J'aime pas les trains. J'aime pas devoir me lever aux aurores un dimanche matin. J'aime pas aller aux toilettes dans les gares. J'aime pas le sale café des gares. Pourtant, l'a bien fallu surmonter. Tout ça pour aller voir Henri. Et durant tout le temps du voyage, je bougonne un peu. J'aime pas l'inconnu moi. Les inconnus encore moins. Même si on n'est pas vraiment des inconnus, quand même un peu. C'est comme ça que je rumine en buvant un cappuccino avec un arrière goût vraiment bizarre (décoction de rat peut etre?).
J'aime beaucoup les gares. Ça veut dire voyage, ça veut dire tranquillité. Et ça veut aussi dire rencontres. Sand m'avait prévenu. "Tu cherches une grosse paire de seins, ça ira".
Bon.
Ok.
En fait non, ensuite elle m'a dit qu'elle était juste blonde et que je la reconnaitrais, parce que c'était quand même un peu vulgaire de dire "Oh ben tiens maintenant, je cherche une grosse paire de seins".
J'avais pas vraiment d'appréhension, parce que maintenant, je commence à avoir l'habitude de rencontrer les gens de l'Internet dans la vraie vie. Et je sais aussi qu'en général, il se passe de jolies choses, donc j'avais un peu hâte. Moi. Et puis avec Sand, on se fait quand même beaucoup rire mutuellement, donc j'étais pas trop inquiet. Même si. On sait jamais. Et puis je me suis dit que j'allais être normal, faire un grand sourire, et puis voilà. Parce qu'en plus, je sais que Sand, elle aime pas trop le train, les trucs qu'elle connaît pas, tout ça. Alors Sand, c'est simple. Tu peux pas la louper. Sand, elle a beaucoup de charisme. Dans la gare, parmi les gens, on voit un peu qu'elle. Alors même si je suis arrivé en scred par le couloir de métro, j'ai tout de suite su que c'était elle. Elle a l'air un peu flipée, donc moi je sors le regard n°43 : "convivialité". Ça m'intéresse pas de jouer un rôle, je suis comme ça.
Et puis une main sur mon épaule et un vrai bonjour avec trois kilos de sourires dedans. Dixit Chulie, Henri il a de la Badoit dans les yeux. Exact. Et il a aussi un peu de caramel dans la voix. Il te parle, t'as juste envie de sourire. Alors j'écoute Henri.
On part se réfugier dans un joli café parce que j'ai toujours pas pris de petit-déjeuner (et qu'il pleut sa race). Je te fais pas de dessin mais je suis levé depuis une demi-heure, limite si j'ai pas les yeux collés.
Et je souris en essayant de pas foutre du cheesecake partout. Henri parle, de trucs sérieux, de gens,... Moi aussi je parle, un peu en retenue. Et puis pas tant que ça. Henri me met à l'aise. C'est l'effet badoit ça.
Henri m'explique un peu les choses, la vie, les blogs, l'écriture. Avec plein d' humain dedans. J'aime bien ça moi les gens avec plein d' humain(s) dedans. Évidemment. Henri se commande des œufs au plat. Moi je bois. Un coca. Et ses paroles. C'est drôle c'est complètement normal. Alors qu'il y a une demi heure on ne s'était jamais vu voilà qu'on discute de tout et de rien. Facile. Le petit truc qui moulinait dans la tête s'est arrête de tourner. Je me dis plus "et si on avait rien a se dire ? ".
Je profite.
On discute tranquillement de nos parcours bloguistiques, je comprends tout de suite que Sand a un rapport à l'écriture particulier. J'ai l'impression que c'est quelque chose qu'elle a toujours fait. Elle a du bagage. J'aime déjà beaucoup Sand parce qu'elle est d'un drôlisme rare en général sur Twitter, mais qu'elle l'est encore plus en direct. C'est marrant de voir comment les gens prennent du relief quand on les rencontre après ce genre de passif sur Internet. C'est marrant, mais en même temps, c'est normal. Sand est toute jeune, mais t'inquiète, elle a eu le temps de faire des choses.
