VOLDEMAG

S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

voldemag

One is NOT worse than two.

Envoyer Imprimer PDF

Rahlala, ce Zemmour, qu'est ce qu'on ferait pas sans lui. Vous séchez sur une idée d'article ? Suffit juste de regarder « On est pas couché » et c'est reparti.

Alors, cette semaine, on a quoi ? En gros réac qu'il est, pour lui, les familles déstructurées ne sont pas des familles, et seule la famille patriarcale a une importance concrète et réelle. Et il ajoute que l'absence de structure est ce qui a mené au libéralisme actuel.

En gros : « Si jamais votre mari vous plaque ou meurt alors que vous avez deux gamins en bas âge, mettez vos gamins à la DASS !!! ».

Ce n'est pas vraiment la première fois que je lis des conner...... des arguments fallacieux similaires. Ça ressort dans bien des débats : l'adoption, le mariage homosexuel, l'insémination artificielle, le divorce, la polygamie, etc etc etc etc etc !!!!

Si on en croit les psychologues, des mômes qui n'ont pas d'« image parentale stable » (à comprendre un papa et une maman) vont avoir des handicaps sociaux et psychologiques évidents durant toute leur vie.

Bon, alors, venant d'une famille monoparentale sans pater familias, je suis obligé d'être agacé par ces propos aussi stupides que clichés.

Bon, en réalité, je suis plus qu'agacé. Je suis blessé. En fait, je suis beaucoup plus meurtri que pour le coup des dealers noirs et arabes.

Je vais dire quelque chose qui va choquer pas mal de gens, mais honnêtement, l'absence d'image du mâle dominant, je m'en fous royalement, ma mère a été assez chiante pour deux. De plus, au vu de mes amis et de certaines personnes que je connais, ça ne me dérange pas, mais alors là, pas du tout. Pas une seconde. Je ne me suis pas fait ni tabassé, ni violé, ni insulté, ni expulsé, ni trompé, ni volé, ni humilié, ni escroqué. Je n'ai pas vu ma mère pleurer parce que j'avais des petits frères disséminés ou que mon pater rentrait de « week ends d'affaire » en sentant le parfum, et autres trucs du genre. Je n'ai pas une image non plus du « mâle dominant » buvant sa bière sur le canapé et rotant et pétant à heures fixes. Je n'ai pas une idée séparée des droits et des devoirs au sein d'une famille. Bref, ça ne m'a jamais gêné.

Bon, je sais, je vais à l'extrême, tous les hommes ne sont pas salauds, et je suis bien placé pour le savoir. De plus, ça arrive de plus en plus que ce soit eux qui se retrouvent avec des enfants à élever seuls. Toutefois, je trouve que ces propos ne sont pas juste des mensonges. Ce sont surtout des insultes. Parce que je pense à tous ces hommes et ces femmes qui se battent, jour après jour, seuls, pour élever leurs enfants, qui galèrent, et qui souvent souffrent de la situation. Et qui n'ont pas besoin qu'un petit con facho vienne leur dire que leurs enfants auront toujours des manques dans leurs vies. Surtout que quand on regarde, les foyers monoparentaux sont vachement à la mode. Après tout, avec 40% des mariages qui finissent en divorces, les cas d'abandon de famille ou juste de non reconnaissance d'enfants, l'engouement n'est pas prêt de s'arrêter. Alors, que doit-on dire à ces familles ? « Vous voyez Véronique Courgeau ? Bah faites pareil, investissez dans un congélateur, mais pensez à le vider de temps en temps. C'est dans les poubelles vertes. » ?

Parce que bon, faut pas se voiler la face, hein. Une famille monoparentale, y a rien de plus galère. T'as plus de vie, parce que tu dois tout gérer seul. Tu n'as plus qu'un seul salaire. Tu n'as plus de vacances, plus de loisirs, plus que des galères. C'est assez rare de tomber sur des gens qui élèvent seuls leurs gamins par choix (excepté des féministes toquées qui ont décidé d'avoir un enfant seul, histoire de ne pas finir vielle fille, sans penser au fait que c'est un être humain en devenir et pas un chihuahua). Donc généralement, tu ne choisis pas. Ça t'arrive sur le coin du bec, et tu apprends à gérer au mieux en espérant ne pas te planter. C'est déjà assez dur comme ça sans l'intervention de toute la smala réactionnaire et conservatrice de France qui s'ennuie. Argh, quand je pense à Familles de France et aux conneries qu'ils sortaient dans les années 90, sans compter les associations chrétiennes, grrrrrrrrrrrrr !!!  M'enfin bref, je m'égare.

