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Tueur de flic

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Le débat de départ était : est-ce que tuer un flic et tuer un monsieur lambda c'est pareil ?

J'ai répondu que non.

Parce que je pense réellement que symboliquement, tuer un policer et tuer un homme ce n'est pas la même chose.

Un homme c'est vous, c'est moi, c'est un flic ou un libraire, c'est l'amant de votre femme, l'adorable mamie du 5ème...

Un policier ou un gendarme ce n'est pas un homme.

Le flic représente en premier lieu l'Etat. Et plus précisément la fonction de gestion de l'ordre public dévolue à l'Etat. Alors que cette personne sera peut-être le plus aimable des parents, le défenseur de hamster le plus fervent et le propriétaire du plus beau potager de la région, quand elle porte son uniforme, elle est déshumanisée. Elle est le bras armé de Sarkozy pour certains, le garant de notre sécurité pour d'autres.

Dans un cas on tue quelqu'un du fait de sa fonction et dans l'autre on tue l'individu. Chaque fois une vie disparaît mais si on exclut les cas d'accident ou de légitime défense, on ne tue pas un policier pour les mêmes raisons qu'on tue son voisin.

Dans toute situation il y a la situation de départ et puis tous les éléments spécifiques de l'événement, qui vont faire que l'acte du délinquant va paraître moins ou plus grave. On appelle même ça les circonstances aggravantes.

 

J'ai tué.

Un être humain.

Handicapé.

Agé de 78 ans.

 

J'ai tué.

Un être humain.

Bien portant.

Agé de 30 ans.

 

Eh bien c'est malheureux à dire -parce que théoriquement la vie de n° 2 n'est pas moins importante que celle de n° 1- mais je risque plus gros dans le cas 1 que 2. Parce que ce n'est symboliquement pas la même chose.

Alors on pourra me rappeler que nous sommes tous libres et égaux en droits. Ce principe tiré de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen ne signifie pas que chaque vie ait la même valeur, il signifie qu'au regard de la loi en vigueur, chacun doive se voir appliquer les mêmes règles et de la même façon.

 

J'ai tué.

Un être humain.

Bien portant.

Agé de 30 ans.

Qui promenait son chien dans mon quartier.

 

J'ai tué.

Un être humain.

Bien portant.

Agé de 30 ans.

Qui patrouillait dans mon quartier.

 

Non, les 2 histoires ne sont pas les mêmes.

Sont-elles pour autant différentes au point que l'on doive m'expulser de mon pays, me déchoir de ma natinalité dans un cas mais pas dans l'autre ? Là n'est pas le débat.

Elles sont à mon sens objectivement différentes. Parce que tuer un policier n'a pas la même portée symbolique que tuer un passant au hasard.

Allez-y, vous pouvez me traiter de poujadiste ou de sale réac voire même de facho, même pas peur. Je suis capable d'étayer mon argumentation de façon calme et construite autour d'un perrier (avec de l'alcool dans le sang c'est plus compliqué j'avoue...) ou par courriel si le coeur vous en dit.

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by baci

Commentaires
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  Henri 20-09-2010 11:44:14

Je suis assez d'accord avec toi sur la portée symbolique et le statut dont dispose le policier, et les éventuels préjudices qu'ils peuvent subir. Parce que ce sont effectivement des agents représentant de l'État.

On ne différencie pas ou n'accorde pas pour autant plus de valeur à telle ou telle vie, il y a plutôt une forme de double-identité. À considérer la symbolique du préjudice subi en lui-même, elle varie en fonction de l'État et de la manière qu'il a de se servir de cette deuxième identité symbolique.
baci 27-09-2010 00:48:53

oui voila, exactement, double identité.
si le flic est l'amant de ma femme, je le tue pas parce que c'est un représentant de la République mais parce que je suis super énervé contre ce sale type.


