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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Fragile

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degeneve-icare


Fragile. Bien plus qu'on ne pourrait croire. La vie en équilibre instable, à sans cesse chercher un point d'accroche, où fixer le regard. Jongleuse permanente. A chercher on ne sait quoi, inlassablement. Et à en être irrémédiablement déçue. Fatalité. Ces bras qui se dérobent, ces instants qui s'enfuient, ces ébauches à jamais fixées en l'état.

Indécise. Impossible d'avancer un pied devant l'autre, sans avoir la tentation de reculer. Le stop avant de sauter par dessus la flaque d'eau, cheval rétif. Tenter le moi sublime. Oser se transfigurer, mais pas tout à fait. Pas encore. Rester encore un peu la gamine malhabile. N'osant pas assumer jusqu'au bout la perte de la chrysalide.

Rêveuse. A l'excès. De flamboyance, d'ors et de mots durs et doux. De perdre un peu la notion de réalité trop tangible. De construire un dédale impossible à emprunter pour tout autre que moi. Au moins essayer. De quelconque devenir mystérieuse, splendide, étrange.

Égoïste. Tout ramener à soi, toujours. Les succès, comme les échecs. Pour ne pas avoir l'autre en vis-à-vis. Pour ne pas devoir. Aucune dette dans mon escarcelle. Mes précipices sont les miens, je m'y jette bien toute seule. Je n'ai besoin de personne pour me mener à moi.

Menteuse. User d'artifices, de subterfuges. Surtout pour me tromper moi. Tenter d'imposer aux autres ce que je ne suis pas, de les convaincre dans un jeu de rôle dément que je suis. Pour ne pas m'écrouler. Pour ne pas vivre à genoux.

Excessive. Parler plus fort, rire, chanter, tout en plus grand. Aimer démesurément, proche de la folie douce. Tomber dans l'obsession. Connaître l'ivresse du manque, le corps perdu, tremblant de tous ses membres de l'absence, souffrant jusqu'à la moelle, percé de part en part.

Généreuse. Tout dans le partage, dans ces mains qui offrent, consolent, réparent. Dans ce sourire qui s'épanouit. Ne pas compter. Pas même sur soi. Prolixe de tout. Soûlante.

Brutale. Langue acérée, mots tranchants, couperets parfois qui tombent on ne sait d'où. Violence que ce manque de précautions, ce manque de pommade. Ne rien enrober. Ne pas faire de concessions, jamais. A rien, ni au temps, ni aux autres, et surtout pas à soi.

Peureuse. A en crever. Des ombres, encore plus que des monstres. De ce qui pourrait être, encore plus que de ce qui est.

Instable. En lutte permanente contre les penchants naturels, ceux qui voudraient bien. Renier l'instinct. Oublier qu'il y en a même eu un, un jour. Fermer grands les yeux, poser ses mains à plat sur les oreilles, se fermer aux petites voix intérieures qui chuchotent. Imposture, manque de consistance, failles. Oublier et se les prendre dans la figure. Au pire moment.

Joueuse. Toujours. Avec tout. Tenter le pari, en permanence. Miser toujours plus, faire tapis. Se sentir au bord de tout perdre, les orteils dans le vide au dessus de la falaise. Prête à basculer.

Insatiable. Quitte à se brûler encore, quitte à faire fondre ses ailes au soleil.

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By Sand

Commentaires
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Spasmo 31-03-2009 00:48:36

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part

Pourquoi ton texte m'a-t-il fait pensé à la "quête"... du coup je l'ai relue...

Merci Sand
Matin...
La Sauterelle 31-03-2009 11:31:08

Ce matin, j'ai re-entendu a la radio une chanson qui s'appelle "juste quelqu'un de bien" chantee par Enzo Enzo je crois.
Voix suave, petits arrangements jazzy, notes legeres. Ca ronronne, on fredonne.
"Dire bonjour a la boulangere,
Je tiens la porte a la vieille dame,
Des fleurs pour la fete des meres
Et ce week end a Asterdam...
Juste quelqu'un de bien, etc..."
Mouais mouais mouais...
Ce qui est marrant, c'est que tout de suite apres est passee une pub pour L'Oreal, syndrome "Parce Que Je Le Vaux Bien"
Et donc, la maintenant je lis ton texte.
Et suis diablement plus touchee par tes tourments de funambule qui avance vaille que vaille, ta rage de vivre... que par les tartinages un peu fastoches d' Enzo Enzo.
Y a de sacres chevaux dans tes ecrits! Et ca fait du bien.
Millie 31-03-2009 12:38:32

magnifique (as usual)
sand 31-03-2009 14:32:13

@Spasmo: joli, très joli compliment... j'adore Brel, ... que dire de plus...

@ Strychnine: je te répondrai ce soir alors

@la sauterelle: hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii (imitation pathétique d'un cheval... oui je sais )

c'est un concours de compliments ou quoi? * sand rougit de plus belle*
@millie: *pivoine*
tes problematiques
Belam 31-03-2009 16:05:17

résonnent en moi
Alecto 31-03-2009 17:17:22

Comme d'habitude... y'a de l'échooo...échoo...écho...
sand 31-03-2009 19:19:55

@ Bellâm: hum... hum...
@ Alecto: "là haut sur la monta-aaaaaaagneuh,...."

ET SINON,

Message important au monde entier:

L'illu est bien entendu Icare. Logique, clean, tout ça. Il ne s'agit pas d'un sexe de femme.
Ca c'est fait.
Merci. Rideau.


Chagas 31-03-2009 22:17:10

Même que le crédit illus' est ici http://domainedelalice.be/files/images/images-artistes/degeneve-icare.jpg

Ceci étant dit, très belle illus' Sand. Très bien trouvée
Rhaaa
sand 31-03-2009 22:20:56

J'y crois pas...
Tu veux des remerciements officiels????


MERCI CHAGAS, tu es un dieu vivant!
ça te va ou j'en fais trop???
Chagas 31-03-2009 22:32:20

C'est un peu trop.
Je préfère ma version, toute en subtilité.
sand 31-03-2009 23:43:23

C'est vrai que tu es connu pour ça

Pardon, on va encore dire que je suis méchante... => =>
Chagas 31-03-2009 23:46:51

MECHANTE !!!!!!
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