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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Coming Out: Le fric c'est chic...

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J'ai toujours eu un rapport bizarre à l'argent.
Peut être parce que j'en ai toujours manqué, pour des raisons différentes mais il y a toujours eu un manque.

Enfant, mon père dépensait tout ce que ma mère gagnait donc il fallait toujours se serrer la ceinture.
Adolescente, il dépensait la pension alimentaire que ma mère lui versait pour moi.
Par la suite, quand j'ai dû m'assumer, j'ai enchainé les petits boulots avec des salaires minables.

Je n'avais donc pas les moyens de frimer!
Et pourtant qu'est ce que j'aurai aimé pouvoir m'acheter tous les trucs que les autres avaient ou du moins un peu quoi!
Je dépensais le moindre centime gagné et même un peu l'argent de la banque.
Jusqu'au jour où j'ai dépensé toujours plus l'argent de la banque.

J'avais 22 ans et je ne me rendais pas compte de ce qui m'attendais à dépenser autant.
Puis le temps des chèques en bois et des courriers incessants de la banque.
Se démerder pour payer ces chèques et arrêter d'être à découvert.
J'ai navigué entre petits boulots et retour au statut d'étudiante.
Autant dire que chaque reprise de boulot se soldait par un retour de découvert.

Dépenser pour compenser le manque de construction de ma vie.
Consommer pour me sentir vivante, posséder des choses, pour mieux oublier tout le reste.
Sauf les courriers du banquier!

Et puis avec deux crédits reconstituables et un crédit à la consommation sur le dos tout en touchant les assedic et avec une capacité de remboursement quasi nulle, là j'ai dit stop.
Obligée de retourner vivre chez ma mère pour pouvoir vivre à 26 ans, ça m'a fait mal et me rendre vraiment compte qu'il était temps d'arrêter, vraiment.

Alors maintenant je rembourse mes conneries, j'ai appris c'est indéniable, mais je garde ce sentiment de manque.
Je crois qu'en fait devoir toujours faire attention à ce que je dépense me fatigue.
Je suis obligée de me surveiller comme le lait sur le feu, surveiller que je me surveille bien!
Je ne sais pas si un jour j'arrêterai d'être comme ça, si cette foutue société de consommation aura raison de moi, mais je me soigne et je pense que c'est déjà pas si mal!

Alors faute avouée...

 

By Alecto

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Commentaires
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Alecto 31-03-2009 10:57:00

En fait le gros paradoxe c'est que je ne suis pas attachée au matériel...quand je perds quelque chose ou que je casse je m'en tape, sauf si c'est un cadeau auquel je tiens.

C'est comme si dans le fait d'acheter je manquai un peu moins, c'est super con et j'aimerai m'en défaire!
Millie 31-03-2009 12:35:17

à moitié pardonnée... On a tous nos compulsions, nos besoins et nos histoires personnelles qui conditionne notre présent. Avoir conscience d'un trouble permet de le soulager (dans ton cas c'est se controler) ou au moins de l'atténuer. courage ma belle.
sand 31-03-2009 14:57:43

combler les manques, jusqu'à l'excès... un truc qui me parle plutôt. Enfin, l'essentiel, c'est que tu en aies pris conscience, non?
vraiment pardonnée
Belam 31-03-2009 16:46:06

je trouve que nous sommes dans un systeme tres pervers...Ou nous sommes tres sollicités "possibilité de paiement en trois fois, dix fois", crédit à la conso qui trouve le moyen de t'envoyer des courriers en te disant que t'as encore 2000 de disponible en plus du reste si tu veux, les soldes, toujours moins cher, toujours plus facile, toujours plus d'argent, toujours depenser, depenser pour exister, toujours etre à découvert, toujours acheter, payer,emprunter, rembourser...

Ca me donne le tournis...
Alecto 31-03-2009 17:12:00

En prendre conscience c'est bien ça évite de trop déconner, mais vraiment arrêter de déconner ça serait mieux!

Oui c'est vraiment déstabilisant comme système...quand j'ai pris cette p*tain de carte de crédit revolving, j'avais pas bien compris où je mettais les pieds alors que je n'étais qu'étudiante.

Pourquoi l'humanité est-elle si perverse? Et pourquoi sommes nous si manipulables et faibles?
voir..
Belam 31-03-2009 17:14:47

billet de Celeste...
Rolanda Bibine 01-04-2009 12:14:08

Oui c'est un système bien pervers... certains profitent de la situation déplorable des petits revenus, qui eux même ne veulent pas se sentir exclus totalement, veulent posséder pour être dans la norme. Qui pourrait le leur reprocher ?

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