Je ne suis bien sûr pas contre la famille dite « classique ». Je pense que c'est ce qu'il y a de mieux, si on peut l'avoir. Si si . A choisir, je pense, tant qu'à faire, le meilleur plan, c'est encore d'avoir les deux concepteurs du machin ensemble. C'est pratique, on se partage les trucs chiants et ça permet d'avoir du temps pour soi. Si si. Je vous promets. Toutefois, une image n'est qu'un fantasme imaginé par une tribu de pseudo psychos. Une famille, une vraie, ce sont des gens liés par un amour indéfectible pas forcement voulu, mais néanmoins présent. Une famille, ce sont des gens, pas forcement liés par le sang, mais par des choix de vie, en commun. J'ai vu des « familles classiques » se déchirer. Ça arrive rarement avec les familles monoparentales, d'ailleurs. Peut être parce qu'en avoir un fait se rendre compte d'à quel point c'est rare.

Je vais prendre mon cas personnel. Ma mère s'est retrouvée seule avec deux enfants à élever, dont certainement le garçon le plus compliqué de la planète (je comprendrai jamais pourquoi elle ne m'a pas collé à la DASS). Je l'ai fait chier comme c'est pas permis, et pourtant, je l'ai vu se lever tous les matins avant les poules pour aller gagner de quoi s'occuper de nous. Je l'ai vu balancer sa vie sentimentale aux orties pour s'occuper de ses enfants. Alors, honnêtement, j'emmerde Zemour. Mais vraiment. Quand à l'éducation ? Bah euh, je ne sais pas réparer une voiture, et je ne saurai probablement jamais. Mais bon,  je crois que c'est pour ça que les garagistes existent : Au moins, je suis sûr que je ne vais pas saloper le boulot. Je ne sais pas avoir de comportement paternaliste, ou de cette autorité masculine propre à mon genre. A la place, je sais faire peur (je crois que je suis la seule personne au monde à pouvoir faire reculer des gens avec une cuillère en plastique). Mais ma mère m'a appris des centaines d'autres choses. Elle m'a appris ce qu'était la fierté, le choix, l'intelligence, la culture, le pardon, le don de soi. Elle m'a appris la vraie valeur de l'argent. Et elle m'a surtout appris qu'on vit la tête haute et qu'on ne se mets à genoux pour personne. Elle m'a appris la bonté, la vraie. Elle m'a appris des centaines de trucs que je trouvais barbants à l'époque et qui me font réfléchir maintenant. Pour le reste, j'ai appris tout seul, mais avec ses idées en tête. Et je ne regrette rien, parce que je sais que si elle ne m'avait pas élevé comme elle l'a fait, je ne serais certainement pas l'homme que je suis maintenant (je serais probablement riche et snob ^^).

Je n'ai rien contre Zemmour. Il me fait rire, généralement (et pourtant, je suis noir, c'est dire si je manie le cynisme avec maestria), mais des fois, faudrait vraiment qu'il apprenne à la fermer. Juste de temps à autre.


By Spleen Sans Idéal

 

Commentaires
Ajouter un nouveau Rechercher RSS
sand 27-04-2010 08:36:49

Quelle que soit la famille que l'on a on se construit toujours sur des manques et des absences On n'est jamais vraiment comble et c'est ce qui fait de nous des êtres humains qui avancent.
L'essentiel c'est d' en être conscient.
Je vais pas taper encore sur l'autre la mais bon hein
de toutes façons je pense que les gens intelligents ne sont pas dupes.
  Manu 27-04-2010 10:30:30

Je suis bien placé pour confirmer tes propos. Je rajouterais que la figure paternelle peut se compenser par d'autres références masculines, à la carte : grand frère, oncles, cousins, amis, de même qu'une part de la figure maternelle ne répond pas à la seule mère. C'est une construction sociale traditionnelle de nos sociétés judéo-chrétienne, mais d'autres réalités sont possibles. Et c'est tant mieux, ca devrait donner de l'espoir à ceux qui se relance dans la "recomposition familiale".
corina 27-04-2010 21:59:01

