Youpi.
J'aime me projeter d'une année à l'autre. Nous sommes formatés pour cela, médiatiquement et sociologiquement, comme si un monde séparait le 31 décembre à 23h59:59 et le 1er janvier à 0h00:00.
Que se passe t-il pendant cette seconde qui nous bascule?
Entrainés par la fête, l'alcool parfois, l'habitude souvent, nous évacuons l'an passé.
Oubliés les désagréments, les chutes, les cons d'avant, tout sera différent puisque tout recommence. En fait non, il ne s'agit pas de recommencement mais d'une attente, que dis-je d'une attente, d'une prière de nouveautés, de bonheurs.
2010 et la Terre sera terre d'espérances. Pourquoi ferait-on des résolutions si ce n'est pour nous améliorer?
C'est la tradition. Même si en Chine, le début de l'année n'est le même, même si, en fait, c'est simplement un repère, un objectif que tout un chacun se fixe, consciemment ou non. Nous sommes réglés sur ce rythme, toute l'année, jusqu'à l'apothéose de ce 31 à 23h59:59.
Alors cette année, pardon, l'année dernière, particularité de calendrier scolaire, la chanceuse semaine à la montagne se déroulait pour le réveillon. Je m'en faisais une joie, modification d'environnement, l'idée de volets qui s'ouvrent sur la neige et les sapins à l'aube de janvier. Tout ce blanc, tout à construire. Et du calme, apaisant, loin de la société, de la ville, des gens. Sortir au matin quand tous les bruits sont étouffés, aller écouter la rivière, observer les arbres.
Finalement, je n'ai pas changé d'année.
Allongé pour de mal, dans de beaux draps, estomac vide, fièvre qui ne veut pas descendre sous 39°, entre le 31 à 21h00 et le 1er dans la nuit suivante. Comme si ce premier jour de la nouvelle année n'avait jamais existé. Juste un brouillard nébuleux avec comme seules envies, à très court terme, que les céphalées cessent, que les tremblements passent, que la gorge ne brule plus.
Quelle ironie, les pétards tout de même entendus pendant l'insomnie fébrile, les textos qui disent bonne santé, un paysage insupportable car trop clair, des joies enfantines trop bruyantes. Et la secrétaire médicale disant que l'an commence juste, qu'il y avait encore du temps pour que cela se passe mieux. Je n'imaginais pas que le 1er puisse être symbolique ou représentatif mais c'est un réflexe. On se dit si ça commence comme ça...
Alors que la probabilité d'attraper une angine est égale quelque soit les jours d'hiver. Alors ce n'est pas un signe, c'est juste pas de bol.
Je revois des transitions passées festives, intimes, étonnantes, agréables. Et celle-ci.
Mes soucis de 2009 ne se sont pas réglés, ce que je définis d'ailleurs tout à fait arbitrairement comme souci, ils toujours dans l'expectative de passer à d'autres problèmes. Il est si facile de ne retenir que le négatif.
J'avais dit, je dis, j'avais pensé, je pense que 2010 sera une année de changement professionnel. En cours. Mais qu'est-ce que le travail?
Et d'autres inconvénients de passage d'une vie. En cours. Des conneries.
Point de bilan non plus, moi qui adorais cela.
La seconde qui change le calendrier n'a rien modifié autour.
Il le faut car c'est d'usage (et certainement sincère), je dis bonne année, je rajoute et surtout la santé.
Demain, mais nous sommes déjà le 4 janvier, bientôt février puis l'été, demain, il fera jour.

Post-scriptum:
Préoccupations identiques, indécisions chronophages et stériles, je me projette alors en 2011.
En 2011, la Terre sera propre, les gens seront moins cons et je serai au milieu. Donc, tout va bien.

by Sapiens
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