S'envoyer en l'air, les pieds sur terre
Je le sens gronder en moi, un son sourd de rage et d'ennui qui me pousse à marcher hâtivement, slalomer entre les êtres qui peuplent la rue, le regard dans le vague, la musique qui s'infiltre dans les oreilles, rien n'existe vraiment et puis une odeur... familière. S'arrêter. Où l'ai-je déjà sentie ? La suivre, comme un animal perdu, chercher encore et encore pour au final, enivrée, revivre le souvenir une fraction de seconde, jusqu'au retour brutal à la réalité dû au bruit de la rue.

crédit photo Damien Roué
Je le sens me tirailler, me faire prendre le meilleur chemin pour y arriver... En attendant ? J'ai beau courir à droite et à gauche, ne pas me retourner, avancer, créer, détruire, recréer encore et encore, je ne suis certaine que d'une chose : tant que je ne répondrai pas à l'appel, je ne serai que l'ombre de moi-même.
Je le sens, cet appel qui me pousse au bord du gouffre, ailes déployées, les yeux grand ouverts, sourire et cœur sous tension. L'appel d'ailleurs, ce cri de la liberté, m'offrant un terrain nettement plus vaste. Ne connaître aucune frontière, aucune résistance et fouler les terres les plus arides, les plus gelées, les plus humides. Fouler le béton défoncé par les années, zigzaguer entre les monuments, se perdre dans la brousse pour se retrouver devant une merveille quelconque ou une situation incongrue.
Je te parle là du Monde, de la Terre... Je te parle de voyage, de rencontres, de liberté mais aussi d'amour. Je te parle d'ailleurs, de désir, de saveurs, d'aventures. Je te parle de l'inconnu.
L'aventure, armée d'un simple treillis, des grosses boots, les cheveux en bataille et dans mes mains, un trésor, l'appareil photo. Parée à gravir les montagnes à cheval, à fouler le sable à moto tantôt seule, tantôt en équipe et shooter chaque merveille, chaque évènement.
Aventure physique, aventure psychologique mais surtout aventure humaine, quitter son confort pour vivre comme eux. Quitter le sentiment de sécurité pour ressentir les mêmes choses qu'eux. Quitter le déguisement que l'on enfile chaque jour avant d'aller au travail, pour être soi-même. Et vivre, vivre intensément chaque journée vécue.
Je voudrais me retrouver au milieu de nulle part, et essayer de comprendre comment la nature a été faite, pourquoi là et pas là-bas. Je voudrais re-chevaucher une moto et parcourir le pays de fond en comble. Je voudrais m'asseoir à la table des habitants et parler de leur culture, apprendre leur langue, comprendre leur façon de penser, leurs priorités... Je voudrais ad vitae aeternam.
Plus les jours passent, moins tu songes à rentrer, te disant qu'il y a tant à faire ici, tant à découvrir ailleurs, tant à vivre partout. N'importe où tu vas, n'importe où tu es, tu te sens chez toi. N'importe quand, sans prévenir, tu apprends, tu comprends, tu reçois une leçon de vie comme un cadeau.
Cet appel d'ailleurs, ce cri de la liberté qui m'oppresse lorsque que je marche dans les rues de Paris.

Alexia
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...