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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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C'est con et pathétique d'être toujours amoureux de l'impossible.

C'est quoi le but ? Se mettre dans un état constant de dévalorisation de soi ?

Peut-être est-ce juste le destin qui joue avec mes nerfs, facétieux et pervers, me mettant face à des âmes et des femmes qui arrivent à conjuguer tous mes désirs par leur seule existence, et me plongeant dans un marasme de sentiments mielleux, gluants, libidineux.

Je deviens malléable, argileux. Jusqu'à m'ennuyer de moi-même.

Le refus du bonheur, la destruction par overdose de manque d'affection. En demande constante de ces bras, de ces preuves d'amour, tu m'aimes ?

Comme avec elle, avec qui j'ai vécu le meilleur et le pire, sans avoir rien signé.

J'essayais maladroitement de lui dire que j'étais là pour elle. Naïvement, j'ai cru pouvoir l'aider, lui faire comprendre que je supporterais l'insupportable, afin qu'à son coeur, je sois incontournable.

Seulement, de ce don sacrificiel, elle n'avait nul besoin. Elle voulait juste rire, n'attendant rien de particulier, et moi, je vivais entre ses jambes dans une ardeur inextinguible.

La relation se compliquait et, plus le manque se créait.

Et du manque, il y en eut, beaucoup. Jours torturés, nuits à l'agonie. Nos incessants échanges devinrent quasi inexistants. Un silence pesant, à me rendre fou. Je la cherchais, partout, dans mon air, dans mes vers, mais rien.

Le temps jamais ne ralentissait, et bientôt les semaines avalées allaient vomir un moi recroquevillé, dépressif, sombre et insipide.

C'est donc ça l'amour en vrai ? La souffrance d'être amputé à vif de son âme soeur ?

Prostré, fermé, je me suis imperméabilisé. Pour éviter la souffrance, j'ai préféré l'inexistence. Me perdre dans le travail pour tromper le manque. Le manque d'elle, de sa peau, de ses rires, de nous...

Une réalité chloroformée, les sens en perdition. Je me suis abandonné à l'espoir, à dessiner un avenir commun avec elle... Et j'ai perdu un an de ma vie à recoller les morceaux.

Gommer une esquisse que l'on trouvait belle, c'est impossible. On la met de côté, et on tente un meilleur dessin encore. J'ai donc repris mes fusains, caressant de nouvelles pages.

Elle restera mon impossible.

A toi, qui dans l'orgasme avait les yeux en amandine.

 



Commentaires
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Spleen sans idéal 30-05-2011 02:35:19

Amen
  lio 30-05-2011 10:12:16

Insister sur les mêmes schémas, rejouer,sans cesse, le même film, même si les acteurs changent sur la pellicule.

On est finalement ramener qu'à sa propre solitude.
On semblerait manquer de soi même, avant de manquer de l'autre.

N'en déplaise aux poètes et aux romantiques dans "je t'aime", JE prend toute la place.

L'égo de l'un devrait s'harmoniser avec l'égo de l'autre. Les concessions arrondissant les angles, rendant l'esquisse encore plus belle.
Sublime
  Faustine 30-05-2011 21:05:30

C'est beau. L'amour dans toute sa part d'ombre est magnifiquement narré.
Merci pour ce don intime.
J'aimerais en lire plus
sand 02-06-2011 10:59:13

j'aime énormément la sombre poésie de ce texte... Les mots accolés, mais qui coulent...


"je vivais entre ses jambes" est d'une telle simplicité et en même temps appelle à tant de choses... bravo, tu m'as emue
nestor 03-06-2011 20:06:30

Ca me rappelle furieusement une malheureuse expérience suite à une très mauvaise rencontre... actuellement une année de ma vie à essayer de ne pas sombrer à cause d'elle...
elle ne sera pas mon impossible, puisqu'elle n'a jamais été ce qu'elle a prétendu être, mais elle aura la leçon qu'elle mérite.
Agrippine de la mancha, 07-06-2011 22:22:13

C'est la théorie des essuies glaces... c'est pialat dans un des ses films, il me semble, qui en parle. L'amour, parfois, se résume à ce mouvement sans fin : "cours moi après que je te fasse courir. "
  S.I. 13-06-2011 23:30:43

J'eu pu l'écrire ce texte si j'en avais eu le talent...
"A toi, qui dans l'orgasme avait les yeux en amandine." est une phrase magnifique ! heureux celui qui peut contempler les yeux de celle qu'il aime après l'orgasme, savourer son sourire dans un instant complice... C'est juste beau d'aimer...
j'ai écrit un jour ici : "quand on aime, soi ne compte plus..." Mais rien ne compte plus en fait...
Courage !
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Auteur de cette article : cylk34

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