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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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L'aigle noir

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Samedi, je regardais "n'oubliez pas les paroles", la merde pseudo-musicale de Nagui. Jusque là, on s'en fout. Ils ont chanté l'Aigle noir. Puisque ça parle d'inceste, le bien-pensant présentateur a cru bon d'appeler un éventuel enfant victime d'inceste à parler, à sortir du silence. Ce qui n'est pas, non-non, hypocrite du tout à genre 22 heures.

Ce qui est quand même un peu facile à dire. Je crois sincèrement que quelqu'un qui ne l'a pas vécu ne pourra jamais comprendre ce que c'est. L'avantage, quand tu l'as vécu, c'est que tu apprends que toi-même, tu ne peux pas comprendre les vrais malheurs des autres. Tu peux imaginer, mais comme tu vois l'incompréhension de ceux qui en parlent, tu conçois ta propre impuissance à comprendre les autres. Déjà, toi-même, tu as du mal à te comprendre. Tu as du mal à comprendre pourquoi tu n'as jamais pu, ni même envisagé, de porter plainte. Tu comprends pas pourquoi tu l'aimes encore, celui qui t'a fait ça.

Moi, c'était mon père. Entre mes trois ans et mes six ans, comme ma mère l'avait quitté et qu'il n'avait personne d'autre à taper et baiser, il a dû penser que j'étais un trou et punching ball acceptable. Depuis, je mens à chaque fois que la question de mon dépucelage vient. Mais je souris à chaque fois en imaginant le malaise des gens si je répondais :

"Moi ? J'ai sucé ma première bite à trois ans."

Je souris à chaque fois qu'un politicard de merde s'insurge contre le tourisme sexuel en Thaïlande. Ca existe aussi en France, hein. Je souris quand j'entends les discours qui parlent des victimes de viol au féminin. Je m'amuse souvent à choquer, mais jamais avec ça. Ca, je ne peux pas.

En fait, je mens, là. A moi-même comme je mens aux autres. Forcément, c'est classique, j'avais le choix entre devenir abstinent et baiser à tout-va. J'ai pris la seconde option. Celle-là, je peux choquer ouvertement avec. Parce que les gens pensent juste alors que je suis un pédé crade. Je ne suis pas un pédé crade. Le plus honnêtement du monde, je suis même homophobe. C'est injuste, je sais. Quand je réflechis, je sais bien que je fais un amalgame à la con, et je vomis Vanneste qui en fait un argument politique. Mais au fond de moi, soyons honnêtes, je hais tous les mecs qui sont passés par mon cul. Ou qui auraient pu. Ou dont j'aurais voulu qu'ils le fassent. C'est moche.

Essayer de rejouer la situation qui m'a échappé quand je ne maîtrisais rien. Je ne m'étendrai pas : tout le monde sait ça. Enfin j'espère. Du coup, c'est un miracle que je n'aie pas le VIH. (La capote dans une boîte à baise dégueulasse et anonyme de Paris ? Mon père n'avait pas de capote.) Du coup, j'ai aussi vachement peur de faire mal aux femmes avec qui je couche. Je n'arrive que difficilement à croire qu'elles soient d'accord. En fait, j'ai un mal fou à aller vers les femmes.

J'ai grossi. Surtout, ne jamais être désirable. Cachons nous derrière barbe et cheveux. Cachons nous derrière chemises un peu ringardes et grande gueule outrancière. Cachons nous derrière la haine du monde. J'aime les gens. Je voudrais qu'ils m'aiment. Mais la personne qui m'a fait le plus de mal aussi, je l'aime. Et il m'aime. Si mal.

Ca aussi, les quelques personnes à qui j'en parle, ne comprennent pas. J'aime sincèrement mon père. C'est un connard, je le sais. Mais inconditionnellement, je l'aime. Quand il mourra, bien sûr je serai soulagé. Mais dévasté. Dévasté sans doute de n'avoir jamais eu de père qui m'aime comme tel.

