Je vis au milieu d'un paradoxe
Jeudi, 07 Avril 2011 05:27
Littlemary
Je me suis toujours rêvée au milieu d'un immense groupe d'amis, allant de soirée en barbecue, de brunch en séance de ciné, de concert en voyage. J'ai toujours eu envie de faire partie d'un ensemble. J'ai toujours regardé avec envie ces tables entourées de gens riant, buvant, partageant des moments de vie. Dans un coin de ma tête, je voudrais être l'une d'entre eux, élément indispensable d'une fratrie composée aux tournants de l'existence. Je voudrais, moi aussi, être capable de profiter de ces instants, sauter à pieds joints dans l'immédiateté.
Je vis au milieu d'un paradoxe. Parce que ces rêves me sont inaccessibles. Parce que la coquille qui m'entoure est inaltérable. Parce que, à force d'imaginer, je construis des scenarii auxquels la vie ne ressemble jamais. Parce que je crains la déception. Parce que j'ai peur des autres. Parce que j'ai peur de moi.
Je vis au milieu d'un paradoxe. Pour atteindre mon but, je me fais violence. Je vais, je côtoie, je parle, j'échange. Mais je ne sors jamais vraiment de cette solitude. Je ne suis jamais vraiment là. Mes pensées me hantent alors même que je partage un apéro sympa en terrasse avec des potes. Jamais je ne suis tranquille. Jamais je n'ai de répit. Jamais je ne peux écouter sereinement le bruit des voitures de l'avenue Simon Bolivar (ou les oiseaux des Buttes Chaumont) sans entendre aussi, en fond sonore, mon petit cerveau torturé qui me répète que je ne suis pas bien, je suis mal à l'aise, je veux rentrer chez moi.
Je vis au milieu d'un paradoxe. Une fois rentrée chez moi, je passe des heures à attendre des signes, n'importe quels signes. Des invitations, des appels, des sms, des propositions, des messages. J'attends qu'on me donne l'impression de compter, même un peu. Je regarde mon téléphone et je maudis les jours qui défilent, ces jours vides, qui confirment cette solitude qui me poursuit. Je maudis l'absence de ce que je me sais incapable de supporter. Je maudis les dîners auxquels on ne m'invite pas, et auxquels je n'irais pas si je l'étais. Je maudis les fêtes qui se font sans moi et que j'éviterais si on m'y attendait. Et quand je pleure, seule, chez moi, sur cet isolement qui me pèse, je pleure aussi sur moi qui l'ai érigé en cocon.
Je vis au milieu d'un paradoxe. J'aimerais avoir la force de partager. J'aimerais sortir de cette bulle qui m'empêche autant qu'elle me protège. Demain, je partirai là-bas. Seule sans doute. En regrettant de ne pas avoir osé m'y faire accompagner.

by littlemary
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...