S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

Or quand on est assis dans une salle de spectacle qui n'est pas forcément le lieu le plus confortable de la terre, on n'a pas envie d'attendre 12 000 minutes.
Ironie du sort c'est que la veille, on avait reçu un message : "surtout ne soyez pas en retard, il n'y a pas de première partie alors ça commencera à 20h pétantes."
En fait, Cake sont arrivés sur scène avec un bon 45 minutes de retard sur horaire prévu, donc. Et ils ont commencé par un quart d'heure de morceau d'orgue bontempi façon rocky (probablement moins, mais je sais pas, j'ai juste tellement halluciné que ça ma paru plutôt long.) devant un public pourtant acquis à leur cause qui a fini, il faut le dire, par les siffler gentiment...
Bon cessons de râler. Entrons dans le vif du sujet. Quand ils ont eu terminé leurs facéties, ils se sont mis à offrir ce quils font de mieux : de la musique de fous dingues. Un vrai moment de bonheur et d'osmose avec tout le groupe. Tout tombe pile, chaque chanson parfaitement au bon moment. Et le chanteur du groupe est un vrai bon entertainer qui raconte avec drôlerie, intelligence et folie plein de trucs sur leur musique, leurs aspirations et leurs délires.
Ils partagent par exemple leur souhait de voir grandir les arbres, (ils vont jusqu'à en offrir un vrai à celle qui s'est engagée à le planter dans son jardin et se photographier) leurs refrains que la salle doit interprêter conformément aux instructions du chef d'orchestre joué par le chanteur. Et il aime faire le chef d'orchestre, il connaît à la seconde près, au silence, à la mause près à quel moment quel instrument va prendre le dessus ou se taire. C'est totalement hypnotique de le voir si précis et si impliqué à la fois.
Les musiciens d'ailleurs, puisqu'on en parle, sont vraiment au top. De vrais virtuoses, ça envoie vraiment des arrangements hyper beaux, c'est presque visuel, en tout cas c'est physique. Ca m'a fait vibrer tout le long !
Arrive soudain le moment Michel Sardou : ils font un entracte. Non mais je vous le jure, pas de blague. Soudain, alors qu'ils viennent de nous dire qu'il y a un couvre feu et que donc à 22h30 max on sera dehors, ils quittent la scène pour un quart d'heure... Et n'ont donc pas le temps de faire de rappel dans des conditions correctes.
Je crois que cet entracte est un peu la représentation de toute la frustration que j'ai ressentie à la sortie de ce concert : c'était vraiment un très bon moment de concert, un moment fort avec des gens pas là par hasard, qui parviennent à m'embarquer même sur des morceaux que je ne connais pas. Et pourtant, j'ai eu la sensation comme d'un je m'en foutisme vis-à-vis de nous, qui avons réservé nos places longtemps à l'avance pour être sûr de partager ce moment.
Pas agréable de garder cet arrière goût qui vient gâcher un peu du délice de la dégustation.

by baci
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