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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Notes de dessous mon souffle

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De quelle manière respire-t-on quand on est contre quelqu'un que l'on désire ?
On a ce truc au fond du ventre, qui ressort, brûlant, de dessous son souffle.

C'est ça que tu sens sur ta peau quand l'autre t'approche.
C'est ce souffle souterrain que tu avales, goulûment, et auquel tu te suspends désespérément, le temps que dure l'étreinte. Puis tu vas mourir, de l'autre côté du lit.
Et c'est ce souffle qui reviendra, plus tard peut-être, contre ta peau.
crédit photo : quinn.anya

On ne sait rien puisque le cerveau se vide devant le désir. On est tous un peu comme des enfants et on réapprend sans arrêt. Ne serait-ce que le corps de l'autre. Et tout est toujours, quelque part, une première fois.

C'est le seul grand apprentissage dont on tire rarement des leçons, puisque tout est sans cesse à refaire.
Et quel que soit le corps.

J'ai peut-être, au final, cette chance, d'avoir pu étreindre des filles comme des garçons. Je pensais pas que je dirais ça un jour mais je le pense aujourd'hui.

C'est une chance, parce si c'est le même souffle, la même brûlure et la même hâte, c'est très différent. Ce n'est pas la même morphologie, bien sûr, mais ce n'est pas non plus les mêmes temps, les mêmes parcours. Ce n'est peut-être pas tout à fait la même manière de regarder l'autre. On ne peut pas comparer, et ce billet ne prétend aucunement être un exercice de comparaison. C'est juste deux manières différentes d'aimer l'autre. Je voulais juste écrire combien je me sens riche de les avoir connues.

Je veux juste dire que c'est beau pareil. Que c'est le même amour à la base, la même joie, le même souffle, la même hâte. La même fébrilité quand on cherche le corps de l'autre, qu'on aspire l'air comme pour avaler une distance déjà minime, quand on tâtonne, quand on brûle. C'est pareil, tout ça.
Je suis heureuse d'en avoir connu autant de déclinaisons.

Bizarrement, je crois que depuis que je suis bi, je suis encore plus férocement attachée à la lutte contre l'homophobie, parce que je comprends encore moins où est le problème. Et pourtant, j'étais pas partie pour aimer ça, les hommes. Quand ce garçon est arrivé dans ma vie, je menais une sexualité de lesbienne plutôt épanouie. Je faisais partie de ces filles auxquelles les garçons ne manquaient pas. Et puis paf.

Hé ben j'ai beau faire des efforts, je ne vois pas en quoi il est moins "naturel" d'aimer les femmes que les hommes. Pourquoi devrais-je faire de distingo ? Pourquoi devrait-on en faire ? Je me retourne toujours sur les jolies filles dans la rue. Je les trouve toujours terriblement attirantes et j'aimerai encore des femmes. Juste, j'aime des garçons aussi. Et ils sont tout aussi troublants et désirables. C'est la seule chose que ça change. C'est seulement, d'un côté, des femmes, de l'autre, des hommes. Mais la loi du désir est la même pour les deux. L'amour est là quoi qu'il arrive.

C'est la même brûlure dessous mon souffle.

00-signature-2011
Quota Atypique
Commentaires
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Sonia 20-09-2011 10:32:04

Je n'aime pas trop utiliser le mot tolérance (parce que je crois qu'il faut fondamentalement respecter tout individu quel qu'il soit), mais sur ce texte ci, je n'en trouve pas de meilleur...
milllie 20-09-2011 14:18:41

Merci Quota pour ce billet qui donne envie d'Aimer
lio 21-09-2011 11:58:30

C'est poétiquement dit :
Les bras d'une femme ou d'un homme sont des bras ou l'on a terriblement envie de se lover, de provoquer et retrouver les brasiers du désir si joliment raconté.

Quand il y a désir et rencontre, peu importe le reste du monde ce qui compte c'est cette bulle de champagne qu'est l'intime.
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Auteur de cette article : Quota Atypique

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