S'envoyer en l'air, les pieds sur terre
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Je vous présente mon album doudou, la musique que j'écoute quand je veux avoir dans les oreilles la douceur d'une berceuse et la précision du mot qui va tout arranger. Les jolis notes qui font rêver à un monde meilleur dans lequel les contrariétés sont effacées puisque la musique est délicate et les voix en parfaite harmonie.
Je suis folle du mélange entre les langues incompréhensibles et les envolées lyriques. Je trouve que l'absence d'unité évidente entre les morceaux crée justement un fil incassable reliant chaque style en une rêverie un peu molle.
Ma rencontre avec Jun Miyake a été aussi rapide qu'agréable. J'aime ses morceaux. Plus qu'aux rêves, ils amènent aux voyages, au départ. Au feeling, aussi. Cette espèce de Modern-Jazz bizarre mâtiné de Bossa Nova est un pur ravissement à mes oreilles Brazilian-lovers.
C'est un hymne aux road movies, que je vais illustrer avec un roman graphique particulier qui m'a atteint au cœur. « Trop n'est pas assez », de Ulli Lust est une bande dessinée (et encore est ce le terme ?), relatant un frange de la vie d'Ulli, durant l'été 1984. A cette époque, c'est une jeune Punk autrichienne de 17 ans, en rupture avec la société et sa vie familiale. Ce qui commence comme juste une histoire de punk classique se transforme en Road Movie psychédélique, décrivant son voyage de l'Autriche jusqu'à la Sicile, avec pour seul crédo « trop n'est pas assez »
Soyons clair, même si cette œuvre a un style assez léger et décalé (limiter cela à une simple bd serait un crime), cette aventure n'a rien de drôle. C'est une fresque de la société européenne des années 80 avec surtout ses mauvais cotés. Ici se côtoient drogue, prostitution, mafia, viols et morts. Et surtout les changements d'Ulli et de sa sexualité. Pourtant, au-delà d'un certain malaise, l'intérêt est là. Pas du voyeurisme, mais de l'intérêt. Car aux travers de ses tares, on voit la jeune fille désespérée, effrayée, et pourtant éclairée. C'est une histoire dure, et pourtant touchante, très éloignée de tout cliché et tout manichéisme. C'est la vie. La vraie. En teinte de gris de plus ne plus foncée. Sans fioriture.
Ce livre, beaucoup plus que DSK, nous fait ressentir le problème de l'hégémonie masculine européenne. Lisez-le. Souvent. Tout le temps. Car trop n'est pas assez.
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"Accoustic Brazil " de Putumayo
Nul besoin de description, tout est dans le titre.
J'aime la World Music. Même si je trouve cette dénomination réductrice. Mais bon, les disquaires n'ont pas envie de se prendre la tête, alors je le comprends.
Putumayo World Music est un label spécialisé dans les croquettes pour chats ...... Bon, ok, elle est pas drôle, mais fallait bien que je la tente, sinon mon karma n'aurait pas tenu. Ils sortent régulièrement des compiles thématiques, et très diversifiées, allant de l'Asian Lounge à la musique Celtique. Mais de toutes, à mes yeux, une est bien loin au dessus des autres. C'est Accoustic Brazil. Ici, la fine fleur de la musique brésilienne rivalise de talent pour nous toucher l'âme. Ana de Hollanda, Chica Buarque, Paulinho Da Viola, Caetano Veloso, des artistes d'un talent reconnu, renommé et pourtant mésestimé, tant l'écoute de cet album nous met le mot beauté en highlight. Cet album a été mon seul compagnon pendant 3 mois, (avec Putumayo present Brazilian Lounge mais je savais pas lequel choisir ^^) avec la littérature, et pourtant, jamais je ne me suis senti seul une minute. Après tout, comment ressentir de la solitude quand l'âme même du Brésil vous emporte dans un voyage immobile ? Ici, on transcende les genres. Plus de bossa nova, plus de samba. De la musique. De la transcendante. De la touchante. De la vraie. A consommer sans modération.
Pas facile au départ de m'identifer à cette musique si éloignée de mes habitudes. Et puis je me suis dit qu'elle serait probablement pas mal avec un livre lui-même cahotique et plein de bruits, une succession de portraits, de croquis anecdotiques et de réflexions sur l'homme.
Un peu comme les carnets de route de Daniel Mermet qui a repris dans un recueil les textes de ses interventions radio dans "Là-bas si j'y suis" C'est plein de couleurs et de sensations que ce routard a tirées de ses rencontres dans le monde entier. J'ai pioché dans ces histoires et ces réflexions au grès de mes humeurs. Il y a à la fois des moments très tendres ou drôles et de vraies pistes de réflexions sociétales.
Ce livre m'a paru très riche et iconoclaste, comme cette musique en fait.
