Lettre ouverte
Mardi, 06 Avril 2010 00:00
Nadine de Blogtschild
Cher monsieur le président d'Endémolle,
Je ne peux m'empêcher de réagir bien qu'une femme digne de ce nom devrait en toutes circonstances conserver une attitude modeste et convenable, et s'abstenir de hausser le ton...(laissons ça aux poissonières et aux femmes de petite vertu). Mais des circonstances exceptionnelles et particulières me forcent à vous écrire, afin de vous faire part de mon indignation...
Alors que je prenais tranquillement le thé avec mes amies, devisant de l'une ou l'autre futilités (car les choses politiques, sportives, et intellectuelles au sens général doivent rester conversations masculines, cela va sans dire), l'une de celles-ci, très au fait des actualités m'apprend que nous n'aurons plus le plaisir de saluer et d'applaudir délicatement, de deux doigts, (une femme du monde n'est pas un supporter de rugby aviné, ses paumes ne se rencontrent jamais, sauf à la messe, bien évidemment) notre chère madame de Fontenay. La belle dame de Fontenay que vous traitez avec aussi peu de ménagement qu'un tubercule.
Comment se fait-ce alors que cette miss élégance a porté ce concours de beauté aux plus hauts sommets du raffinement, mettant en exergue ce qui compte le plus chez une fille, à savoir sa beauté et des atours féminins modestement mis en valeur ?
Il est bien là le drame. Ces jeunes filles qui portaient fièrement l'étendard de la fierté nationale, saluée par les présidents successifs et hommes de qualités comme il se doit ne font plus guère recette.
On voudrait maintenant qu'outre un joli sourire et quelques paroles gentilles, elles fussent dans l'air du temps ? Cet air du temps qui fait de nos chères petites des capitaines d'armée, des pompiers, des cheffes d'entreprise. Et pourquoi pas des présidentes de la république tant qu'on y est ? Qu'elles soient intelligentes ? La seule intelligence de la femme devrait être de se trouver un mari riche. Et si possible à son goût. C'est ainsi qu'elle s'assurera d'une vie confortable. On pervertit nos jeunes filles avec les concepts de bonheur, et de liberté, alors qu'elles devraient simplement aspirer à être comme moi, gracieuse et papillonnante, rendant la vie légère à mon entourage car mes préoccupations ne sont que futiles. Tout l'art de la femme est là. En construisant sa vie de futilités, elle est aux yeux des hommes cet être délicat et charmant qu'ils auront plaisir à cajoler. Puis à épouser.
On les dénude, passant du très convenable maillot à des tenues affriolantes dignes d'effeuilleuses des mauvais quartier. Les mélodies qui accompagnaient les charmants ballets muets tout de grâce qu'elles dessinaient sont maintenant dévoyés, presque sexuellement explicites, accompagnés de tonnerres de décibels dysharmoniques. Il n'est point étonnant que ces jeunes filles perdues, rendues sourdes par ces musiques de sauvages, perdent la tête et le sens commun, au point de se dénuder en présence de photographes (QUI NE SERONT JAMAIS LEURS MARIS, C'EST EVIDENT).
Je propose donc, si vous possédez encore un peu d'honneur, et de sens moral, de réhabiliter immédiatemment Madame de Fontenay. De lui rendre ses fonctions, et mieux encore, d'ajouter quelques agréments à ce concours de la beauté qu'on nous envie tant.
A mon sens, une épreuve de couture ne méssiérait point. Ainsi qu'une épreuve de cuisine, autrement plus utiles que les questionnaires géopolitiques qu'on leur impose. Imaginez quel charmant spectacle, digne d'une France qui relève la tête, qu'une vingtaine de jeunes filles pratiquant le macramé à une heure de grande écoute ?
Madame de Fontenay sait ce que devrait être une femme, et comment elle doit se comporter. Nous devrions prendre exemple sur cette femme admirable, au lieu de sacrifier aux idoles versatiles et aux mauvais exemples donnés à la jeunesse.
Pour une France qui se porte mieux, Miss France doit rester ce qu'elle a toujours été. A l'image des ses régions et de ses spécialités, dont une si chère à mon coeur, la Lorraine.
Belle, et muette.
D'ailleurs, peut être serait ce une idée à creuser, ne recruter que des candidates ne pouvant s'exprimer oralement. Voilà qui simplifierait singulièrement les choses, et redorerait le blason de l'image de la femme respectable.
D'avance je vous remercie d'avoir prêté attention à mes quelques mots, et espère que vous reviendrez à la raison, sachant où se trouve votre intérêt.
Bien à vous,
Nadine de Blogtshild

By Nadine de Blogtshild
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