Triste devient ce monde
Mardi, 16 Mars 2010 00:00
Spleen sans idéal
Aujourd'hui, j'étais en train d'avoir une discussion intelligente avec certains de mes amis (c'est assez rare pour être noté) et nous discutions politique (encore plus rare pour être noté) et là, on a embrayé sur l'information et sur "les journaux à lire".
Là-dessus, j'ai choqué les trois quarts de mes potes.
Voyez-vous, je ne lis que très rarement la presse pour les nouvelles. Je les lis pour les articles (surtout Marianne, le ton est cynique, je suis fan) mais je ne considère pas la presse écrite (pour ne pas dire la presse en général) comme étant fiable. Tant que les journaux seront écrits par des êtres humains, ça ne m'intéressera pas, parce que les gens sont incapables de faire preuve d'objectivité. A croire que la vérité crue sans artifice est une insulte sans nom. Je me dis que parfois, l'ouverture à l'information a été la pire chose qui existe pour ce monde.
Regarde-le. Il commence à se formater, pourrissant de l'intérieur lentement.
Il y a trente ans, les gens se tapaient énormément de désinformation. Maintenant, bah c'est juste le cas pour les choses importantes.
Non, la masse média ne veut instruire que sur les conneries, c'est marrant, ça. Quel est ce monde qui s'intéresse plus du futile que de l'important ?
De nos jours, pour voir de vraies infos, il faut se déplacer soi-même. Cachez donc ces guerres atroces ! Qui donc veut voir des boyaux arrachés à part des malades mentaux ? Non, montrez les scènes de liesses qui ont lieu après. Enfin, quand c'est nous qui avons merdés. Pour les autres, c'est le contraire. Et tout cela ne touche pas que les informations.
Même dans le quotidien le plus plat, cela se retrouve partout. Avant, les gens essayaient de se forger des opinions, de s'intéresser aux choses, même si au final on avait souvent droit à de la psychologie de comptoir. Non maintenant, il est tellement plus facile de se dire « les autres savent », plutôt que de chercher soi même. On se pose une question ? Fini de réfléchir, autant regarder sur Google, ça va plus vite qu'un livre.
Les gens ne se donnent plus la peine pour rien. De nos jours, on prend plus de temps pour regarder comment faire des coiffures hypes avec du gel que de regarder vraiment au fond des choses. Et ça me déprime.
On dirait que plus les gens ont accès aux informations, plus ils s'en foutent. Peut être que la fuite en avant est un mode de vie, après tout.
Exemple pratique :
George fait tomber un œuf.
Vu par Le Monde : Georges vient de subir un attentat inqualifiable de la part d'un pigeon (ou d'un corbeau, bien que la scène fut rapide, la teinte de l'oiseau paraissait bien sombre). Alors qu'il se préparait à ranger son bien le plus précieux, l'oiseau terroriste lui a foncé dessus, et cette malheureuse victime ne put que contempler la chute du dit œuf. Heureusement, une brigade d'intervention a été détachée pour retrouver l'assaillant et le traduire devant la justice.
Vu par L'Humanité : Aujourd'hui, suite à l'exaspération ressentie après la découverte des conditions de travail déplorables des poules pondeuse, Georges a décidé de briser son œuf sur le sol, afin de démontrer son engagement et sa nette frustration. Espérons que cet acte fort permettra de faire fléchir les choses.
Vu par Charly Hebdo : Il ne fait aucun doute que Georges n'avait que la dérision pour but par cet écrasage massif d'œufs et je ne vois pas pourquoi soudainement, l'on devrait interdire l'éclatement d'œuf sur la voie publique.
Vu par Wikipedia : L'éclatement d'œuf établi par George vient probablement d'une frustration contre les volatiles, syndrome ayant été relaté lors d'une étude de 1998 sur la grippe aviaire (voire note en bas de page).
Vu par Eco Hebdo : Il est temps que le gaspillage inqualifiable de coquilles d'œuf sur le bitume chaud cesse. A chaque " omelette fortuite " créée, un phoque meurt en Alaska.
Vu par TF1 (ou Le Figaro, ça marche aussi) : Si Nicholas Sarkozy était là, l'œuf serait encore vivant.
Vu par The Journal of Cell Biology : L'étude de cet éclat sur le trottoir a permis de révéler l'existence de bactérie bitumières aviaires très importante pour la recalcification des chauves.
Non, sérieux, faut arrêter de déconner. Quand je veux de l'info, je les lis tous, ou je n'en lis pas. Mais c'est impossible d'avoir une info fiable juste en lisant UN SEUL journal. Et y en a un peu ras le bol de la rétention d'information. Z'êtes journalistes, bordel de merde. Alors relatez et arrêtez de commenter.
by Spleen Sans Idéal
Belle lecture, merci, que ce moment v...
J'aime bien ces moments où les chose...
Toutes les semaines, je cherche un je...
Et du coup, tout à ton bonheur et ta...
Ce qui est génial avec ton écriture...
... Ce mec est un grand timide... Tou...
Vivre plus longtemps ?!? C'est pas s...
Aïe... des regrets !!! enfin c'est ...
j'avais pas de thème quand j'ai comm...
c'est bizarre parce que moi, le stage...