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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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L'écologisme est un humanisme

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Il faut se rendre à l'évidence, la poussée écologique des dernières présidentielles, surtout portée par notre opportuniste président, a vécu. Le sommet de Copenhague a été un échec, le grenelle de l'environnement a été enfoui sous la bouse du salon de l'agriculture, Nicolas Hulot a enfin pris conscience de la manière dont les politiques voient le mouvement écologiste : un simple réservoir de voix dont on se sert quand on en a besoin. L'Europe autorise la pomme de terre OGM de chez BASF, Arcellor Mittal détient suffisamment de crédit carbone pour tous nous enfumer et la Russie devient notre poubelle nucléaire. Tout cela alors que les lobbyistes climato-sceptiques reviennent en force, à coup de Climategate et d'interview de M. Allegre. Ces « sceptiques » se trompent de cible. Les écologistes gardent encore, dans certaines franges de la société, l'image de sauveurs des animaux de la SPA ou de bobos hippies adeptes d'un retour en arrière complet. Cela a permis de décrédibiliser le discours et surtout de détourner le débat du vrai enjeu : la valeur de l'humanité.

Car il y a une évidence que la plupart des écologistes ont bien intégrée. La défense de la terre et de ce qu'elle nous prodigue naturellement, n'est pas faite pour sauver les animaux. Ni même pour sauver la biodiversité ou la beauté de mère nature. Quel que soit le cataclysme que nous serions susceptibles de lui faire endurer, la nature s'en relèvera. La vie est apparue dans des conditions extrêmes dans laquelle aucun mammifère existant actuellement n'aurait pu survivre. Elle a continué à prospérer après l'anéantissement quasi instantané (à l'échelle de la terre) de l'espèce dominante que constituaient les dinosaures. Et, il ne faut pas se leurrer, aussi froidement qu'un patron qui licencie ses employés, la terre n'hésitera pas à se « séparer » de l'espèce humaine si cela est nécessaire. Ce ne serait pas la première fois. Et ce n'est peut-être pas la dernière. Nous sommes tous, en tant qu'êtres humains, embarqués dans un vaisseau. Comme nous sommes les seuls à en avoir conscience, nous sommes les seuls à pouvoir changer notre mode de vie afin de nous préserver.

D'un point de vue plus pragmatique, je me dis : pourquoi ne raisonne-t-on pas tout simplement en termes de risques et bénéfices comme savent si bien le faire les chantres du capitalisme ?

Regardons les faits froidement : Si nous ne faisons rien que va-t-il se passer ? Les conditions de vie de toutes les populations vont se dégrader, l'accès à la nourriture va être plus difficile, des tensions vont apparaître, l'économie va (de nouveau) s'effondrer et nous risquons tous de sombrer dans une période d'obscurantisme duquel il sera difficile de sortir. Dans le pire des cas, nous risquons même une disparition pure et simple de ce qui constituait l'humanité. Évidemment ce n'est qu'un risque, nous n'en sommes pas sûrs.

Imaginons maintenant que l'humanité et en particulier le politique prennent enfin à bras le corps le problème et décident des mesures exemplaires contre la pollution. Si les chercheurs ont raison, nous éviterons une catastrophe majeure. Si les chercheurs ont tort, nous aurons au moins amélioré la qualité de vie pour tous. Car il est clair aujourd'hui que les rejets polluants dans la nature ont un impact sur notre qualité de vie et celle de nos enfants. Leur réduction et la mise en place d'une société plus respectueuse de la nature et de la condition humaine ne peuvent être que profitable.

Ce qui est le plus rageant, c'est que les solutions sont là, entre nos mains. Les mesures économiques, politiques et environnementales à prendre pour mettre cela sur pied sont déjà bien connues. En témoignent des groupes d'études qui se sont créé autour des idées d'Al Gore, Noam Chomsky, Paul Jorion, Joseph Stiglitz, Eva Joly et tant d'autres ...

Évidemment, tout cela a un coût, que l'économie capitaliste actuelle ne semble pas vouloir prendre en charge. Le profit passe avant l'humanité ? Quel est donc le prix d'une bonne qualité de vie ? Combien vaut la vie humaine ?

La chose qui me terrifie le plus, c'est que nous ne serons probablement pas là pour voir l'ampleur des dégâts. Je redoute le jour ou notre génération sera sommée de s'expliquer devant les générations suivantes. Et la question que je redoute le plus sera « Pourquoi ? ». De quel droit, et dans quel but, les castes dirigeantes sont-elles en train d'hypothéquer un avenir qui ne leur appartient pas ?

Les solutions existent, elles demandent juste un peu de courage et d'humilité.

 


 

 

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By ArAgorrn

Sources :

Perles de Claude Allègre sur Bakchich

Les nababs du carbone sur Bakchich

Blog de paul jorion

Nos enfants nous accuseront

Greenpeace sur la commission Barroso

Greenpeace sur les déchets nucléaires

France info : Sarkozy - l'environnement ça commence à bien faire !