Quand t'es petit, même quand tu ne l'es plus, tu le vis super mal cette injonction permanente de briser le silence. Pour envoyer mon père en prison ? Pour qu'il se suicide de honte ? Pour avoir sa mort sur la conscience ? Tu le ferais, toi ? Pour que tout le monde sache ? Pour te "reconstruire", il paraît. Genre c'est possible. Tu ne te reconstruis pas, tu vis avec. Ou tu vis contre.

Je sais, j'ai été un peu fouillis. Je t'ai dit : je ne me comprends pas moi-même. Pas tout à fait. Mais s'il te plaît, quand tu parles de ce que tu ne connais pas, évite de donner des ordres à ceux qui le vivent. Merci.

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By A.

Commentaires
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  Catnatt 01-03-2011 10:56:55

(Commentaire modifié à 9h55)
whow.

Bon, il est 7h15 du matin, et je vais laisser un commentaire parce que je me vois mal repartir comme ça.

Je comprends que tu aimes ton père. Après tout, ça a été sa façon de t'aimer même si c'est la pire. Pas de méprise, je ne respecte pas cette "façon là". C'est juste que c'est la réalité.

Tu as fait le choix de protéger ton père. Je ne suis pas sure que tu aies fait le choix de te protéger toi. Je crois que le bat blesse à cet endroit. Pour autant, il n'y a pas de solution, en tout cas je n'en vois pas, sans qu'il y ait quelqu'un de sacrifié, ce que tu refuses. Enfin, tu t'es quand même un petit peu sacrifié.

J'ai une amie à qui c'est arrivé. J'ai été la première à qui elle en a parlé quand j'avais 24 ans et le chemin a été long pour un procès, j'en ai 40, on n'y est toujours pas. Elle a mis du temps à en parler, à assumer les contradictions qui se bousculaient dans sa tête. Des choses qu'on ne dit pas. Mais pour qu'un début de reconstruction démarre, il fallait qu'"officiellement" cette histoire soit entendue par d'autres et associée à elle.

Elle, la victime.

C'est beaucoup plus compliqué de faire sans, ton choix est beaucoup plus compliqué mais why not. Et aussi dans la mesure où tu es certain que ton père n'a pas recommencé avec d'autres enfants...

Ca compte ça aussi...

Alors pas d'ordres à donner, bien sur. Encore une fois, je comprends que tu aimes ton père et que tu le protèges. Mais par ce billet, j'ai l'impression, peut être à tort, que ce choix devient trop lourd à porter. Il est trop lourd de conséquences, non ? Tu as déjà trouvé un moyen pour que cette histoire existe sans qu'il y ait de conséquences.

C'est le début d'une construction, ce me semble.

On négocie tous avec des saloperies plus ou moins grandes. Ni pour, ni contre, de la négociation comme on peut. Porter plainte n'est pas une solution miracle. Ca permet surtout d'envoyer des messages régulierement à la société tant que cela existe en lui disant, nous ne tolérons pas les relations sexuelles avec des enfants, et c'est encore plus grave si ça se passe en famille.

Si après, le fait d'être reconnu comme victime donne une impulsion supplémentaire vers une construction, c'est bien.
Poupimali 01-03-2011 10:58:03

ton texte m'a soufflé.
D'ailleurs tu n'es absolument pas fouilli si je peux me permettre.

Tu soulèves là bien toute les difficultés des enfants abandonnés et meurtris. Dévastés de ne pas pu avoir le parent rêvé...

Merci pour ton texte.
J’espère que tu prends le temps de te reconstruire et de t'aimer car je n'ai aucun doute sur le fait que des gens t'aiment.

mali
Sonia 01-03-2011 10:58:26

Ce texte me laisse un profond sentiment de malaise...
Pour choquer, aucun souci, sur moi ça marche plutôt bien.
Après, que dire ? Je ne lis que de la souffrance. On peut vivre avec, oui, mais en passant à côté de tant de choses. Et on peut aussi tenter de se reconstruire (sans forcément envoyer ton père en prison).
Cela peut commencer par changer ce regard que tu te portes, cesser de te cacher pour ne plus souffrir, cesser de te détester pour quelque chose dont tu n'es absolument pas responsable ! Facile à dire, je sais, mais c'est possible.
L'autodestruction ne résout pas forcément tous les problèmes, c'est juste un effet placebo...
LaPriss 01-03-2011 11:53:31