Elle m'intrigue, parce que je sens qu'elle a vécu, elle a son histoire, elle a fait ses choix. J'ai quelqu'un de fort en face de moi, qui n'hésite pas à se marrer mais qui se planque un peu aussi. Sand, elle a une zone de sauvegarde, juste ce qu'il faut d'appréhension pour maintenir l'intérêt de la rencontre. Moi j'aime bien. Parce que ça veut dire qu'elle ne livre rien immédiatement, elle n'attend rien de cette rencontre, si ce n'est de la surprise. Sand ne joue pas de rôle, elle est comme ça, ça se sent.
On décide de se faire un japonais, je décide immédiatement de contrecarrer mon légendaire non-sens de l'orientation pendant qu'elle planque son Pierre-Richardisme tant bien que mal.
Et je ris. Parce que il faut que tu saches lecteur qu' Henri est drôle. Très. Même devant des sushis. Et qui n'a jamais testé le maitrisage de baguettes (qui n'étaient même pas japonaises d'ailleurs passons) et le lâchage de vannes en même temps me jette le premier maki.
J'essaie de ne pas trop laisser mon légendaire côté Pierre Richard s'exprimer. En même temps, j'ai l'impression que ce serait pas trop grave. Si jamais. Mais ça arrive pas. Pas trop.
Elle te l'a expliqué, on a juste beaucoup ri. Beaucoup. Mais pas seulement, c'était pas un rire conventionnel. C'était un vrai. Si je devais ne retenir qu'une chose de ce restaurant, ce serait pas tellement l'odeur des chiottes (et CROIS-MOI, ça aurait pu), mais juste un joli moment pendant lequel elle me parle de son petit grumeau, qui a l'air bien fin dans son genre. Elle parle de son fils comme une maman peut en parler. Ça me touche parce qu'elle ne triche pas. Pas d'artifice. Elle m'en parle franchement, et c'est aussi à ça que je sens que le feeling passe.
Et puis on se retrouve dehors, il bruine, c'est pas grave. On se balade un peu. C'est joli Bruxelles. C'est surréaliste aussi. Tu es là, peinard, et puis tu tombes sur un étal de bougies en forme de verres à bières ou de barquette de frites. Sur des étrangetés, des accrocs à la vraie réalité. Moi j'aime bien. Henri aussi. On rit. Beaucoup.
On est des sales gosses. Surtout lui. Lui qui a l'impudence de me trainer dans l'ersatz de galerie d'art le plus moche du monde, avec un type qui aurait pu jouer une sorte d'Edgar Allan Poe dans un film moldave comme tenancier. Et comment on peut garder son sérieux face au super pouvoir d'Henri, hein? Parce que ce type a un truc en plus, du genre horrible. Il a le fameux oeil qui frise. Celui avec lequel il te regarde en coin, et auquel tu ne peux pas résister, t'es obligée de partir dans un fou rire d'anthologie.
Henri est démoniaque. Il fait mal aux joues. C'est pas si évident de rire comme ça avec quelqu'un que tu ne connais pas. Et pourtant. Ça semble inracontable le pourquoi du comment on a ri. A larmes. Pourquoi on s'est retrouvé, dans une gare digne d'un film ouest allemand, à jouer aux colonnes Morris, et à livetwitter mais IRL sans ADSL(oui je sais c'est concept) les gens qui passent. Une sorte de Flashmob immobile. J'en sais rien.
Tout ce que je sais, c'est que c'était un de ces moments que t'as pas envie de laisser filer. Parce que tu sais que c'est juste rare. Et joli. Va pas croire que c'est juste un clown (ha non, merde, on avait dit pas les clowns!), Henri, et c'est précieux, il est attentif. Poli, mais pas que. Du genre il tend son bras devant toi quand tu vas traverser sans regarder, distraite, et accessoirement déceder sous les roues d'une Mercédés (ou d'une Peugeot, on fait bien comme on veut, on est des artistes contemporains). C'est rien comme geste. Mais c'est Henri.
