Monologue avec pieuvre
Jeudi, 04 Novembre 2010 00:50
Zelda Bis
Elle est sur ma poitrine, la pieuvre. Personne ne la voit.
Elle se nourrit de mon souffle, de mon sommeil.
Je ne suis jamais tranquille, même quand elle part. Elle est toujours revenue.
Hier, j'ai massé les mains de l'homme que j'aime, et ça a suffi à la rappeler.
Parce que les dernières mains que j'avais massées, c'était les tiennes. La dernière année où l'on a vécu ensemble, l'avant-dernière année de ta vie, tu bossais comme manutentionnaire et tu revenais les mains en charpie. Alors je prenais de l'huile et je les caressais pendant une heure, jusqu'à ce que ta peau redeviennes souple sous mes doigts.
La pieuvre me dit que si j'avais été moins conne à l'époque tu serais encore en vie.
Si j'avais été moins prisonnière d'idées à la con, si j'avais été un peu plus libre comme je le suis maintenant, si je t'avais dit de lâcher les boulots de merde pour te consacrer à ce que tu aimes, et on s'en fout on bouffera des pâtes mon amour. Si j'avais pas arrêté de t'aimer comme on tourne un robinet.
by Zelda Bis
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
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