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La gauche et nous...

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.La gauche et nous... Et aussi Uzès et Edgar Morin

Difficile de ne pas être d'accord avec l'idée que nous sommes actuellement dans une phase régressive de notre histoire, comme le dit Edgar Morin.

Partant de cette idée, on peut lire aujourd'hui toutes sortes de commentaires et d'analyses sur les causes de cette régression sociale et sociétale et les propositions pour en sortir. On voudrait voir frémir un vent nouveau, il se fait attendre.

Heidegger évoquait déjà l'idée que depuis la révolution industrielle, le libéralisme transforme l'individu en un couple producteur /consommateur au détriment de l'être.

La Gauche depuis lors s'est surtout évertuée à diminuer les effets néfastes du capitalisme grandissant sur les couches sociales ne détenant pas le capital. Son action pendant les trente glorieuses, sous des régimes de Droite, a été moins déterminante, du fait d'un certain équilibre entre le travail, le revenu du travail, et l'accès à la consommation du confort et du loisir pour le plus grand nombre.

Si l'on situe la fin de cette période dite prospère à 1973, nous pouvons émettre l'idée que nous serons bientôt à notre quatrième décennie de crise, une crise qui a connu des pics et des creux, et qui n'a jamais été aussi forte que ces dernières années et particulièrement dans l'instant présent.

Encore faudrait-il s'entendre sur le contenu de cette crise qui n'est pas forcément une crise économique subie à en voir les résultats des sociétés et les revenus du patrimoine pendant ces 40 années. Une crise politique ?

L'individu est désormais un producteur duquel on exige toujours plus, un consommateur qu'on sollicite par tous les moyens y compris les moins légaux et les plus amoraux. La technique et la science, qui nous ont été « vendues » comme notre progrès commun se révèle également être à l'origine de notre désoeuvrement, écologique, social, économique.

Les mouvements de Gauche, qui ont à juste titre dénoncé les dérives des politiques libérales et capitalistes, ne sont pas capables aujourd'hui de nous proposer un modèle de société, ou, encore selon les termes du même Edgar Morin, l'élaboration d'une Voie. On cherche en vain les idées, l'utopie réaliste, le lien avec la population.

De fait, ils se sont malheureusement éloignés à tel point de la population de gauche que finalement ce peuple de gauche semble avoir disparu.

Quel représentant politique ou élu dit progressiste accepterait en effet de fournir un travail mensuel pour un salaire de 1 100 € net mensuel, qui est le salaire médian des employés non-cadres, et le salaire de la plupart des employés à plein temps du Gard et d'ailleurs ? Quelle réponse apportent-ils à cette question ? Nous disent ils « il n'est pas possible de construire une société dans laquelle le fruit du travail permette une vie décente pour le plus grand nombre, voire pour tous » ou encore « oui, cela est possible » et dans ce cas quelles sont leurs propositions ?

Au-delà des quelques pistes de bon sens de quelques penseurs, dont Edgar Morin, qui nous suggère une Voie qui permette d'associer la progressivité du réformisme et la radicalité de la révolution, on peut se demander quand l'action prendra le pas sur l'intention. Des initiatives indépendantes permettent d'apporter des débuts de solutions locales, mais restent isolées les unes des autres. L'économie sociale et solidaire (ESS) se développe et pourtant ne s'affranchit pas des schémas de l'économie libérale, proposant le plus souvent comme chez les institutionnels des salaires faibles pour des qualifications élevées, qui ne valorisent pas la ressource humaine et préfère utiliser les budgets disponibles dans des postes comme la communication, les frais de représentation, et tant d'autres dépenses dont la valeur ajoutée n'est pas démontrée. Pendant ce temps, la précarisation du travail s'accroît. Et le pouvoir d'achat, quels que soient les chiffres qu'on nous vendent, diminue pour la plupart des salariés et sans emploi. L'augmentation du nombre de personnes vivant en deçà du seuil de pauvreté en atteste.

Il serait peut être alors préférable d'envisager une politique « d'expérimentations de proximité », faisant appel aux projets réellement innovants issus notamment de la société civile et permettant de développer des micro-modèles qui auront fait leur preuve, en matière d'insertion et d'emploi notamment. L'Uzège, dont fait partie Uzès, microcosme social et économique, réunit à lui tout seul les caractéristiques de cette régression et est un miroir du contexte national. Ici aussi on voudrait voir frémir un vent nouveau, il se fait attendre, sans qu'aucun début de solution ne nous parvienne.

By Grégory H.

Commentaires
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Kowalski 17-09-2010 11:59:26

Si l'on situe la fin de cette période dite prospère à 1973, nous pouvons émettre l'idée que nous serons bientôt à notre quatrième décennie de crise, une crise qui a connu des pics et des creux, et qui n'a jamais été aussi forte que ces dernières années et particulièrement dans l'instant présent.


Bon article vraiment !

