Dimanche, 30 Mai 2010 06:47
Chulie
Ma mère, c'est la number one sur la liste de mes personnes formidables.
Figure familière, tendrement protectrice, jamais intrusive, toujours intuitive. Voici bientôt 30 ans qu'elle m'enseigne toute la génialitude du monde.
Elle porte en étendart un sourire constant, magnifique, conquérant. Elle séduit, sans le faire exprès, mais pas malgré elle non plus. Elle ne triche ni avec elle même, ni avec les autres, elle regarde la vie droit dans les yeux, avec humour, avec amour, et aussi avec une simplicité qui ne cesse de m'étonner, moi qui suis, en digne fille de mon père, parfois si grave.
A deux ans de la cinquantaine (que les années passent ! que les années sont belles à ses côtés) elle sera toujours d'une jeunesse insolente. Ma mère, ce n'est pas une MILF. Même si elle est plutôt fuckable, cette belle plante blonde aux yeux d'azur qui pétillent. Mariée et divorcée deux fois, elle a croqué des fruits plus ou moins murs, plus ou moins verts. Elle fait maintenant ses vendanges de l'amour avec un compagnon, un égal, un amant, un ami, auprès duquel elle déguste avec sagesse et fantaisie le vin de la maturité.
Modèle de femme que je ne jalouse jamais, mais à qui je m'efforce, au contraire, de ne pas ressembler physiquement, pour lui conserver sa (très belle) authenticité. Et pourtant, plus les années passent, et plus notre faible écart générationnel se réduit (lorsque j'aurai 50 ans, elle en aura 68. Le beau duo de mamies pétroleuses ! ), je m'aperçois avec plaisir que nous sommes faites du même bois. L'arbre ne pousse jamais très loin de la pomme et inversement.
Sans baccalauréat (un peu ma faute, comprenez, choisir entre une enfant à naitre et des examens...), elle a reprit ses études à 40 ans pour devenir éducatrice spécialisée. Ma mère, c'est quelqu'un de courageux. Quand j'ai reprit les miennes à 29 ans, j'ai eus l'impression de suivre ses traces. Je voulais, quelque part, qu'elle soit fière de moi comme j'ai été fière d'elle lorsqu'elle a décroché son diplôme.
Maman, c'est mon ultime refuge, c'est la chair de ma chair, la seule, avec qui, justement, je peux pleurer sans retenue, d'un gros chagrin de bébé, avec des larmes, de la morve et des hoquets quand il m'arrive d'en avoir un. Et même si elle est loin, ses mots me réconforteront, parce qu'elle saura m'apaiser, démonter mes angoisses, et me montrer le chemin vers le haut du puits.
Pour le chemin de vie, je fais le mien propre, sans forcément quêter son jugement ou son approbation, mais avec une conscience aiguë des valeurs que nous partageons. Ma mère, elle m'accepte telle que je suis, avec mes excès, mes défauts, qui ne sont pas si loins des siens propres.
Fierté, d'avoir celle là, et pas une autre.
Culpabilité parfois, d'avoir celle là, et pas une autre, quand je vois tant de relations mère filles conflictuelles et malaisées.
Difficulté, parfois, de la partager avec mon frère, avec les 3 demis, avec ses "enfants du boulot".
Difficulté, souvent, de ne pas la serrer, la câliner, autant que nous en aurions besoin.
Fusionnelles nous ? Oui. Mais avec le respect de nos vies de femmes.
Bonne fête mutterleinileinileini. Je ne suis pas à tes côtés cette année mais je pense à toi tous les jours.

By Chulie
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...