Tu as bien lu la derniere phrase du texte, Sonia?
Sonia 01-03-2011 12:30:49

Oui, pouquoi ?!?
Ze Blatte 01-03-2011 12:09:22

Dur ce texte... Je te souhaite simplement de trouver une forme de paix, avec le temps, si c'est possible... Et sinon de t'aimer plus, en tout cas de te haïr un peu moins...
  La bouseuse 01-03-2011 12:21:49

Comment dire quelque chose ? Et comment ne rien dire ?

Je ne sais pas ce que tu devrais faire. Je n'ai en effet pas à te le dire, et je ne suis pas tentée de le faire, d'ailleurs. Fais ce que tu peux pour vivre le mieux possible ... Ça y est, je commence à donner des conseils.

Juste un truc, que je martèle depuis des années, à deux amies qui ont été victimes d'inceste : quoi qu'il se passe parce que vous avez porté plainte ou parce que vous ne l'avez pas fait, vous n'êtes pas les bourreaux.

Qu'il y ait de l'amour entremêlé là-dedans, c'est sans doute ce qui est le plus dur à accepter pour moi. Et avant que tu le dises, je ne crois pas que je l'ai vraiment compris.
  Catnatt 01-03-2011 12:35:29

Les relations déviantes entre parents et enfants existent et ce à plus ou moins grande échelle.
Et il y a toujours de l'amour. On ne peut pas inventer ce qui n'existe pas, alors quand on vous aime ainsi, vous le déterminez pareil.
Aprés, il y a le phénomène de comparaison ou de révélation : "je vois bien que ma copine, ses parents ne l'aiment pas comme ça " ou dans les médias, à l'école, bref dans l'espace public, l'enfant entend un discours différent : "C'est mal".

Si confusément, l'enfant pressent que ce qu'il vit est malsain, encore faut-il qu'il ait les moyens de vérifier à l'exterieur que ce n'est pas normal. Parce que pour lui, c'est une façon d'aimer. Et le chemin est compliqué pour prendre de la distance. Certains sont radicaux, basculent dans la haine et le rejet, certains dialoguent avec le parent maltraitant et arrivent à apaiser, d'autres vont faire voeu de silence pour ne pas rompre ce qui ressemble à un équilibre.

Reste que c'est toujours de l'amour. J'en reviens toujours à ce débat sur la pédophilie où les pédophiles parlaient beaucoup d'amour. Et je ne crois pas qu'ils mentent. Leur façon d'envisager le monde est complètement biaisée. Tu leur explique noir, ils te répondent "rouge".

Ne pas oublier aussi qu'il y a chez certains enfants, un phénomène de valorisation pour tenter d'accepter l'inacceptable : "Je suis l'élu". Il me touche moi, pas les autres.

C'est pas pr rien que je fais "Les Danaides". L'amour est névrotique. Apres, certains mettent le curseur au delà des limites, c'est tout.
Eklaan 01-03-2011 13:03:25

Les dernières phrases me font voir la chose différemment. Comment l'enfant arrive t'il à vivre ca et surtout quelle sera sa façon d'exprimer tout ca.
Texte poignant en tout cas
A. 01-03-2011 13:08:07

Je ne pensais pas qu'il y aurait autant de réponses, pas aussi rapidement en tous les cas. Ca me donne envie d'en follower certaines (sauf erreur de ma part il n'y a que des filles) mais ça me grillerait un peu. J'ai quand même voulu garder l'anonymat.

Je remercie Catnatt pour son ouverture et sa délicatesse. Je crois que c'est aussi un peu moi que je protège parce que je n'ai pas du tout envie d'un procès où tout cela serait déballé par les avocats, où j'entendrais mon père dire que ça n'est pas arrivé ou qu'il a des circonstances atténuantes... Et j'ai un demi-frère qui n'aura bientôt plus de mère. Je ne peux pas le priver de son père, qui avec lui est un bon père.

