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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Dave m'a tuer

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depeche-mode


Anvers. Noir dans la salle. A peine eu le temps de grignoter quelque chose, histoire de prendre des forces. Lumières. Une projection orange, le sigle de la tournée apparait. Ils ne vont plus tarder. Tout est en place. Lentement, le batteur, puis un des synthés prend place. Avant le triumvirat maintenant imuable. Fletcher, Gore... Et lui.

Dans la pénombre, il glisse de dos. Quelques gestes esquissés, un mouvement de hanche, et déjà dans le public quelques cris. Il avance comme un danseur, gracieux et léger. Ou plutôt non, comme un matador. La bête c'est le public. Et il la provoque, les hanches serrées dans son pantalon noir, la lumière s'accrochant à la peau de sa nuque, toujours de dos. La musique se fait plus forte, un tempo lent et presque obsédant. Enfin au milieu de la scène il se retourne. Fait face. Ouvre les bras, et provoque. Sous la veste noire, satin rouge de la doublure. L'élégance nonchalante en bandoulière, il attrappe le micro: " The way you move Has got me yearning The way you move Has left me burning I know you know what you're doing to me I know my hands will never be free I know what it's like to be In chains".

Les premières notes semblent un peu fragiles, un peu suspendues, et puis d'un coup, toute la voix se libère, et de la scène on ne voit plus que lui. Exit les projections d'Anton Corbijn ,exit les jeux de lumières. On peut en faire abstraction. Il est là, sur scène magnétique. Enchaine. "Wrong", le premier extrait de l'album, si carré déboule. Et souligne la qualité du batteur, qui franchement assure. Lui sûr de ses effets, tangue, donne de la voix, s'attarde, emplit la scène. Sans avoir besoin d'en faire des tonnes. Pourtant, on n'en est qu'au tout début. J'aurai voulu voir ce que cette chanson aurait donné un peu plus tard, avec une salle chauffée à blanc. Un public déjà presque aquis à sa cause après deux chansons, c'est assez grisant j'imagine. Il est là, son oeil brille, sa voix rauque à pleine puissance, il n'est presque plus le matador élégant, débarassé de sa veste, la peau lustrée de sueur, le fauve retient sa proie entre ses griffes. Joue à l'embarasser, à l'énerver. "Hole to feed "agace les pieds, les ventres, les mains qui battent frénétiquement. Ses déplacements se font plus longs, il arpente son territoire et impose. Puise dans de vieilles ruses ("It's no good, In your Room, A question of time," ...). "Miles away" et son refrain efficace rappelle que c'est quand même la tournée de l'album "Sounds of the universe". D'ailleurs à ce sujet, on pourrait se demander si la setlist est vraiment adaptée à une tournée de promo d'album. Alors que sounds of the universe est un super album, cohérent, et vraiment enthousiasmant de bout en bout, surtout en comparaison des deux derniers (Playing the angel étant fort peu égal et Exciter un peu trop mécanique ), il est dommage qu'on aie droit à si peu d'extraits en tournée. Cela mis à part, vu la débauche d'énergie sur scène, le plaisir visible qu'ils prennent à jouer, les jeux de lumières et les trouvailles vidéos, la qualité incroyable du batteur qui à lui tout seul mérite le déplacement, on ne boude pas son plaisir de réentendre "Policy of truth".

Même Martin Gore semble s'amuser. C'est dire! Mis à part la faute de goût évidente de son costume (Parce que... Comment dire? Ce petit gilet argent et ce pantalon là... Ahem. Pourquoi avoir piqué des couvertures de survie pour s'en faire un au lieu de les envoyer à Haiti?). En même temps, Martin c'est un no fear. Il n'a pas peur de porter des plumes, des rivieres de diamant au poignet, à côté de lui, Paris Hilton est presque sobre.
N'empêche en l'écoutant (Il a toujours droit à deux chansons au moins, ça permet au public de faire une pause pipi/s'acheter un cornetto/se refaire une manucure), je me disais que finalement c'est lui qui a la moins bonne place. Il écrit quasi tout. C'est lui qui FAIT le groupe. Et finalement ce que les gens veulent (et moins y compris), c'est le fauve Gahan. Le gentil allumé à breloques ne fait pas recette. Malgré une très belle voix. Juste moins de charisme. C'est un Poulidor en fait Gore. C'est Pouligore.
Bref.