Noir et issu de famille monoparentale ??!!?? ))
Tout ça donne juste envie de manier le cynisme en effet (comme pas mal d'actualité en ce moment)
je suis blanche et féministe(s) toquée(s)...mais je te rassure lesbienne (chacun-e sa différence) "qui ont décidé d'avoir un enfant seul, histoire de ne pas finir vielle fille, sans penser au fait que c'est un être humain en devenir et pas un chihuahua)"là je tique légèrement...comme tout ça est réducteur !
Ne pas tomber dans le discours de ceux qu'on dénonce 1e leçon.
Ici nous parlons de choix ou de pas choix mais de multiples façons de vivre une vie et d'élever des enfants, de tolérance donc face à l'étroitesse d'esprit du clan d'en face...
certes tout aurait été plus simple si j'avais simplement adopté un chihuahua (13 ans plus tard je peux supposer que j'en serais débarrassée, et j'aurais pu oublier de le nourrir de temps en temps ou de le sortir pour ses minuscules besoins primaires)... non j'avais déjà un chat (je laisse au masculin c'est plus sérieux) et le désir d'enfant n'avait rien à voir avec le besoin d'élever une fratrie de félins.
peut-être aurais-je du ??
venant d'une famille tout à fait bi-parentale mais si difficile à vivre j'ai pensé qu'un autre modèle était possible, si j'avais eu une amoureuse constante à l'époque nous l'aurions fait à 2 mais je l'ai élevée seule les premières années. Aucun triomphalisme, je confirme c'est très compliqué, mais mon enfance aussi était très compliquée...
certes un chihuahua ne m'aurais pas menacée, le 1er pieds dans l'adolescence de se faire émanciper à 15 ans...aurais-je eu envie d'envoyer mon chihuahua à la SPA, pardon la DASS ! à la nième crise ?? mais nous serions passées à coté de beaucoup de bonheur.
la famille décomposée c'est moi qui l'ai eu dans une maison commune!
Leçon numéro 2 : ne pas oublier ses camarades de différence... car ce qui peine le plus les enfants, c'est la stigmatisation de ses parents.
Rolanda Bibine 28-04-2010 09:53:37

je suis bien mal barrée alors !! Parents séparés et re-séparés puis à nouveau re-re séparés ... alors à mon sens, ce qui compte, c'est savoir pour un enfant qu'il est aimé. Même dans le cas où il est élevé par un parent homosexuel (mais c'est un autre débat que nous n'avons jamais ouvert d'ailleurs sur Voldemag )

Zemmour est un con mais ce qui me fait plaisir, c'est qu'il n'a plus, aujourd'hui, tellement de crédibilité tellement il a dit d'absurdités. Il s'est grillé tout seul cette andouille.
Rolanda Bibine 28-04-2010 09:55:38

"

Love and marriage, love and marriage
Go together like a horse and carriage
This I tell you brother
You can't have one without the other

Love and marriage, love and marriage
It's an institute you can't disparage
Ask the local gentry
And they will say it's elementary

Try, try, try to separate them
It's an illusion
Try, try, try, and you will only come
To this conclusion

Love and marriage"


Zan 29-04-2010 22:04:52

j'ai été touchée par ce texte tout autant que je me suis sentie insultée par zemmour.

@corina : maman-bi-célibataire, j'ai décidé d'élevé ma fille envers et contre tout. et mon monde évolue, indépendamment de ce choix ^^
Nom:
Email:
 
Titre:
Website:
BBCode:
[b] [i] [u] [url] [quote] [code] [img] 
 
:angry::0:confused::cheer:B):evil::silly::dry::lol::kiss::D:pinch:
:(:shock::X:side::):P:unsure::woohoo::huh::whistle:;):s
Saisissez le code que vous voyez.

3.26 Copyright (C) 2008 Compojoom.com / Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved."

 

Spleen sans idéal est membre de Voldemag depuis le Lundi, 15 Mars 2010.

> Voir les autres articles de cet auteur