L'assaut
Mardi, 15 Mars 2011 00:00
Kowalski

Décembre 1994, quatre terroristes du Groupe islamique armé prennent en otage le vol 8969 Air France sur le tarmac d'Alger. Les terroristes revendiquent la libération de leurs camarades d'armes et exigent le décollage immédiat de l'avion. Après l'exécution de 3 passagers et de longues négociations diplomatiques entres les gouvernements français et algériens, l'avion quitte Alger et atterrit à l'aéroport de Marseille-Provence.
La fiction commence là et se voit découpée en trois scénarios. 1. la vie à l'intérieur de l'avion qui se résume à trois plans puisque le réalisateur, Julien Leclercq, semble se ficher éperdument de ce qui s'y passe. 2. le GIGN avec un Vincent Elbaz, lourdaud, posture héroïque à l'américaine, entre Bruce Willis et Fernandel. 3. Les pauvres manœuvres politiciennes en coulisses des autorités françaises.
C'est cette représentation démultipliée des points de vue humains qui fait la force du film et sûrement sa faiblesse... Merveilleux quand il se refuse toute psychologie de base pour privilégier un suspens qui finit par prendre au milieu du film lorsque l'avion décolle d'Alger, laissant sur place les débats psychologiques et moraux pour s'envoler vers des considérations purement opératives. Pathétique lorsqu'il hésite entre réalisme documentaire et fiction franchouillarde, entre Julie Lescaut et Navarro, pauvre microcosme désappointé de la fiction télévisuelle gauloise avec ses couleurs délavées et son odeur de sapin.
Bref, un film français comme on en voit des dizaines par an... Et pourtant, celui-ci pose une autre question, une question que l'on ne doit surtout pas éluder... Pourquoi faire un film sur des terroristes islamistes aujourd'hui ? Pourquoi faire un film sur des chacals barbus tirant sur d'innocents fonctionnaires de la République ? Quel éclairage nouveau veut-on apporter sur les faits relatés ? Quelle vision veut-on nous en offrir en 2011 ?
La réponse à cette question se trouvera certainement dans le prochain sondage Harris UMP/FN car, comment voir dans ce film autre chose qu'une stratégie ignominieuse pour accompagner le lancement de la nouvelle offensive gouvernementale contre les bougnoules, ceux dont on insulte la culture à longueur d'articles, ceux que l'on ne filme qu'avec des bagnoles en feu en arrière plan, ceux que l'on voudrait renvoyer dans leurs pays en guerre sur des bateaux dynamités. Bienvenue sur la compagnie Trans-méditerranée Chantal Brunel !
En définitive, l'assaut est un film sur la laïcité tel que Sarkozy la conçoit : une galéjade clownesque pour nous vendre du ressentiment raciste et focaliser les discours présidentiels à venir sur la haine et la dissolution sociétale qui en découle... Oui, définitivement, ce film est une honte pour la république.
On ne négocie pas avec les terroristes disait on ? On négocie bien avec la bouffonnerie généralisée semble-t-il...
Kowalski
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