
C'est dire, si j'étais impatiente. Et il est arrivé. "Jésus revient, Jésus revient parmi les siens !". Heligoland. Et je n'ai pas été déçue. Comme avec un ancien amant, retrouvé après tant d'années, avec qui j'aurais fait l'amour comme si nous ne nous étions jamais quittés. Comparaison hasardeuse, certes mais j'ai un rapport quasi charnel avec la musique. Alors, à tous ceux qui font la fine bouche genre "Ouais, c'est pas mal, mais c'est franchement pas grandiose", j'ai très envie de dire "Messieurs les blasés, passez votre chemin et allez vous masturber sur ...". N'importe quel groupe sortirait cet album, ça s'écrierait au génie. Suivez mon regard vers ces pôvres taches de Vampires Weekend. (Je sais, c'est de l'acharnement, c'est moche...). Massive Attack revient en pleine forme, sans se renier et pourtant incontestablement sous influences nouvelles. C'est toujours trip-hop, mais ça n'engage que moi, on sent que les années Radiohead sont passées par là. C'est un indispensable. Point. Une préférence pour "Psyche" avec Martina Topley-Bird (dont j'avais déjà parlé en ces contrées), "Paradise circus" avec ses rythmiques quasi sud-américaines et la voix ensorcelante de Hope Sandoval (Air France, le retour), "Rush minute", et pour finir "Saturday Come slow" avec Damon Albarn, où je trouve que l'on sent le plus l'ombre de Radiohead, et la sublime conclusion "Atlas Air". Massive Attack a toujours réussi ce petit prodige, ce petit miracle d'être émotionnel sans sombrer dans la niaiserie, à vous donner des coups au coeur, vous faire basculer entre deux mondes. Peu de groupes réussissent à accomplir cette acrobatie des sentiments.

http://www.myspace.com/massiveattack
Je n'aurais pas choisi ce morceau comme single. Clip somptueux esthétiquement mais malheureusement sans scénario, à mon sens.

Ma bande son du moment, c'est aussi Smooth "The parade". Smooth, c'est d'abord une chanson eponyme que j'écoute encore et encore. C'est également une musique que je qualifie de "cinématographique". Quelque chose de John Barry, qui aurait lâché les orchestrations des années 60 au profit d'un son beaucoup plus électronique. Je me demande d'ailleurs si on ne les a jamais employé dans une bande originale... Auquel cas, c'est urgent de le faire. "The parade", c'est le nouveau film que ces trois-là se sont imaginés. Plus inspirés que sur le précédent album vraisemblablement (La faute au scénario ;), ils nous livrent un opus, ma foi, des plus classes. Un film avec dans le rôle titre David Darricarrère, le chanteur du groupe et les apparitions de Dominique A et Amélie, jeune inconnue qui devrait recevoir le césar du meilleur espoir féminin musical. Smooth a l'art de créer des morceaux qui vous racontent des histoires tout en laissant suffisamment de place pour l'imagination de son public. Là, ça pourrait être un film à la Thomas Crown. Les trois français peuvent être fiers, ce disque est une vraie réussite sur le terrain glissant du trip hop français complètement trusté par Wax Tailor. Mais là où celui-ci commence sérieusement à me lasser, Smooth a ravi mon coeur. On dirait que contrairement aux autres groupes de ce qu'on qualifie de french touch, le temps siet à Smooth. Comme le bon vin, en fait. A acheter les yeux fermés.

http://www.myspace.com/smoothmusique

Je l'attendais aussi avec impatience, l'album de Bonobo, "Black Sands". Harmonieux avec les albums précédents, c'est du joli boulot. Mélodieux, plaisant, comme une ballade en pleine nature. J'aime la cohérence avec la pochette de l'album parce qu'il procure vraiment ce qu'elle "propose" comme une invitation au voyage. Une vraie recherche, même s'il suit toujours l'autoroute du downtempo, il n'hésite pas à prendre des chemins de traverse, un coup plus jazzy, un coup plus funky, limite folk, parfois simple ballade. "Black Sands", le dernier morceau est une pure merveille. Ce morceau est mon coup de coeur de la semaine.

http://www.myspace.com/sibonobo
Une piqure de rappel concernant General Elektriks "Good city for dreamers" qu'on aime beaucoup ici. J'apprécie cet alllumé et je suis assez sensible à sa voix. A voir absolument en concert et se procurer d'urgence l'édition limitée sortie en double cd le 8 février.

http://www.myspace.com/generalelektriks

La petite découverte de ce mercredi, c'est Tender Forever. Je ne connaissais pas du tout mais je lui ai trouvé à la fois beaucoup de charme et beaucoup de caractère. Découverte grâce à un mail de "Vicious Circle", un label fort indépendant, je pense qu'il faut la suivre. Des bouts de chansons intimes, joyeuses ou mélancoliques, drapées d'electro ou plus simplement acoustiques ; la musique de Tender Forever a toujours su être riche, inventive et sa nouvelle oeuvre ne trahit pas. No Snare, après The Soft and The Hardcore (2006) et Wider (2007), semble s'être habillé des attributs d'une grande. Comme si un bout d'adolescence était parti ; un bout seulement. Peut-être moins espiègle, No Snare gagne en profondeur jusqu'à en devenir hypnotique, voire bouleversant ("Only the Sounds You Made", "Nothing At All", r&b de luxe).
http://www.myspace.com/tenderforever

By Belam
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