Fatboyslim, c'est le truc qui me met en transes systématiquement. Que je sois seule ou entourée de monde, quasi impossible de ne pas partir au quart de tour. Difficile de ne pas battre la mesure ou danser sur place : m'isoler en gros. Je ne suis même pas capable de dire combien de fois j'ai écouté l'album : en boucle ou au hasard des shuffle.
Ce morceau en particulier, pourtant si connu et entendu partout parce que réutilisé à toutes les sauces ne me lasse jamais. Je me laisse envahir par le début hypnotique, je pars. En écrivant ces quelques mots, je suis envahie de l'envie de sautiller les yeux fermés, de me laisser embarquer ailleurs.
Aaaah, Fatboy Slim. Mon gourou quand j'étais au collège. Un grand de l'électro. Weapon of Choice restera ad vitam eternam dans mon top 3 des clips (je suis un fan de Christopher Walken ^^). Alors, choisir un livre qui correspond à You've Come a Long Way, Baby, l'un des meilleurs albums électro jamais sorti, ca devrait être du gâteau...... Ca l'est pas. En fait, plutôt qu'un rêve, on dirait plutôt un trip sous LSD, alors la difficulté était au rendez vous. Au final, plutôt qu'un rêve, j'ai choisi un cauchemar.
L'illusionniste de Christopher Fowler. Soyons franc, il y a des livres à ne pas mettre dans toutes les mains. L'illusionniste en fait partie. Comment résumer ce livre ........... Que feriez-vous si, alors que vous avez une vie pourrie, on vous proposait de la transformer pour en faire une vie de rêve. Que tout devienne possible, qu'il n'y ait plus d'interdit, ni de limite ? Jusqu'où seriez-vous prêt à payer ? C'est la question qu'a dû se poser Martyn Ross, un jeune anglais, après qu'un « Daimon », Spanky (un de mes personnages de fiction préféré, cela dit en passant), vienne pour changer sa vie.
Soyons honnête, ce livre n'est pas extraordinaire. J'aimerais qu'il le soit. En soit, il n'est pas mauvais, loin de là. Il est juste .... particulier. Là où ce livre tire tout son intérêt, c'est des changements de situation, brutaux, directs, mais avec un humour particulier, et assez décapant. C'est l'un des livres les plus cyniques qu'il m'ait été de lire. Et une vision du cauchemar assez particulière. Mais ce livre est un must read, à mes yeux (il n'y a pas que les excellents livres que l'on se doit de lire). De plus, tout le monde a envie d'avoir son Spanky.
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Voila ma petite touche Geek. La bande originale de Final Fantasy IV. Bon les incultes et les femmes (muhahaha), c'est un jeu de rôle sorti sur Playstation en 2000. Unanimement adulé, l'une de ses plus grandes réussites reste sa bande son. Composé par Nobuo Uematsu. Attention. Ici, nous rentrons dans le domaine de la symphonie classique. Pas de guitares électriques. Ici, c'est le violon qui prime (ou le Karoo, mais pas trop souvent). Et c'est de la Grande musique classique. Vu que je suis un fou inculte, je classe Uematsu pas très loin de Mozart. Certes, ses morceaux ne fileront pas des orgasmes aux pianistes 400 ans plus tard, façon Rachmaninoff, mais là justesse du ton, et les allégories cachées derrière le style en font une OST à part. Le seul problème à mon sens, c'est que les morceaux sont trop courts, du fait qu'ils soient obligatoirement jouables en boucles (c'est un jeu de rôle, ça dure dix plombes). Malgré cela, les trois quarts des morceaux sont magnifiques (même si des morceaux liés purement au gameplay viennent troubler le rythme purement bucolique des morceaux). Pour peu que vous aimiez la musique classique «grand public » et que vous soyez prêt à vous promener dans les étoiles, laissez vous emporter jusqu'à « The place I'll Return to Someday »
Cette bande originale, elle m'évoque des heures de jeu et des mondes fantastiques, comme parallèles. Alors elle m'a fait penser à Phillip Pullman et son cycle "A la croisée des mondes". L'histoire d'une fillette qui vit en Angleterre, à Oxford mais dans une autre dimension où les êtres humains ont la chance d'être accompagnés toute leur vie d'un alter ego animal, qui connaît tout de leurs pensées, un morceau de leur âme avec laquelle ils peuvent communiquer.
Une fillette s'apercevant que certains ont pour dessein de bouleverser l'quilibre de ce monde, va se retrouver au milieu de mille péripéties.
Série en 3 tomes écrite pour les adolescents, je trouve que l'histoire est très bien imaginée et j'aime changer de monde alors la lecture a été facilissime ! Comme ces musiques qui accompagnent des missions impossibles et périlleuses !

Spleen et baci
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