J'ai eu envie de vomir en regardant le Soir 3 de la chaîne publique le 28 avril dernier. J'y ai entendu Michel Birault, adjoint au maire de Parthenay essayer de justifier la censure du texte d'Ida Grinspan, chose faite à sa demande par le maire de la commune. Une véritable abjection, parce que prononcée avec une espèce de tranquille assurance du bon droit : en substance, ce triste personnage a affirmé que la France par la voix de Jacques Chirac s'était déjà confondue en excuse largement, que cela suffisait et qu'il fallait arrêter de parler de la déportation et particulièrement de l'attitude des forces de l'ordre, parmi lesquelles le corps de gendarmerie, face à la chasse au juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale...
AFP /Archives - Un convoi de déportés arrivant au camp d'Auschwitz
Nous y voilà. Ca y est, c'est bon, on s'est excusé, maintenant mesdames et messieurs les déportés qui n'avaient pas encore rendu l'âme, taisez-vous et laissez nous transmettre à nos enfants une version de l'histoire qui nous convienne, qui fasse honneur à la France. D'un côté les bons, les Français, et de l'autre, les méchants, les Schleuh, les Boches, les Allemands quoi... Comme si les Nazis et les Allemands complices seuls avaient pu réaliser leur sale boulot dans toute l'Europe y compris en France. Cette attitude est franchement dégueulasse, pas la peine de disserter plus avant tant les faits sont suffisamment parlants par eux-mêmes. Vous lirez ci-dessous la synthèse de la dépêche AFP faites par la rédaction Limousin Poitou Charentes de France 3 pour avoir les détails de cette sordide histoire. S'y greffe en plus semble-t-il une basse vengeance politicienne.
Juste une remarque complémentaire : puisque messieurs Birault et Argenton, élus de Parthenay, sont si soucieux de l'image de la gendarmerie, corps éminemment respectable par ailleurs, pourquoi ne les entend-on pas, eux et leurs collègues élus de la majorité présidentielle, s'exprimer contre la mise en coupe réglée de la gendarmerie sous la tutelle du ministère de l'intérieur, y compris par la censure la plus odieuse de la moindre expression de certains gendarmes qui osent tenter de défendre la spécificité de ce corps d'armée au service de la population, notamment en milieu rural ? (Dépêchez-vous d'allez lire sur le site du Monde.fr par exemple les articles consacrés à l'affaire Jean-Hugues Mattely, gendarme radié pour s'être exprimé publiquement et qui a entamé un recours devant le conseil d'état. -edit 29/04/10, la radiation suspendue par le conseil d'état-)
Franchement, j'ai honte ce matin.
(Extrait du site de France 3 avec le concours de l'AFP) La mairie de Parthenay a censuré une lettre écrite par Ida Grinspan, ancienne déportée, qui devait être lue à des élèves dans le cadre de la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation
Nathalie Lanzi, professeur d'histoire-géographie au collège de La Couldre à Parthenay dans les Deux-Sèvres, qui accompagne depuis cinq ans ses élèves aux cérémonies commémoratives et patriotiques, avait demandé à l'ancienne déportée d'Auschwitz Ida Grinspan, de rédiger un texte que les élèves devaient lire dimanche dernier 25 avril. Mais ce témoignage a heurté un ancien Gendarme et adjoint de Parthenay en charge des affaires patriotiques. Ida Grinspan y évoque en effet son arrestation par trois Gendarmes à 14 ans. Le professeur a accepté de remplacer le mot "Gendarmes" par "hommes". L'ancien Gendarme a présenté ensuite le texte au maire Xavier Argenton (NC) qui, lui, a refusé sa lecture. "Ne stigmatisons pas une catégorie professionnelle qui dans ces temps troubles avait obéi aux ordres de l'autorité légitime", a t-il dit à son adjoint. Ce texte "n'est pas de nature à apaiser les ressentiments à une époque où le repentir est malheureusement mis en exergue", a-t-il ajouté. Le professeur Nathalie Lanzi (qui est par ailleurs conseillère régionale PS de Poitou-charentes) regrette cet incident, ajoutant : "mon objectif n'était pas de blesser mais de dire l'histoire. Je suis attachée au devoir de mémoire et au souci de vérité". Quant à Ida Grinspan, elle juge " terrible, cette mentalité-là. Il faut savoir regarder la vérité en face. Ce que je dis dans ce texte, je le dis à chaque fois que j'interviens dans une école. Je dis simplement ce qui a été".
En lien, également, la vidéo du journal régional et celle de Soir 3 du 28 avril 2010.

by Manu
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