J'y pense souvent en me disant que ma génération (ceux nés après 70 en gros) a toujours vécu avec ça, l'épée de Damoclès, la crise inéluctable, le message qui va avec : "tais toi si tu veux garder ta place à l'usine"

Une génération qui fantasme sur l'avant, sur une époque où l'on était pas forcément angoissé face à l'idée de perdre son travail car on en retrouvait un facilement. Une génération qui accepte tout car elle est sans cesse dans l'insécurité sociale.

Je n'en sais pas grand chose mais je me dis que cette crise est sûrement une invention de l'esprit, une mise en scène instrumentalisée par le monde de l'argent pour asservir le peuple et l'obliger sans cesse à penser que chaque décision rétrograde est inéluctable et qu'il faut accepter la perte de repères, le manque d'argent, la fébrilité des marchés, la corruption généralisée car c'est la seule issue, la seule façon de préserver ce qui reste.

Les gens de gauche sont perdus oui... Car la gauche fait rêver. Mais le peuple a tellement intégré l'idée que l'évolution sera une souffrance que le rêve apparaît traître et mensonger.

On se dit qu'aucune action positive ne peut germer chez les socialistes sans que l'on doute de sa faisabilité.

De fait, même si tout le monde manifeste son mécontentement, personne ne croit par exemple que l'on va garder l'age de la retraite à 60 ans... Pire ! Si Aubry dit qu'elle reviendra sur les décisions de la droite elle en perd sa crédibilité...

On vit dans un monde régressif... Le plus dur je crois c'est que tout le monde l'a accepté... La perte des libertés, l’augmentation du chômage, le manque de crédibilité politique des dirigeants, la disparition des syndicats, l'individualisme forcené même chez les plus démunis... Personne n'aurait accepté ça avant... Aujourd'hui on dit "ouais, c'est comme ça de toute façon !"

Une époque de la désolation où il n'y aura jamais eu de parenthèses enchantée. Une époque médiocre avec des cafards pour diriger...
Spleen sans idéal 18-09-2010 15:32:08

Tout le monde ne l'a pas accepté( dieu merci !!!! )
Personnellement ( et ce n'est que mon avis strictement personnel ) , tout cela est du à la disparition de l'URSS . Je m'explique. Le vrai problème n'est pas la crise. Le vrai problème, c'est qu'actuellement, et c'est la premiere fois depuis 150 ans, on a aucun moyen de pression sur l'économie de marché. Il y a 20 ans, excepté aux USA et en angleterre , quand un pays tirait trop sur la corde et faisait n'importe quoi, rapidement, l'idée d'une " revolution rouge" pointait le bout de son nez , et ca servait de garde-fou. L'ombre menacente du communisme pesait sur la nuque des dirigeants, les forçant à " garder le peuple heureux", en gros, afin que le taux de mecontentement ne fasse sauter le régime.
Ca, c'était il y a 20 ans.
Maintenant, avec le dollar -roi et le capitalisme conquérant, tout le monde s'en fout. Quelle alternative on aurait si réellement on voulait changer les choses ? Rien . Tout simplement .
Ce n'est pas que la gauche est morte. Ni meme qu'elle ait besoin de nouvelles idées ou de se réinventer. On a juste besoin de se réapprendre à réver.
Le capitalisme sauvage a dévellopé dans l'inconscient collectif un égoisme forcené lié au consummerisme. C'est stupide, bien sur. Et plein de gens s'en rendent compte. Mais comme toujours, on a pas d'alternative.
Ce qu'il faut, ce n'est pas un renouvellement politique. C'est un renouvellement social. Que les gens arretent de maugréer et qu'ils se bougent. Le "peuple de gauche " existe. Et je le vois souvent. Ce sont les gens qui choisissent de faire du benevolat moche pour aider des gens. Ceux qui prennent le temps d'écouter et d'aider, meme quand ils n'en ont à priori pas le temps. Ceux qui font les chsoes en ne pensant pas qu'à eux meme, à leurs vies, leurs voitures, leuurs vacances, leurs psp et leurs kinder.
Pour moi, la gauche, c'est une idée plus qu'une idéologie. C'est choisir de connaitre l'autre.
Mias pour ca, il faudrait faire exploser les émissions de réalité.
En gros, on est revenu à l'époque des césars , mais en mieux . Fini " des pains et du jeu", bienvenue à " de la bierre et la télé "
Le monde changera quand les gens arreteront de s'offusquer pour réapprendre à s'indigner
YoosF 18-09-2010 15:49:20

J'ai rien compris.

D'ailleurs : http://bit.ly/aKgFYw
YoosF 18-09-2010 15:49:54

(Ceci était évidemment une réponse à Spleen, pardon)
Kowalski 19-09-2010 13:26:33

Le monde changera quand les gens arreteront de s'offusquer pour réapprendre à s'indigner

Assez d'accord Spleen... Et en même temps assez peu optimiste sur ce point...

Qui osera chanter : DSK, sort nous du consumérisme et fait nous rêver !
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Auteur de cette article : Grégory H.