
Au quotidien, je vilipende les stéréotypes traditionnels de genre, je jette l’anathème sur les victimes de la mode soumises aux normes sociales… et je dévore les magazines féminins.
Au quotidien, je vilipende les stéréotypes traditionnels de genre, je jette l’anathème sur les victimes de la mode soumises aux normes sociales… et je dévore les magazines féminins.
Non sans culpabilité : je n’achète jamais ELLE ni BIBA sans brandir d’abord un mag dit « sérieux », qui témoignera de ma richesse intellectuelle. Je fais celle qui va se jeter sur La Recherche et qui réservera le Glamour seulement pour après, si elle a le temps (évidemment, c’est faux). C’est un fait, je ne lis pas que « ça » ; mais il faut que je le montre : bonjour la dépendance aux regards des autres. En plus, je prends un air supérieur car je m’imagine être la seule femme à lire des féminins ET autre chose. Détestable, et on ne peut plus misogyne finalement.
Si je « le » feuillette dans le métro, je prends soin de prendre un air vaguement dégoûté pour bien signifier que je ne suis pas dupe. Je n’oublie bien évidemment pas de soupirer bruyemment lorsque j’arrive à un article odieusement réducteur comme, au hasard, « Les 10 mouvements de bassin qui le feront grimper au mur ». Et lorsque j’en suis aux pages mode, je pince les lèvres pour signifier combien je trouve tout moche et indigne de moi, tout en notant mentalement ce que je vais bien pouvoir m’acheter,
Imposture : moi, si prompte à traiter mes congénères de dindes pour peu qu’elles demandent à un homme de déboucher une bouteille…moi, si sévère avec celles qui prennent « salade-verte sans sauce » au resto savoyard…je lis les mêmes magazines qu’elles. Et en plus, j’assume pas. Si c’est pas une casserole ça… Voilà pourquoi je ne me lancerai jamais dans la politique : que le Canard Enchaîné me gaule un Cosmo à la main et je suis foutue.
La ligne éditoriale d’un féminin et mes propres valeurs s’opposent sur de nombreux points. Pourtant, il faut que j’achète le dernier numéro tous les mois.
Car tout simplement, je fonce tête baissée dans le piège que l’on me tend avec ces titres aguicheurs. Car même les féministes sont des êtres humains et je suis sûre que même la grande Simone a déjà passé du temps dans sa penderie pour un rendez-vous avec Jean-Paul. On veut tous être plus beaux et plus brillants.
Jugez plutôt : « Un look à moins de 50 euros », « Beauté : soyez éblouissante ». A chaque fois je me dis : et si cette fois, c’était vrai ? Je le sais pourtant, que les tenues seront ridicules pour toute femme de plus de 14 ans, que le conseil beauté du mois ne sera qu’une page de pub pour les dernières crèmes de jour…et que ça va m’énerver. Garanti.
Mais dans ce numéro il y aura peut-être aussi un look sympa qui m’irait bien, une bonne adresse pour une week-end à l’étranger, ou un article rigolo. Seulement ?…mais ce n’est déjà pas mal. C’est bien joli de se battre et de rager tous les jours mais il y a des moments où on a envie de ne rien revendiquer.
Je ne me peux pas me passer du futile.
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...