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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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La balafre

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balafre

La course au drame, la recherche de la douleur, l'addiction à l'adrénaline, le feu sous la peau... Ecorché vif, mon adolescence allait se terminer brutalement. Dans le fracas d'une bouteille en verre sur le crâne, dans un visage ensanglanté, et dans les cris des gens autour.

J'avais trop souvent tenté le diable pour ignorer qu'un jour il se vengerait.

Une nuit d'Août. Un village dans le sud de la France. Un bal sur la grande place.

Un peu plus loin, dans le renfoncement d'une ruelle sombre, elle est dans mes bras, timide, belle, et angoissée. On se tourne autour depuis quelques semaines, et en adolescent téméraire, j'ai décidé de faire le premier pas. J'apprendrai plus tard que je lui offre son premier baiser.
Nous revenons, main dans la main, vers la foule dansante et ivre. On ne se dit rien. Seulement un sourire niais sur nos visages.

Sur une scène montée pour l'occasion, un groupe joue, mal, des standards de la variété française. Sous les rayons lumineux multicolores, des masses sombres de gens qui dansent.

Au loin, un mouvement brusque. Des gens s'écartent précipitamment, des cris de femmes apeurées, j'aperçois des silhouettes de bras donnant des coups, leurs bras colorés de rose par les gélatines de la scène en face. Au milieu, je reconnais un de mes amis en train de se battre, je me presse de lui venir en aide, afin de les séparer.

Je finis par y arriver. Je me rapproche de mon pote pour lui dire de partir : je vois dans ses yeux la peur et la haine. Je me retourne pour faire face à ces ennemis d'un soir. Je tente un appel au calme. Une dizaine de mecs, se sont rassemblés et me font front. Un homme massif en débardeur se positionne au milieu. Sur ses bras tatoués, je reconnais une croix gammée.

"Les gars, on reste calme ! On s'en va, voila, c'est fini ! c'est ...." Pas le temps de finir ma phrase, je prends un coup de poing sans savoir lequel d'entre eux m'a frappé.

Ma tête part violemment sur la droite. Je me redresse aussitôt. Je reste muet, la rage monte, mes mâchoires se serrent, mes mains se sont crispées, la violence nait.

"QUI M'A FRAPPE, HEIN ? AVANCE, BÂTARD !"
Un homme s'avance.
Je lui fonce dessus, le roue de coups. Il se retrouve au sol, le visage déjà tuméfié.
Je suis encore penché sur lui, lentement je me relève, essoufflé.

Devant moi, d'autres regards sombres et haineux. Plus rien n'existe, le vide sensoriel, plus aucun bruit. Le point de non retour, l'inévitable ascension de la rage. Je savais que j'allais me faire lyncher mais je ne pouvais plus arrêter le destin.

Je prends un coup, puis un autre, j'essaye de me défendre mais je tape dans une masse noire informe. Juste des bras et des jambes. Je reste debout même si je recule un peu sous la pression des nombreux coups.

Soudain, dans tout ce noir, un éclat de lumière surgit. Dans la nuit, les lampadaires donnent une teinte orangée aux bâtiments et la scène de concert diffuse des lueurs acidulées mais cet éclat là, est blanc, brillant, et il me cogne violemment dans les yeux.
Je m'effondre pourtant les coups continuent à tomber. Le sang chaud coule sur mon visage, sur le bitume, abondamment.

C'est là que tout s'arrête.
C'est si facile que ça la mort ? Ça ne fait pas mal.

Le silence toujours. Mon corps à l'abandon. Je ne me suis jamais senti aussi seul avec moi-même. Je prends conscience du mot "âme".

Des femmes forment un barrage pour me sauver. Entre les jambes de l'une d'entre elles, je vois des mecs de mon quartier qui, en croisant mon regard, tournent la tête. Ce seront les mêmes qui, à ma sortie de l'hôpital, viendront me dire que c'est ce qu'on risque à jouer à l'homme.

Un pote à moi me tire par les bras. Ça frotte mon corps à mon sang par terre.

J'ai du mal à marcher, vision trouble, je me sens faible et je parle difficilement. J'ai perdu trop de sang et mes lèvres qui ont goûté mon sang, n'arrivent plus à bouger.

Je me laisse conduire sans savoir vraiment où.

Finalement je vais vivre. Mais plus rien ne sera comme avant.

 

00-signature-2011
Cylk34

 

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agrippine de la mancha 20-06-2011 21:44:56

douloureux ces grains de sable qui grippent la machine et font tout basculer... chouette texte.
toute ma vie je m'en souviendrais
vichery 20-06-2011 23:18:24

mon cyril se jours et rester graver dans ma mémoire les larme coule sur mes joue car je n'oublirais jamais quand tes parent sont arrivé a l'hopital et que nous attendions se verdicte
je croie que toute ma vie je m'en voudrais d'etre aller a cette fete et que jamel se soit emballer
oui tu aurais put perdre ta vie a cause de nous et se gros nazi avec sa croix gamé cyril je ne te parle pas souvent mes toutes ses soiree passer avec toi auront etait des momment magnifique chez mes parents
cette article et magnifique et raconte helas une bien triste histoire
Cylk 20-06-2011 23:24:11

Hello Karine,

Merci pour ton message. Ça été un moment douloureux, mais c'est du passé, on a vécu beaucoup d'autres choses bien plus positive depuis.
Ça été dur d'écrire ce texte, plus pour me replonger dans l'action que la cicatrice qui en a résulté et avec laquelle je vis depuis plus de dix ans. Mais c'est pour la vie. Je n'oublierai evidemment jamais
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