Henri, on devrait le lyophilliser et le portionner en sachets pour les jours gris. Parce que même sous la pluie, en sandales, il m'a, nous a fait passer un moment super.
Je ne pourrais pas te raconter le fou-rire post-déjeuner parce que : ça ne te ferait pas rire du tout, et qu'on est des artistes contemporains donc on peut potentiellement s'émerveiller de rien du tout.
J'avais plein de questions avant. J'en ai une seule maintenant. Quand est ce qu'on remet ça?
Pour finir, Sand, en plus d'être drôle, a un rapport à l'écriture qui me séduit, parce qu'elle écrit tout le temps, frénétiquement. Ça se sent. Elle déborde de mots. Moi, ça m'inspire.
J'avais plein de questions avant. J'en ai une seule maintenant. Quand est ce qu'on remet ça?
Adobe Flash Player non installé ou plus vieux que 9.0.115!
L'espace d'un moment, je me suis pris pour un de ces pigeons qui peuplent les gares contemporaines, je me suis fait discret et j'ai picoré en vous écoutant. Oui, en vous écoutant , parce que c'est tellement bien écrit qu'on a l'impression de vous entendre.
C'est chouette. Vous recommencez quand vous voulez
Jolie partition, jouée à quatre mains, 2 styles qui se complètent à merveille. 2 coeurs enrobés différement mais qui battent à l'unisson. L'humanité quoi!
On va l'adopter ce lagendart, on va !!
ps: ma douce tu sais qu'on ne va pas pouvoir adopter tout tes copains alors je te dis tout de suite si sand te plais aussi quand tu l'a verra ce sera NON et pas la peine de trépigner....!!
Oui, y a ce que j'ai écrit, puis ce que j'ai pas dit... parce que j'ai un peu de pudeur, des fois... Mais bon...
C'est pas pour rien que j'étais à l'aise (et dieu sait que les gens et moi en vrai de vrai, c'est dur... Faire le pître ça je sais, mais me laisser vraiment approcher .... c'est plus hard... Sauf que Henri, c'est la version bisounours de Kaa... aie confiansss , toussa... Il envoie un truc je sais pas... magnétique, gentil, humain. )
@L'auvergnate, Zouzi: il me semble qu'on a un moment envisagé de poser style "the Kooples" mais sauce mayo moule frites... Tellement qu'on était luminescents
@Manu: on y compte bien
@MacFlee : quel poète ce tonton, merci
@Belam: oui, m'en suis pas trop mal sortie pour un jambon (tranche toussa ha ha)
@Gaorl: vite vite
@grain desel: MAIS POURQUOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII c'est PO JUSTE !!!!!
Très très sympa ce 4 mains !
C'est frais, c'est chouette, ça fait plaisir à lire et imaginer...
Comme quoi, ça vaut le coup d'aller voir de l'autre côté de l'écran
Bon j'ai plusieurs questions :
Henri, t'as pas mangé des frites ?
Sand, tu as à ce point des gros seins !!!
C'est très drôle ces différentes visions sur une même rencontre. (A lire absolument APRES le texte de Spleen sur la vivisection !! Ca redonne le sourire
qui réussit à percer mon bureau sans lumière.
Une conjugaison magnifique de mots avec des images dans les yeux, et du rire dans mes oreilles...
Petit morceau de vie qui donne envie.
Etant d'origine moldave, je trouve absolument hors de propos cette critique concernant les croûtes, comme si la Moldavie ce beau pays n'offrait que des miettes. Un jour la Moldavie dominera le monde, et ça, ça vous fait juste crever de jalousie puisque vous auriez tous préféré être moldaves dans le fond. Allez mourir, VIVE LA MOLDAVIE!!!!!! TOUS MOLDAVES!!!!!!!
Allez j'vous laisse, bande de moldaves refoulés!!!
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...