14 février 2006. Comme un signe. C'est le jour où il a débarqué très discrètement dans l'école où je travaille. Nous avons mis plusieurs mois avant de devenir amis. Le piège de l'amitié. Cette fausse attitude dans laquelle on se réfugie pour masquer des sentiments qu'il n'est pas convenable de ressentir lorsque l'on est déjà engagé.
Et moi aussi, j'ai essayé de me rassurer en me disant que c'était une belle amitié. Au fond, il n'y avait aucune raison de m'inquiéter puisque nous étions en couple tous les deux. Au détour d'une étreinte qui m'a semblé durer un peu plus longtemps que ne l'aurait voulu une accolade entre copains, il a fallu que je révise mon jugement. Nous étions bel et bien en train de flirter. Nos déjeuners duraient des heures, nos pauses s'éternisaient et les aller-retour à la photocopieuse, juste pour se croiser, se dire deux mots, se sourire dans les couloirs, ont entamé sérieusement mon crédit de copies autorisées.
La proximité d'un lieu de travail fait que l'on peut difficilement échapper à la tentation. Les échanges sont quotidiens, les occasions de se croiser trop nombreuses pour ne pas s'engouffrer dans une liaison surtout s'il y a déjà une brèche, si petite soit-elle. Mais vous le savez peut-être.
Et puis, j'ai cédé. Cédé à cet homme qui croyait profondément et sincèrement en l'amour et qui m'ouvrait les perspectives d'une vraie vie à deux. Cela a donné lieu à des moments exaltants, d'une folie romantique difficilement explicable. Nous étions heureux lorsque nous nous retrouvions chaque matin. Nous nous aimions...
Mais notre cocon se trouvant sur notre lieu de travail, il était difficile de cacher notre complicité, malgré nos efforts. Le coup du bon copain est un pare feu éphémère. Si bien que nos collègues les plus sympathiques (on en connait tous!), défenseurs d'une morale bien pensante se sont empressés de colporter toutes sortes de rumeurs, certaines fondées, bien évidemment : à nos élèves, notre direction et, par un mail anonyme toujours bien intentionné, à sa conjointe. Pas de sexe au travail on a dit, mais de la connerie oui, on peut.
Avec les jours, les moments de bonheur alternaient avec des moments terriblement tristes, gorgés de culpabilité. On ne peut pas vivre ainsi, entre deux mondes, entre deux vies. Ceux qui vivent bien une relation adultère ne sont pas amoureux... Nous, nous l'étions et, à un moment, nous avons su que nous devions prendre une décision...
Des milliers de baisers cachés, des dizaines d'heures de discussion (les messageries instantanées ont été inventées pour les couples adultères), des centaines de messages enflammés plus tard, convaincus que notre histoire valait largement la peine d'être vécue et assumée, nous avons rendu public notre amour. Nos collègues ont feint de le découvrir. Nous enseignons toujours côte à côte et nous prenons toujours de longues pauses pour déjeuner.
J'aime partager cette passion de mon métier avec lui et j'aime lui en parler. Il peut comprendre mes emportements et mes exaltations. Il porte aussi parfois, et c'est ce que je préfère je crois, mon cartable surchargé de copies.
Ce qui me fait peur aujourd'hui n'est pas la routine qui s'installe car au fond, nous n'avons rêvé que de ça, d'un quotidien partagé à deux... Non, ce qui me ronge c'est de savoir que dans quelques semaines maintenant il va partir enseigner loin de moi et, bizarrement, je redoute cet éloignement car j'ai appris à vivre avec lui tout le temps et cette petite séparation du travail ressemble à une petite déchirure...
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...