  Henri 20-09-2010 11:45:09

(Mais noooooooon, je suis pas sociologue du tout.)
Sonia 20-09-2010 12:15:56

Je suis partagée et je vais dévier de ton article initial...
Une vie reste une vie. C'est indéniable.
Nous devons tous une certaine forme de respect à l'uniforme car il est garant du bon respect de l'ordre, de la loi et de notre sécurité MAIS, j'ai parfois le sentiment que cela leur donne un sentiment de toute puissance qui tend vers des comportements qui dérapent.
J'ai en mémoire un exemple tout récent et un article du journal le Figaro qui relate l'acquittement d'un gendarme pour avoir tenté d'intercepter un gitan qui tentait de s'enfuir alors qu'il était menotté et entravé. Il a donc tiré 7 fois en sa direction le touchant mortellement.
Pas une seule fois, cet article ne cite son nom, Joseph Guerdner.
Que faut-il en déduire ?
Avec mon esprit primaire, j'en déduis que le gendarme et ce qu'il représente et bien plus important que ce jeune homme stigmatisé parce que Gitan.
Sa vie à donc moins de valeur et on va jusqu'à taire son nom ?
baci 27-09-2010 00:50:57

ah mais là tu parles d'une dérive journalistique et humain, moi je me plaçais sur le plan du principe théorique.

j'ai conscience que pour une famille qui vient de vivre une tragédie, tout ceci est différent, évidemment.
Zan 20-09-2010 13:10:25

vos deux commentaires font sens.

comme henri je dirais qu'il y a une double identité.

je tue un homme.
je tue le chien de garde de l'état qui, accessoirement est un homme.

je crache sur un morceau de flanelle.
je crache sur un drapeau bleu-blanc-rouge.
baci 27-09-2010 00:51:45

ah le fameux outrage au drapeau...
  sapiens 21-09-2010 10:23:08

Je relis ta note et ne peux m'empêcher d'être d'accord avec toi. Nous devrions nous accrocher à ces symboles, c'est un peu aussi ce qu'il nous reste. Peut-être bien ce que nous devons transmettre puisque le Société et ses représentants ont tant de difficultés à le faire.
baci 27-09-2010 00:55:05

oui, je te suis sur ce point.
j'ai tendance à regretter que tout se mêle dans un grand creuset, comme pour faire une marmite de soupe dont tout les aliments mixés deviennent irreconnaissables.
certains concepts, certains principes, devraient rester importants et respectables.

sincèrement, je suis choquée que des collégiens osent refuser de saluer notre président qui vient en visite.

mais je suis encore plus choquée de penser que c'est le détenteur même de cette fonction qui l'a salie au point qu'on se permette ce style de chose.
zan aka zanflygal 27-09-2010 02:37:23

...on dit pas "méconnaissable" par hasard?
baci 27-09-2010 09:52:24

sisi mais ça sonnait pas comme je voulais
  Ma Cocotte (et alors ?) 23-09-2010 15:12:00

Ces derniers temps, à 20 h, comme avec toute la France moi aussi j'ai peur (piqué à Mickey 3D) je me suis surprise à le dire à voix haute en entendant le Président ou tout autre insister sur la lourdeur des peines devant être infligées aux tueurs de policiers.
Ça m'indignait.
"Ah bon, parce que nos vies ne valent pas autant que les leurs peut-être ????"
Puis j'ai réfléchi. Je laissais l'émotionnel prendre le dessus en moi en réagissant ainsi. Je me dis aussi que ceux ou celles qui écrivent les discours du Président, lui-même également, savent très bien manier les langages de l'émotionnel et/ou du rationnel.
Ils savent que le rationnel ne parle jamais à l'émotionnel.
S'ils présentaient les situations telles que tu la présentes, sur un mode rationnel, on ne réagirait pas sur le mode émotionnel.
S'ils disaient : "Il faut appliquer de lourdes peines aux tueurs des représentants de l'état", il y aurait déjà beaucoup moins de réactions émotionnelles indignées ou à fond d'accord oh oui rétablissons la peine de mort.
Alors pourquoi le font-ils, ces grands spécialistes de la communication ?
baci 27-09-2010 00:56:51

merci, Cocotte.

:-)

la mise à distance, le non-émotionnel qui permet de décortiquer, c'est ma spécialité. ça me joue souvent des tours mais ça m'aide parfois aussi à prendre du recul.

maintenant, les communicants ont-ils vraiment envie de rationnaliser les débats ?...
zan aka zanflygal 27-09-2010 02:40:26

oui elle est là la question qui appelle au non d'ailleurs!
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