Sonia, sincèrement... Tu enfonces des portes ouvertes : "aller mal, ça n'est pas une solution pour aller bien". Je le sais, mais là n'est pas la question. La question c'est de comment aller bien, et je n'ai pas la réponse.

Je sais que la plainte n'a pas théoriquement pour rôle la vengeance. Mais si moi je le faisais, c'est à ça que ça ressemblerait, et ça n'est pas ce que je veux. Je trouve un modus vivendi, ou j'essaye. Mais l'opprobre publique ne m'intéresse pas. Je sais aussi que je participe du coup à la sous-estimation sociale du phénomène. Mais je ne peux tout simplement pas le faire.

En tous les cas je vous remercie d'avoir bien voulu prendre le temps d'apporter vos commentaires (ainsi que ceux qui le feront après).
  Catnatt 01-03-2011 15:57:57

L'essentiel c'est que tu trouves ce qui te convienne en fonction des facteurs que tu as choisis comme "incontournables"

Et je comprends pour ton demi-frère. Quand on est orphelin d'un parent, l'autre en devient d'autant plus important.

Il te reste aussi la possibilité d'en parler avec ton père un jour. Mettre des mots, quand tu seras prêt.
sand 01-03-2011 13:22:45

bon, qd j'ai reçu ce texte, je n'ai pas su trop quoi en faire. Parce que connaissant A., je n'étais pas au courant du tout. Je me suis pris une vraie grosse baffe... Est ce qu'il fallait publier? J'ai décidé que oui. Parce que d'abord la souffrance d'A. qui est toujours palpable, mérite qu'on mette des mots dessus. Il mérite qu'on l'écoute. Même en anonyme. Même si ce n'est pas ds un tribunal... parce que proibablement qu'il y a tout plein d'A...

Quant à la difficile compréhension de l'amour qu'on peut malgré tout porter à un parent maltraitant, je ne la connais que trop bien. Je sais.
Mais pour avoir fait un long chemin là dessus moi même, je ne crois pas me tromper en disant qu'un jour tu verras que ce que tu aimes, ce n'est pas ton père. C'est l'idée d'un père. Comme l'idée d'une mère me manque.

Merci pour ta confiance...

(et puis un jour, moi je sais que tu vas aller chez le coiffeur, couper tout ce poil qui t'encombres, et que tu te laisseras aimer, toi, l'être sensible et exceptionnel que tu es, au lieu d'aimer les autres comme un forcené ... Et cette personne aura une chance folle)
Poupimali 01-03-2011 18:26:23

pfff il etait tout pourri mon com de ce matin...

Cher A.
Ton histoire ne peut laisser personne d'indifférent. L'avantage de ton anonymat te permet aussi de dire ce que tu penses et je connais suffisamment sand et les gens de voldemag pour savoir qu'ici personne ne te juge, même si tout le monde ne te comprend pas forcement (oui j'ai lu les autres coms)

Je valide la proposition du Coiffeur. Certains sont même très bons (je me tiens d'ailleurs à ta disposition si tu veux des conseils pour en trouver un).

En tout cas et je vais me répéter, on fait les choix que l'on peut comme on peut. personne n'a le droit d'en redire quoi que ce soit. je te souhaite vraiment plein de bonheur car ce n'est pas parce qu'on a eu un parent défaillant que l'on a pas le droit de s'aimer et d'etre aimé. Pire même c'est une obligation.

Re la bise !
Mali (et même je signe de mon vrai nom parce que c'est mon vrai moi qui parle)
R. 02-03-2011 17:32:55

Les gens ils croient qu'ils comprennent quelquechose a l'histoire des autres?
Qu'ils la ferment.
Ceux qui ont une copine qui a parler d'attouchements ou pire il y en a 10000 comme ça. on oublie tropsouvent que c'est pas a eux que c'est arrivé mais justement a ces filles et qu'elles ne veulent pas ou peu en parler, il faut avoir experimenter la situation.
Quand on parle de viol il faut savoir quel paradoxe il y a la.
Tout les connasses/connards qui soient disant te comprennent alors qu'ils ont connu que leur petite vie bien douillette, la vérité c'est ils compatissent surtout avec leur egotrips de sauveurs de la veuve et l'orphelin.

