"A la base, c'est un homme politique médiocre, un chef de parti
médiocre et un ministre médiocre (...), alors bon ... "
Spleen Sans Idéal, le 25 janvier 2012 dans cebillet
Quand [Henri] était petit.
Lundi, 21 Juin 2010 00:21
Henri
Quand j'étais petit et que j'existais pas, j'étais une idée dans la tête de mes parents. Le truc qu'on leur avait pas dit, c'est qu'ils allaient en chier. Au début, on pensait qu'ils pourraient pas avoir d'enfants. Donc après avoir écumé les cabinets de spécialistes, ils se sont levés tous les matins à pas d'heure pour faire des piqûres, incanter en teuton et sacrifier des hamsters en espérant que la semaine prochaine serait la bonne.
Et puis après presque deux ans de galère, (si je compte le nombre de piqûres que ma mère a subi, je pense que son saint séant doit ressembler à du papier-bulles) PAF, me voilà. Genre cadeau du ciel, tout ça. Bon euh, cadeau du ciel, tout est relatif hein, mon frère est arrivé deux ans plus tard... (je suis pas resté original super longtemps hein).
Quand j'étais petit, j'habitais à Lille. J'avais trois ans et j'allais à l'école avec Kamel, dont les parents jugeaient que c'était vachement plus drôle de le laisser aller à l'école en pyjama (j'apprendrai plus tard que c'était un survêtement Adidas, issu de cette fabuleuse matière complètement improbable qu'est le pilou - je déteste le pilou).
Quand j'étais petit, je voulais pas marcher dans la neige parce que Maman disait toujours qu'il ne fallait pas « marcher dans le produit » (j'apprendrai plus tard que la neige n'avait en fait rien à voir avec le produit nettoyant à moquette et que par conséquent, la neige, j'ai le droit). MAIS PAS LE PRODUIT HEIN. Faut pas déconner avec Maman. Même si quand j'étais petit, j'avais certainement plus de réflexes qu'elle. Plutôt spécialiste en esquivage de fessée, Maman s'est souvent pété la main sur un coin de lit parce que mon déhanché céleste m'avait une fois de plus permis d'éviter l'impact. Quand j'étais petit, j'étais un peu une grosse fouine.
Quand j'étais petit, j'étais avant tout un prénom. Un prénom pas facile à porter quand tous tes copains s'appellent Romain, Pierre ou Kévin. Quand j'étais petit, j'étais surtout un prénom parce que forcément, je donnais un peu l'impression de débarquer d'une époque où les jeux-vidéos n'existent pas. Mais bon, quand j'étais petit, j'ai pas eu le temps de remercier Maman de ne pas m'avoir appelé Alfred (comme 70% des hommes de la famille du côté de Papa). Quand j'étais petit, c'était plutôt super facile de se foutre de ma gueule. Parce qu'en plus d'avoir un prénom d'armoire normande, on va dire que le style vestimentaire que ma chère Maman m'avait assigné était plutôt spécial (plus JAMAIS je ne porterai de bermuda vert écossais, plus JAMAIS). Donc quand j'étais petit, j'ai plutôt pas mal mangé ma race dans la cour de l'école.
Quand j'étais petit, j'étais un faux timide. Je crois qu'on dit curieux, dans ces cas-là. Pire que la concierge de ton immeuble, j'allais discuter avec tout le monde, j'avais des avis sur tout et je supportais pas de ne pas avoir raison. Quand j'étais petit, j'ai du être un handicap social de taille pour mes parents. (J'ai découvert que le noir était une couleur de peau quand j'ai demandé au Monsieur dans le métro pourquoi il était « tout sale comme ça ».)
Quand j'étais petit, je suis tombé sur un CD best-of de Michel Sardou (Ouai, comme tu dis) qui, à l'époque, me donnait le sentiment d'être vachement moins nul que celui d'Erik Satie qui trônait à côté (quand j'étais petit, j'étais un peu con). J'ai donc appris par cœur Michel Sardou 1970-1990. J'étais super fort en Alain Souchon aussi. Quand j'étais petit, j'étais un peu un suicide social de poche, en fait. (Bon ensuite, j'ai écouté de la vraie musique hein, t'inquiète).
Quand j'étais petit, j'ai fait du théatre, j'ai pris des cours de chant, j'ai joué au tennis.
Quand j'étais petit, je voulais pas être petit en fait. Ensuite, quand j'étais grand, on m'a dit que j'étais un jeune vieux. Et bizarrement, ça m'a bien plu.
Quand j'étais petit (et même quand j'étais grand), je détestais les photos de moi. Je détestais aussi les films de famille, donc profites-en, parce que t'en auras pas d'autres.
Et pour quand j'étais grand, ben, tu connais.
Adobe Flash Player non installé ou plus vieux que 9.0.115!
Macias? Euh on ne sort pas des noms comme ça ici désolé
Et je ne cautionne pas non plus Sardou, c'était dans sa chambre à lui hein, pas de mal entendu, pas ma mienne!
Belle lecture, merci, que ce moment v...
J'aime bien ces moments où les chose...
Toutes les semaines, je cherche un je...
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Ce qui est génial avec ton écriture...
... Ce mec est un grand timide... Tou...
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Aïe... des regrets !!! enfin c'est ...
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c'est bizarre parce que moi, le stage...