 

Commentaires
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Sam_02 02-04-2010 15:11:59

oui c'est sûr, chaque problème a une solution. mais comment faire face à une population (mondiale) toujours grandissante ?! ouhlala désolé, ça fait vraiment question de partiels
Le problème n'est pas forcément dans la croissanc
aragorrn 02-04-2010 15:32:06

Contrairement à ce qu'on pensait il y a quelques années, la population mondiale ne va pas augmenter indéfiniment. On pense qu'elle devrait se stabiliser aux alentours de 11 milliards d'êtres humains. Les sociétés occidentales, qui ont déjà effectué leur transition démographique, sont aujourd'hui même plutôt en déclin de population.
On pense par ailleurs qu'une fois que les pays en voie de développement auront atteint un niveau de vie suffisant, leur transition démographique va s'amorcer.
Evidemment, ça fera quand même beaucoup de bouches à nourrir, mais le problème majeur n'est pas la surpopulation. Quand on voit que les américains ont besoin de 4.5 terres pour vivre là où certains africains en consomme à peine 1/2 le problème majeur de l'écologie aujoud'hui est probablement une remise en cause de la société de consommation et une reflexion sur circulation plus intelligente de marchandises (quand on voit que certains produit font plusieurs aller-retours France-Chine afin d'optimiser le cout de main d'oeuvre ...)
Kowalski 02-04-2010 16:08:46

C'est bien ce qui m'horrifie dans l'écologie, cette idée qu'au fond le problème c'est finalement l'homme et son développement maladif sur les continents. Un développement qui va à l'encontre de la nature...

Et puis pour moi l'écologie a quelque chose de doctrinal qui m'effraie, je ne sais pas pourquoi... Sûrement parce que c'est une invention de la droite pour affaiblir la gauche...
ArAgorrn 02-04-2010 16:24:59

Je ne pense pas que l'homme soit vraiment un "parasite" comme il est présenté dans Matrix par exemple.
Je pense juste que nous sommes à un tournant dans l'histoire de l'espèce. De la même façon que les hominidés sont passés de la chasse et de la cueillette (qui est un système de prédation) à l'élevage (qui est une tentative de symbiose contrôlée avec la nature), nous devons passer d'une société basée sur le pillage des ressources naturelles et humaines à une société plus équilibrée basée sur la conscience de l'appartenance à un groupe interdépendant vivant en équilibre avec le milieu naturel.
Les avancées technologiques et sociétales sont suffisantes maintenant pour nous permettre de mettre en oeuvre ce mode de vie (je pense aux énergies alternatives, aux AMAP, aux smart Grids, à la voiture éléctrique, ...).
Ce système ne s'impose pas car il risque de mettre à genou tout un pan de la société habitué à un style de vie basé sur le gaspillage et l'accumulation sans limite de fausses ressources financières.
Kowalski 02-04-2010 19:18:41

Bonsoir ArAgorn,

Encore une fois, rien contre tes propos que je trouve louable mais je reste sur ma position.

Chaque espèce dominante a toujours évolué jusqu'à une forme de saturation sanctionnée de fait par sa disparition inéluctable. ce qui est finalement bien puisque cela permet à d'autres espèces de se développer. Les dinosaures régnaient il y a environ 65 millions d'années sur notre planète et puis ils ont disparu suite au crash d'une météorite en Amérique du sud ce qui a permis aux mammifères de se développer. Doit on se lamenter de ce changement ?

De plus, la consommation est basée sur une croissance. Cela signifie que plus les années passent et plus on consomme ! Je n'imagine absolument pas un retour en arrière. Encore une fois cela ne s'est jamais produit et cela ne se produira jamais.

L'écologie est une insulte lancée par l'homme riche à l'homme pauvre. L'homme riche dit "vous, pauvres pays émergeant, vous salissez la planète avec vos usines pourries, vos voitures polluantes, vos usines dégueulasses regardez chez nous, nous avons des systèmes d'isolation développés, des fleurs partout, des climatisations, des voitures sois disant propres ! Vous, petits hommes de l'orient, vous n'avez pas le droit de continuer à vous développer pour atteindre notre niveau en nous polluant comme nous, nous le faisions allègrement il y a 100 ans !".

Les espèces naissent, évoluent, disparaissent... On ne peut pas s'en réjouir mais on ne peut pas l'empêcher non plus... Demain il y aura des milliards de voitures... des milliards de télévisions... des milliards de téléphones portables... des milliards d'ordinateurs, des milliards d'ipad inutiles, des milliards de lampes à économie d'énergie à recycler... partout partout partout... Dis moi qui va se lever un matin et dire je renonce à tout cela pour le bien de la société !
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