Moi j'pense que environ plus de 65% de femmes et plus de 45% d'hommes ont deja vėcu ce genre de saloperies avec un adulte membre de la famille ou pas.
Mais la plupart du temps ces gens vivent encore aux côtės de leur bourreaux.

L'auteur de cet article dėcris tres bien son sentiment, je comprends bien car j'ai eut une situation quasi semblable, l'inceste, les choix de ta vie sexuelle completement detruite apres, enfer du couple plus tard et comportement bouclier en societe!
J'aime voir qu'ily en a qui osent parler de ces saloperies que les adultes font au gamins, qu'il y a des gens qui vivent la meme chose que moi; parfois ca me rassure de pas etre le seul. A cotė de ca j'aimerais encore plus ne plus jamais lire ce genre de deviances dans un monde soit disant aussi" civilise" qu'aujourd'hui
Catnatt 03-03-2011 09:40:37

Heu... Pourquoi j'ai l'impression que c'est mon commentaire qui t'a posé problème ?

Pourquoi ça me rappelle quelques commentaires croisés au détour de twitter ?

Et surtout pourquoi être aussi agressif (ve) ?

A a écrit un billet pour en parler. S'il ne souhaitait pas de commentaires, on pouvait les fermer. S'il ne souhaitait que des commentaires de gens uniquement concernés, il pouvait le préciser et Sand l'aurait suivi.

Ton agressivité à mon égard me laisse assez perplexe....
milllie 02-03-2011 19:10:00

Je découvre ce texte ce soir, parce que je passe lire en décalage les billets.

Je ne dirai rien. Juste que juste là j'avais étais amené par le biais de mon activité à être confronté à cette réalité. Celle de ton enfance.

Je ne sais pas comment ce sont construit ces enfants que j'ai du accompagner un peu sur le chemin. Merci d'avoir témoigné, j'ai une image d'une réalité d'Adulte.

Je n'ai ni conseil, ni rien à apporter. JE voulais juste dire Merci à A. d'avoir témoigné
Alecto 02-03-2011 22:42:15

En effet, passer ici sans te laisse un commentaire ça parait impossible, mais en laisser un est délicat.
Difficile que ce que tu nous poses là, je ne me sens pas mal à l'aise, j'ai vécu en partie des choses de même nature.

Je ne comprends qu'en partie puisque nous avons chacun notre histoire, et les relations sont forcément différentes.
Pour apprendre à vivre et non à survivre ou vivre contre il n'y a pas de solutions, ni de cours.

J'ai essayé un tas de trucs, mais l'instinct de survie était plus fort, c'était soit je me tue, soit j'arrive à vivre.

Je ne sais pas ce qu'il en sera pour toi, mais je te souhaite d'arriver à trouver "une" voie.

Et effectivement les gens qui parlent de choses qu'ils ne peuvent même pas appréhender surtout pour faire politiquement correct c'est gerbant.
Mais en même temps, il est nécessaire d'en parler, et il n'y a pas de façon "idéale" pour faire de la "prévention/information".

Je ne suis peut être pas très claire, peut être un peu centrée sur ma propre expérience mais je te souhaite du courage en tout cas.
ehret 18-03-2011 10:57:08

les conseils sont-ils des ordres?
la tentative d'empathie est-elle une insulte à la souffrance?
Comment crier et se taire à la fois?
Etre entendu dans la dénonciation d'un crime, et dans l'amour que mérite le criminel, qui est lui-même victime de son histoire, et pourtant responsable de ce qu'il a fait?
Comment être sûr que ce bon père qu'il est pour le demi-frère n'est pas aussi le père violeur du grand frère?
Ton texte soulève tant de questions, et l'envie de te répondre, mais aussi le sentiment que seules les réponses que tu trouveras seront valables...
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