S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

Je n'aime pas les histoires qui se finissent. Je n'aime pas ça, depuis petite. Que j'en lise, que je les écrive, que j'y joue, je crois toujours à l'impossible prolongation, comme si on pouvait effacer la fin. Peut être comme une première neige alors la fin n'en serait pas une. Juste un fondu-enchaîné, autre chose que du définitif arrêt.
Je cours sans arrêt, à créer des débuts. Des embryons jamais mis à jour, seulement pour ne pas leur faire vivre la rupture, la fin. J'affame ma fin. Je laisse en pâture des dizaines de projets, de roman, des pièces de théâtre, des chansons, polars... Un monstrueux bestiaire de mots tronqués, de phrases parasitées, de chapitres amputés.
Je cours sans souffle fuyant quelque chose que je sais pourtant inévitable. Fin. Mort, sûrement. La peur de l'après. Qu'est ce qu'il y aura derrière mes mots? Est ce que ce sera mieux, ou pire... Est ce que quelque chose va résister, continuer, ou au contraire vais je retrouver des phrases inconnues, comme les plages où l'on pose les pieds la première fois, les lointaines, dont on a entendu parler, et dont on découvre l'immensité avec angoisse. Sables mouvants. Sables émouvants. Les nouvelles histoires qui naissent. Bébés que l'on va garder au creux de soi, maternante, exclusive. Bébés que l'on fait grandir, évoluer.
L'accouchement est un déchirement, mais le bébé est toujours là. Plus si proche, plus si intime, mais le lien est toujours présent. Omniprésent. On le nourrit ce bébé, les mots l'apaisent la nuit, les phrases deviennent comptine, le clavier devient son sein.
Puis un jour fin. Plus besoin du clavier. Sein devenu obsolète.
C'est terminé.
Certains ont l'angoisse de la page blanche. Pas moi. Je n'en connais que l'ivresse. La tête qui tourne, tout est encore potentiel, rien n'est arrêté, en avant pour la sur-brillance, les phrases qui en jettent, les mots qui claquent. Virevolter entre les idées, les émotions en embuscade, créer.
Petite, ma plus grande angoisse était de ne rien ressentir. De ne pas savoir avoir mal, avoir envie, aimer, être heureuse, malheureuse. Je me sentais souvent comme prisonnière de mes émotions.Comme si elles étaient glacées autour de moi, et que ça m'empêchait de rien ressentir. Paralysée gelée, une sorte d'état d'indifférence. Je sais combien c'est faux. Juste que tout arrivait trop vite, trop fort. Je coupais le disjoncteur à ressentis.
Comme une sécurité.
Je suis encore petite, mais je grandis. J'ai appris à apprivoiser les jolies choses. A laisser ma sensibilité en terrain peut être pas accueillant mais le plus neutre possible.
N'en reste pas moins que je ne sais toujours pas appréhender les fin.
D'ailleurs, je n'ai aucune idée de comment terminer ce billet. Je vous propose de l'écrire vous même la fin.
Vous me rendrez service.
Everything was beautiful and free in the beginning

By Sand
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Character problem. empty comment
Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...