
Ascension étrange. Le tapis roulant qui monte, comme dans le vide, une voûte d'acier et de verre au dessus de la tête. Une gare. Les gouttes de pluies, grises. Les gens pressés, bousculés. Perdue dans la foule, plus de repères... Anonyme. J'avance. Je fends la vague.
Prendre place dans ce train, le cœur gonflé, palpitant. Savoir que après il y aura des visages, des voix, des gestes, pour matérialiser des rencontres. Un grain de peau, un timbre particulier, une attitude. L'attente se déroule lentement, tandis que les lignes vertes et noires du paysage passent en bandes horizontales. Les doigts sur le clavier, un peu tremblants, j'essaie de me représenter la scène. Et puis j'abandonne.
Attendre encore un peu. Quelques heures encore. Puis quelques minutes. Et...
Marcher dans la ville. Seule. Le soleil qui éclate, jette de grosses flaques jaunes sur les trottoirs. Chercher fébrilement son chemin, compter sur les passants. Bref instant de panique : tout ça est trop énorme d'un coup. Trop de choses, trop de rues, trop de gens. Gueule de bois. Ca ne dure pas. Je finis par m'habituer, ajuster mon pas. Prendre des repères. Tout est plus grand, plus rapide, ...
Le cœur tambourinant, passer devant l'opéra Garnier. Poussée par une envie subite, le visiter. Les ors, l'impression surdimensionnée, débauches de sophistication, détails qui finissent par rendre les yeux ivres. Au point qu'au bord des cils, deux perles se nichent. Trop d'un coup. Moi à 10 ans, recevant mes premières pointes, le tutu rose, ... Le rêve d'une gamine de le voir, le lieu mythique et fantasmé par excellence... Il s'exauce. Je redeviens la petite fille qui se voyait étoile.
Filer dans le métro, s'engouffrer. Les noms des stations qui s'égrènent : Arts et métiers, Levallois, Châtelet les Halles. Sortir un peu de la réalité, et en même temps y être de plein pied. Un déjeuner. En simplicité et en sourires. Voir Pigalle, Montmartre, le Sacré Cœur... Ecouter des anecdotes, des moments de vie., de sa vie. Tangibles. Prendre un café à deux, place du Tertre. Et toujours, partout où on passe l'impression étrange d'être sur un terrain familier. Les scènes de films à Paris se déroulent sous mes yeux. C'est pareil et différent.
Assumer : faire la touriste. Seule. Voir l'arc de triomphe, descendre les Champs Elysées, l'Obélisque, jusqu'au Louvre. Là, sur ces trottoirs faits pour des géants, se sentir l'espace d'un moment, libre et légère, à la fois minuscule et grandiloquente. Jouir un peu de cette sensation de nouveaux possibles. Comme si les mots s'écrivaient à nouveau sur une page vierge. Sans plus aucun frein, ou aucun garde fou. Partout, s'émerveiller.
Coup de téléphone. Une voix. Un rendez-vous.
L'impression immédiate d'être à l'aise, parlant de tout et de rien, flânant, un grand cappuccino à la main. Des rires, des complicités entrevues qui se confirment, ... L'instant est simple, et riche à la fois. D'émotion, d'évidence, de plaisir tout bête d'échanger de visu. En pouvant associer une image, un rire, des gestes, des intonations à celle qui jusqu'ici n'était que virtuelle.
Un autre coup de téléphone. Une autre voix. Un autre rendez-vous.
Improvisation. Un dîner qui se décide en un clin d'œil. Elle est comme je l'imaginai : simple, souriante, accessible, énergique. Je la vois dans son monde. A trois, parler. Rire. S'étonner. Comme si on se connaissait déjà. De sujets profonds en choses superficielles, la conversation se déroule, fluide. C'est un peu comme un coup de baguette magique, qui nous aurait fait passer de la virtualité des échanges à une réalité simple, et joyeuse.
Reprendre le métro. Le grondement sourd des rames pour seule musique, sauf de ci de là, un air d'accordéon lointain. Les rues sont déjà comme de vieilles amies. Arriver à l'hôtel.
S'effondrer.
C'était ma première journée à Paris.
Je crois que je suis tombée amoureuse.

By Sand
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...