J'ai franchement adoré ce concert. Ça doit être la cinquième fois que je les vois. Et la dernière m'avait un peu déçu, surtout par le manque d'énergie de Dave Gahan qui venait de se faire opérer. Là, j'ai juste retrouvé la magie d'un grand groupe, d'un son efficace, de musiciens justes et en place, et puis ce petit plus qui fait que d'un concert, d'une salle où on joue de la musique, on est transportés à un autre endroit, où la salle devient une gigantesque chose humaine et mouvante, une sorte d'onde de plaisir et de fête qui vous parcourt comme un courant électrique, vous transperce de part en part, et vous laisse épuisée et béate.
Avec encore un sursaut d'énergie pour un rappel, l'excellent "stripped" qui a fini de mettre à genoux ceux qui ne l'étaient pas encore, et le désormais classique "Personal Jesus", dans des arrangements complètement différents, avec un début très langoureux et lascif, pour se lâcher complètement jusqu'à épuiser pour de bon un public aux anges.

Depeche mode fait partie de la BO de ma vie, jouée un peu en sourdine, mais toujours là. J'ai grandi avec eux, les chansons font partie de mon paysage musical, comme des références, comme des madelaines. Même s'ils ne sont plus tous jeunes. On pourrait dire vieux d'ailleurs (celà dit, pour moi à partir de quadra c'est "vieux". Ce que c'est d'être une pas encore trentenaire hum) . Ils continuent à assurer grave. Peut être pour ça que le plaisir pris fut si grand.


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By Sand
Commentaires
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Rolanda Bibine 27-01-2010 10:46:41

Vieux ???? tu veux avoir des problèmes toi
Ahhh Depeche Mode c'est grand.... les paroles sont d'une noirceur terrible .. faut vraiment plus avoir foi en l'espèce humaine pour écrire ça
sand 27-01-2010 10:08:45

Ouais carrément.
J'ai décide de faire (un peu ) chier today.


Et ouais. Enfin quand on fait la moyenne de ce que j'aime lire et écouter c'est rarement le royaume des poneys violets.
Zan 27-01-2010 11:40:23

merde mais moi je croyais que tu parlais de Dave quoi !! l'autre Dave !! huhuhu j'me disais aussi que...
sand 27-01-2010 11:42:56

Loin de toi je me demande pourquoi ma vie ressemble à une terre brûlée (ouais j'suis trop dans une période chanteurs morts en fait)
excellent live report
Belam 28-01-2010 09:00:30

vraiment !!!!
sand 28-01-2010 12:13:24

ah mais des comme ça je live-reporte quand on veut moa
...
Angelina 28-01-2010 12:33:52

...en même temps, c'est pas tous les jours que tu vas en voir des concerts comme ça.

C'est superbement écrit. Du matador au fauve. Dave Gahan est un objet sexuel à lui tout seul dont on ne mesure pas encore la dimension. Un presque mythe vivant, un futur mythe tout court.

Et oui, finalement, Gore fait tout, mais sans Gahan, il ne serait rien, qui lui-même est si peu sans Gore.

Bravo !
re: ...
sand 28-01-2010 15:13:32

Angelina a écrit:
Dave Gahan est un objet sexuel à lui tout seul dont on ne mesure pas encore la dimension.


Heu....

18.6 cm?


Pardon => => =>
sand 28-01-2010 15:14:43

cela dit, j'y avais pas pensé.

Mais en fait Gahan serait un musicalsextoy à lui tout seul.

C'est HENAURMEUH
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