
Voilà c'est donc mon premier billet sur Voldemag... ça sera un peu politique et en même temps c'est un peu social. C'est surtout un coup de gueule... et sur un sujet difficile.
Je ne sais pas si vous avez eu la "malchance" de vivre dans une société où les femmes portent un foulard... étant d'origine marocaine avec une de mes tantes ayant fait le pèlerinage à la Mecque, j'ai grandi à côté de femmes qui sans avoir d'hommes dans leur vie avaient un foulard. Je ne vais pas essayer de vous expliquer ce qu'est la foli d'une je suis athée et d'autres part c'est un truc trop personnel pour jamais pouvoir expliquer cela à qui que ce soit.
Bref, avoir un foulard n'a jamais été pour moi une question de pression masculine. La burqa... Oui, certes, là, on a du mal à voir autre chose qu'un geste politique vu que tout le monde le connaît par ce que nous disent les médias sur les talibans. J'ai ici l'image de ces femmes aldutérines dans le stade de Kaboul. Image horrible. C'était de ces femmes journalistes à l'immense courage qui s'étaient infiltrées au risque de leur vie dans cette société pour nous ramener ces images.
Maintenant on nous dit que cette société va envahir la France ? Les Talibans sont à nos portes... non pire ! Il seraient déjà dans notre société... Il va donc falloir une loi ; une de ces lois qui par sa rapidité à être mis en place et la réflexion avec laquelle elle est bâtie fera ce que l'Afghanistan n'a pas réussi... Deux pays tellement similaires la France et l'Afghanistan... non mais franchement !
On va mettre autour d'une table de jardin dans un camping à deux balles des cranes d'oeufs qui vont décider que en fait ben tout cela n'a pas de sens et qu'il est urgent de ne pas statuer... et voilà ça sera terminé et tout cela pour rien... Et pourtant on aura parlé de la violence faite aux femmes...
Attendez, ce n'est pas fini : le Président de la République, issu d'une tradition républicaine construite année après année depuis le siècle des Lumières vient nous dire devant une assemblée toute apprêtée pour l'occasion que :
La burqa, "signe d’asservissement" de la femme, n’était "pas la bienvenue" en France.
Signe d'asservissement ou avant-garde des talibans, la burqa est donc la seule chose dont les femmes en France ont à avoir peur aujourd'hui...
Et ces femmes qui, sans burqa, tous les trois jours tombent sous les coups des violences conjugales ? Ah me dites pas que ce n'est pas la même chose ou alors c'est que cette proposition est raciste et islamophobe. Restons calme et voyons tout cela sous l'angle républicain...
Si une femme est asservie au port de la burqa, c'est qu'elle doit avoir peur pour sa vie. Il s'agit donc de se donner les moyens de lutter contre cela... et qu'a t-on fait pour améliorer le statut de la femme ? Pour moi, rien... Aujourd'hui un coup de fil pour violence conjugale ne permet l'intervention de la police que près de dix minutes après le coup de fil au 17 dans le meilleur des cas... Que reste-t-il à une femme qui, battue par son mari, se retrouve dans ces cas en face de la police ? Une solution de logement immédiate et digne ? La certitude que l'homme qui a partagé sa vie jusque là ne tentera plus rien ? Sachant que la cause est vaine et qu'un passage à l'acte a plus de 90 % de chances d'être reproduit et cela augmente avec le temps... Comment aujourd'hui se retrouver devant une "conseillère" sans se dire que la cause est perdue... parce que le doute pèse sur cette femme alors que le doute devrait peser sur nos institutions incapables de stopper ce fléau :
Géraldine, femme battue, témoigne : "Il serait plus constructif de simplifier la procédure de dépôt de plainte pour violence conjugale. Car quand on vient porter plainte dans un commissariat, on se retrouve à raconter son histoire à côté de trois autres femmes battues et en face d'un policier qui ne te croit pas. Alors que t'as le nez en sang et des hématomes et que tu trembles. De peur, de douleur... Le policier qui, lorsque la femme hésite dans la chronologie des événements, se voit faire dire : " si vous êtes pas capable de raconter les choses dans l'ordre, c'est que peut-être, vous mentez !" et puis la suite des événements après le dépôt de plainte vous est raconté par le policier, il y aura une enquête familiale qui se déclenche et dix jours plus tard une confrontation avec le bourreau - dixit Géraldine - avec ce type qui t'as battue et qui t'as frappé la tête contre les murs... Moi je dis non je ne veux plus me retrouver à côté de ce mec... tu peux pas, tu peux pas... Bref il faut simplifier la plainte conjugale, pas de confrontations, et comment faire pour trouver un logement ? Moi dans mon malheur j'avais de la chance, c'était mon appart, lorsque que tu viens de te faire taper sur la gueule tu as perdu toute humanité on te traite encore comme un numéro..."
Et on vient nous parler du problème de la dignité des femmes en France alors que toute une chaîne institutionnelle n'est pas prête à considérer la dignité de femmes qui ne portent pas la Burqa. Bref tout cela est du vent politicien qui draine au fond des valeurs mysogines. Ne se cachant presque plus sous un voile pudique d'une histoire féministe inepte, le retard aberrant de la société française en matière de défense de la femme est indécent.
Elle a des propositions, Géraldine : Audition individuelle de la femme qui porte plainte. Le calendrier est très important, faut-il déclencher immédiatement une enquête ou d'abord protéger ? Comment se fait-il que la victime doive aller elle-même faire constater les coups et blessures ? Est-ce la majorité des femmes qui font un faux témoignage pour mettre systématiquement en doute les paroles des victimes ?
Et si on veut protéger les femmes on pourrait commencer par simplifier le dépôt de plaintes pour violence conjugale. ça ce serait vraiment utilie conclut elle.
By Fredérick 2 BARO
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