Quand j'étais petit, mon père avait la barbe de communiste et ma mère accompagnait Leonard Cohen au chant dans la cuisine en faisant à manger.
Nous faisions des milliers de kilomètres à cinq dans un vieux van Volkswagen vert pomme. On s'arrêtait en Allemagne, en Belgique, au Danemark et on prenait le petit déjeuner sur le ferry. On s'empiffrait jusqu'à en être malades.
Quand j'étais petit, les rochers suédois étaient comme des falaises et il m'avait fallu 2 ans avant d'oser sauter du plus haut.
Les forêts dans lesquelles mon grand-père nous emmenait à la découverte des champignons et de la sève de pin étaient forcément peuplées de tomte. Quand nous revenions de balade, ou de baignade, le feu dans la cheminée était comme celui des indiens.
Quand j'étais petit, on faisait des courses de crabe sur la plage. J'ai même gagné une fois !
Quand j'étais petit, j'étais timide, dans mon monde, rêveur. Je me racontais des histoires tout seul. Je pouvais rester des heures scotché devant un buisson ou dans l'herbe à regarder la nature.
J’étais un élève discret, plutôt bon. Mes appréciations étaient invariablement « ne participe pas assez ».
A l'école on m'appelait Dumbo à cause de mes oreilles décollées et « mouton » à cause de mes cheveux frisés. Ma mère me faisait écouter « Allo, maman, bobo » de Souchon et « J'ai dix ans ».
Je lisais beaucoup. Le soir mes parents venaient à 9H30 pour me dire d'éteindre. Une fois qu'ils étaient redescendus, je rallumais et continuais à lire jusqu'à ce qu'ils aillent se coucher.
J'étais toujours fatigué le lendemain.
Tous les samedis, nous avions droit à des hamburgers/frites faits maison ainsi qu'à un sachet de bonbon que nous mangions devant Disney Channel (le programme, pas la chaine) et la voix de Jean Rochefort s'inscrivait pour toujours dans mon esprit.
On regardait les gremlins, les inconnus, le club dorothée et Axel Foley était un héros.
Quand j'étais petit, mon frère et moi écoutions du Hard Rock sur cassettes avec un vieux poste de radio. Je savais pas ce que ça voulait dire mais j'étais fier de mes t-shirts avec Jim Morrisson dessus ou Mötley Crüe.
Maintenant j’ai de la barbe, la Suède est toujours aussi belle et Jim Morrisson continue à trainer sur mon MP3.

by aragorrn
Salut Lili, Bienvenue ici !
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