L'écologisme est un humanisme
Vendredi, 02 Avril 2010 10:49
ArAgorrn
Il faut se rendre à l'évidence, la poussée écologique des dernières présidentielles, surtout portée par notre opportuniste président, a vécu. Le sommet de Copenhague a été un échec, le grenelle de l'environnement a été enfoui sous la bouse du salon de l'agriculture, Nicolas Hulot a enfin pris conscience de la manière dont les politiques voient le mouvement écologiste : un simple réservoir de voix dont on se sert quand on en a besoin. L'Europe autorise la pomme de terre OGM de chez BASF, Arcellor Mittal détient suffisamment de crédit carbone pour tous nous enfumer et la Russie devient notre poubelle nucléaire. Tout cela alors que les lobbyistes climato-sceptiques reviennent en force, à coup de Climategate et d'interview de M. Allegre. Ces « sceptiques » se trompent de cible. Les écologistes gardent encore, dans certaines franges de la société, l'image de sauveurs des animaux de la SPA ou de bobos hippies adeptes d'un retour en arrière complet. Cela a permis de décrédibiliser le discours et surtout de détourner le débat du vrai enjeu : la valeur de l'humanité.
Car il y a une évidence que la plupart des écologistes ont bien intégrée. La défense de la terre et de ce qu'elle nous prodigue naturellement, n'est pas faite pour sauver les animaux. Ni même pour sauver la biodiversité ou la beauté de mère nature. Quel que soit le cataclysme que nous serions susceptibles de lui faire endurer, la nature s'en relèvera. La vie est apparue dans des conditions extrêmes dans laquelle aucun mammifère existant actuellement n'aurait pu survivre. Elle a continué à prospérer après l'anéantissement quasi instantané (à l'échelle de la terre) de l'espèce dominante que constituaient les dinosaures. Et, il ne faut pas se leurrer, aussi froidement qu'un patron qui licencie ses employés, la terre n'hésitera pas à se « séparer » de l'espèce humaine si cela est nécessaire. Ce ne serait pas la première fois. Et ce n'est peut-être pas la dernière. Nous sommes tous, en tant qu'êtres humains, embarqués dans un vaisseau. Comme nous sommes les seuls à en avoir conscience, nous sommes les seuls à pouvoir changer notre mode de vie afin de nous préserver.
D'un point de vue plus pragmatique, je me dis : pourquoi ne raisonne-t-on pas tout simplement en termes de risques et bénéfices comme savent si bien le faire les chantres du capitalisme ?
Regardons les faits froidement : Si nous ne faisons rien que va-t-il se passer ? Les conditions de vie de toutes les populations vont se dégrader, l'accès à la nourriture va être plus difficile, des tensions vont apparaître, l'économie va (de nouveau) s'effondrer et nous risquons tous de sombrer dans une période d'obscurantisme duquel il sera difficile de sortir. Dans le pire des cas, nous risquons même une disparition pure et simple de ce qui constituait l'humanité. Évidemment ce n'est qu'un risque, nous n'en sommes pas sûrs.
Imaginons maintenant que l'humanité et en particulier le politique prennent enfin à bras le corps le problème et décident des mesures exemplaires contre la pollution. Si les chercheurs ont raison, nous éviterons une catastrophe majeure. Si les chercheurs ont tort, nous aurons au moins amélioré la qualité de vie pour tous. Car il est clair aujourd'hui que les rejets polluants dans la nature ont un impact sur notre qualité de vie et celle de nos enfants. Leur réduction et la mise en place d'une société plus respectueuse de la nature et de la condition humaine ne peuvent être que profitable.
Ce qui est le plus rageant, c'est que les solutions sont là, entre nos mains. Les mesures économiques, politiques et environnementales à prendre pour mettre cela sur pied sont déjà bien connues. En témoignent des groupes d'études qui se sont créé autour des idées d'Al Gore, Noam Chomsky, Paul Jorion, Joseph Stiglitz, Eva Joly et tant d'autres ...
Évidemment, tout cela a un coût, que l'économie capitaliste actuelle ne semble pas vouloir prendre en charge. Le profit passe avant l'humanité ? Quel est donc le prix d'une bonne qualité de vie ? Combien vaut la vie humaine ?
La chose qui me terrifie le plus, c'est que nous ne serons probablement pas là pour voir l'ampleur des dégâts. Je redoute le jour ou notre génération sera sommée de s'expliquer devant les générations suivantes. Et la question que je redoute le plus sera « Pourquoi ? ». De quel droit, et dans quel but, les castes dirigeantes sont-elles en train d'hypothéquer un avenir qui ne leur appartient pas ?
Les solutions existent, elles demandent juste un peu de courage et d'humilité.

By ArAgorrn
Sources :
Perles de Claude Allègre sur Bakchich
Les nababs du carbone sur Bakchich
Blog de paul jorion
Nos enfants nous accuseront
Greenpeace sur la commission Barroso
Greenpeace sur les déchets nucléaires
France info : Sarkozy - l'environnement ça commence à bien faire !
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