Une famille peut en cacher une autre.
Mardi, 15 Février 2011 00:00
Henri
Édith, Jeanne et Arlette ont eu des vies bien remplies, parfois même un mari et des enfants. Jusqu'alors, Édith, Jeanne et Arlette avaient des familles, des gens qui les aimaient et des maisons. Alors pas forcément de grandes maisons, juste des endroits dans lesquels on a hâte de rentrer le soir. C'était bien suffisant. Je parle à l'imparfait parce que c'était avant que leurs maris décèdent ou ne les quittent, ou qu'elles ne choisissent simplement de tout plaquer pour enfin vivre leurs rêves au moment de la retraite.
Édith, Jeanne et Arlette ont chacune plus de 55 ans. Jeanne rêvait de vivre un jour dans un château. Arlette, elle, voulait changer de vie parce que son métier de prof ne lui plaisait plus. Édith, de son côté, était un peu perdue. Son mari l'avait quittée il y a longtemps, les enfants avaient grandis et l'appartement de 23 mètres carrés commençait à se faire étroit.
Un matin, Jeanne tomba sur une annonce sur Internet. Un propriétaire proposait de louer son château pour une somme modique à quelqu'un qui serait disposé à l'entretenir, pour éviter qu'il tombe en ruine. Loyer mensuel : un peu moins de 2000 euros. Jeanne eut un coup de cœur. Elle n'avait clairement pas les moyens de payer cette somme seule, mais elle avait envie de vivre son rêve. À 73 ans, on n'a plus le temps que pour ça. Alors après réflexion, elle passa une annonce sur Internet avec une photo du château. « Cherche colocataires pour habiter ce magnifique château à la campagne. » Quelques jours plus tard, elle reçut un e-mail d'Arlette qui semblait être complètement emballée par le projet. Elles décidèrent donc de prospecter ensemble de nouveaux candidats pour ce foyer peu ordinaire, parce qu'il fallait être quatre pour que le dossier soit accepté auprès de l'agence.
Elles continuèrent d'écumer les forums internet, les sites d'annonces immobilières et emmagasinèrent suffisamment de contacts pour organiser une petite réunion, histoire de savoir quels étaient les candidats les plus motivés. Plus le temps passait, plus elles se faisaient à l'idée d'une coloc' de senior, comme un club, un endroit qui en plus de leur permettre de vivre dans un plus grand espace pour moins cher, serait l'occasion de reconstruire un vrai foyer. Il ne fallait pas se mentir. Finir leurs jours seules dans leur coin, c'était hors de question.
Elles rencontrèrent alors Edith, qui ne cacha pas son enthousiasme. Elle qui vivait dans un tout petit appartement en très mauvais état, rêvait aujourd'hui d'un jardin, de jeux de société, de tablées bruyantes et de nouvelles amitiés. Changer de vie, c'est l'objectif qui liait désormais ces trois femmes. C'est quand elles rencontrèrent Francis, un plombier divorcé un peu bourru, qu'elles complétèrent le dossier que le propriétaire du château ne tarda pas à accepter.
Alors comme dans toutes les colocations, il fallut apprendre à se connaître, se faire aux habitudes et à l'humour de chacun, ce qui n'est pas nécessairement facile pour des gens qui ont eu des modes de vie particuliers pendant longtemps. Il fallut faire des compromis, dialoguer, communiquer, pour que tout cela fonctionne.
Aujourd'hui, je crois que ces quatre personnes ont été rejointes par deux autres seniors et qu'ils vivent tous ensemble quelque part en Aveyron.
J'ai tiré cette histoire vraie d'un reportage que j'ai vu à la télévision il y a peu. J'ai décidé de vous en parler parce qu'en réfléchissant à la thématique de cette semaine, je me suis demandé ce que c'était que la famille. Parle-t'on des liens du sang ? Du fait de vivre sous le même toit ? Ou juste du fait de faire le choix de vivre ensemble ? Ces quatre plus ou moins retraités m'ont touché, ému à leur façon parce qu'ils ont démontré que la vie ne s'arrête pas le jour de la retraite. Parce qu'on peut encore faire des projets, avoir des envies, des idéaux et des objectifs passé 60 ans - et se donner les moyens de les atteindre.
Mais surtout parce que ces quatre personnes, dont les « vraies » familles avaient plus ou moins disparues, se sont rassemblées pour faire un joli pied-de-nez à ce maudit principe social, qui veut que vieillesse et solitude soient deux sœurs jumelles inséparables.
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...