et si un vœu avait une contrepartie. Et si ces trop nombreuses années de célibat m'avaient permis de trouver la femme de ma vie. Et si la naissance délicate mais heureuse de ma fille était le passage obligé de ce matin de novembre sans voiture et aux feux verts inexplicables. Ou l'inverse.
Dans ces doutes et ces périodes d'interrogations trop présentes, j'applique, j'espère, je crois, je m'accroche. Il est vrai que tout passe, que je me dois de rechercher ce qui est mieux là où il y a moins bien. Est-ce ça l'optimisme ? Comment peut-on doser ses chances, à partir de quel niveau, la boule roule dans l'autre sens ? Quel est le point d'équilibre ?
Dans ces idées, je tente d'être décideur de la suite. Je remplis ou je vide la fiole, j'essaye de limiter les trop grandes amplitudes. Je me pose ces questions parce que, peut-être, j'ai plus de chance que ces personnes qui continuent de se demander, jour après jour, ce qu'ils ont bien pu faire pour mériter ça. Le "ça" se mérite t-il parfois, avec ou sans justice ?
J'essaye de comprendre afin de savoir comment faire, comment maitriser ce qui suivra.
J'ai l'impression que ce sont des questions de riches. Que cela dépend du référentiel de chacun.
Et puis, un autre temps passe. Je vois cet autre concept moins torturé qui voudrait qu'il n'y a pas forcément une raison à tout, que les évènements ne sont pas forcément tous imbriqués ou dépendants d'un fil à l'autre.
Ce serait une anarchie de faits, qui ni ne s'additionnent ni se soustraient, juste, qui sont, et qui n'ont d'autre mérite que d'exister.
J'aime interprété mystiquement la vie sans pour autant être persuadé que la mienne aura un sens.

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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...