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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Nous étions dieu

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Nicolas Comment a toujours été passionné par la musique mais c'est d'abord grâce à l'image qu'il s'est fait un nom. Photographe de métier, c'est coincé dans l'aéroport de Berlin qu'il décide de franchir le pas : celui de faire de la musique et d'écrire des chansons. Chance, Rodolphe Burger lui prête les clés de son studio et c'est en quinze jours qu'il compose un premier livre-album, produit à l'époque par Jean-Louis Piérot, à qui l'on doit déjà Daho, Miossec et quelques autres. L'objet ne sera vendu que dans les librairies.

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Une autre rencontre capitale dans la vie de l'artiste, c'est celle de Marc Collin, un des deux producteurs de Nouvelle Vague, qui va lui proposer de travailler sur un de ses projets en cours avec Helena Noguerra. L'alchimie fonctionne au point que Marc Collin s'attaquera un mois plus tard au premier véritable album de Nicolas Comment.

Nicolas Comment est photographe, et ça s'entend. À la manière de peu d'autres avant lui, il installe une atmosphère semi-crépusculaire, pleine d'images, d'objets et de situations que l'on n'observerait que dans ces vieux films des années 60. Marc Collin n'y est évidemment pas pour rien, il avance des synthés, des voix et des rythmiques qui ne sont pas sans rappeler les grandes heures de Manset ou de Bashung. Les morceaux sont arrangés de sorte que sobriété se mêle parfaitement avec intensité. On voudrait presque même voir arriver Mélanie Pain, dans une longue robe blanche spectrale. Mélanie Pain qui jouerait parfaitement le rôle de cette reine des songes, à la peau aigre-tendre.

On pourrait penser à cette série d'artistes qui se revendiquent sans cesse de l'héritage lynchéen, désinvolte et insolent de l'oeuvre des Gainsbourg, Simon et autres Darc - et se dire que c'est trop facile, que la recette est épuisée, que les palais sont lassés. Pourtant, la force de cet album, c'est justement de ne pas faire de ces influences quelque chose de pesant. Nous Étions Dieu est un disque aux sonorités lunaires, qui propose quelque chose de neuf, de fin et de subtil dans un paysage musical lourdement jalonné historiquement parlant. Cette capacité à construire un scénario, raconter une histoire et la mettre en scène est des plus plaisantes aujourd'hui.

Nicolas Comment a écrit un film comme on en voit trop peu au cinéma français. Sombre, insolent, crédible et captivant.

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By Henri

Commentaires
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milllie 19-01-2011 20:46:47

J'aime les mercredis musique qui offre des découvertes, merci Henri de faire partager...
Poupimali 21-01-2011 13:18:37

bon j'avoue je ne suis pas fan...
ca me rappelle benjamin biolay et... ca passe pas.

mais j'ai écouté jusqu'au bout
sand 21-01-2011 16:23:53

huhuhuhuhuhuhu d'autant qu'henri aime TELLEMENT benjamin biolay
Henri 22-01-2011 05:34:28

Il faut pousser plus loin et écouter Désert de Retz par exemple, c'est là que ça fonctionne mais il n'y avait pas la vidéo que je voulais
baci 22-01-2011 16:06:17

j'aime bien la ferme en flammes !
bon mais quand même, l'inconvnient de ce type de chanteur c'est que c'est impossible à chanter à tue tête parce que justement c'est pas chanté, presque récité...
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Auteur de cette article : Henri

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