La question m'est apparue un matin entre le café et la douche (seul moment de la journée pendant lequel je possède tout ma lucidité) : « Qui suis-je, vraiment ? ».
J'ai allumé la télé machinalement, et j'ai entendu « Il ne suffit pas de ressembler à CETELEM pour être CETELEM ».
Ca faisait beaucoup. Je mettais enfin des mots sur ce léger malaise des derniers jours et c'est un bonhomme en pelouse qui me donnait le début de la réponse.
Alors, bot IRL et sincère virtuelle ou l'inverse ? Ou les deux ?
Est-ce que celle qui s'exprime sur un site de micro-blogging (parlez-vous le journaleux ?) ou sur un blog anonyme dont elle partage le lien parfois est en fait :
a) moi
b) ce que j'aimerais être
c) la partie immergée de l'iceberg
d) un personnage de fiction
e) toutes ces réponses
Et là, de m'apercevoir que pour moi, la réponse est E, IRL et In Virtuel.
Je « grandis » dans des mondes parallèles, enfin non, dans des mondes représentés par des courbes qui se suivent, s'éloignent et se croisent. Mes vies sinusoïdales.
Je saute de l'une à l'autre, grappille ici, sème là.
A l'heure où mes vies IRL volent en éclat, je les reconstruis virtuellement pour mieux les réparer.
- Je blogue un travail qu'on ne me demande pas et pour lequel je ne suis pas rémunérée.
- Je nourris mes enfants de savoirs et de culture découverts grâce à des liens hypertexte
- Je sauve mon couple IRL en testant mon sex appeal virtuel
- Je parle à mes amis IRL de mes followers
- Je partage avec mes contacts digitaux mon expérience IRL
- J'alimente mon blog de ce que je pense être la vraie vie, de l'humain
Est-ce sain ? Je ne crois pas.
D'où vient ce besoin de plus, toujours plus. Société de consommation des sentiments, culture irraisonnée de l'égo. Que nous manque-t-il ? Oui nous, avouez ! Vous vous êtes reconnus.
Est-ce la vie que je bâtis sur Internet qui crée ce manque, ou est-ce vivre derrière mon écran qui me permet de combler un vide ?
Je vivais (mieux ? ) avant, je parlais plus, je réfléchissais plus. Je ne m'écoute plus. Je ne suis plus jamais seule. Vous êtes là avec votre brouhaha de hashtags, de câlins, de blagues, de textes émouvants ou drôles.
Nous interagissons, vous répondez à mes questions en me volant mon temps de réflexion, d'introspection. Je viole vos vies en vous questionnant sur un tweet négligemment balancé pour attirer mon oeil avide de sensations de déjà vu.
Je suis devenue paparazzi de nos états d'âmes, je veux me reconnaître en vous et je veux susciter chez vous l'empathie.
La communauté nous perd, mes enfants.
Est-ce irréversible et incontournable ? Oui, je pense.
Comment me passer de vos oreilles et de vos bouches disponibles 24h/24 7j/7 ?
J'ai mis le pied dedans, trop tard. Combien d'entre nous ont déjà tué leur pseudo... pour mieux renaitre quelques jours (quelques mois tout au mieux) plus tard ? Combien encore ont supprimé un blog, un site, retentant quelques temps plus tard l'expérience, même différemment ?
Mais quel plaisir, quelle joie de faire toujours de nouvelles connaissances, de nouvelles découvertes. Comment se priver de cette ouverture, de ces voyages et de cet accès au monde qui nous entoure ? J'enfonce des portes ouvertes, je sais.
Nous sommes prisonniers, volontaires, certes, mais prisonniers. (Entends-tu les trompettes du générique de la série télévisée éponyme des années 60 ?)
Trentenaire 2.0, j'apprends à vivre ma réalité virtuelle. J'appréhende ce nouvel espace de jeu, de vie, comme je peux. Il n'y a pas encore de guide pédagogique ! J'apprends à faire du vélo sans les petites roues et parfois je tombe. J'apprends à nager sans la bouée et parfois je bois la tasse.
J'y arrive de mieux en mieux. Je mélange, je teste, j'expérimente, je dose, je rééquilibre.
Je suis, tu es, nous sommes ma réalité augmentée, ma réalité enrichie.
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...