Bas
Mardi, 25 Janvier 2011 00:00
Capuche
Je suis amoureuse de la féminité, depuis que je suis toute petite. Alors bien entendu c'est subjectif, chacun sa définition ou ses références.
Pour ma part, j'adorais voir maman enfiler des bas et glisser ses pieds ainsi gainés dans ses escarpins, j'aimais aussi la regarder habiller son regard d'un léger trait de crayon. Certaines femmes allument une cigarette (même si ça tue et tout ça) avec une grâce incroyable. La finesse d'un poignet qui glisse dans un sac à main pour attraper un petit miroir, un rire à gorge déployée au milieu d'une assemblée triste et policée, l'odeur de notre rouge à lèvres si subtile qu'on est peut être la seule à la percevoir, les os saillants de la naissance du cou, un vieux tee-shirt trop grand qui laisse apparaître une épaule nue, des fesses bien rebondies contenues dans un jean porté avec des Converse... La féminité peut revêtir de nombreuses formes.

photo de Raissa Bandou - crédits
ici
Le récent anniversaire de la mort d'Audrey Hepburn, une des icônes classes et sensuelles d'une génération qui n'est pas la mienne, m'a donné envie de lui rendre un petit hommage hier. Je suis comme ça.
Alors, avant de quitter la maison, j'ai mis une jolie robe, des talons... et des bas. Bon, j'étais en pénurie de bas à proprement parler, j'ai donc pioché dans mon tiroir à merveilles pour en sortir des bas autocollants. Je sais, j'ai honte. C'est du bas au rabais, ça casse tout le plaisir du porte-jarretelle, le débat culotte dessus ou dessus ou pas de culotte...
Le porte-jarretelle c'est la vraie vie.
Et les Dieux du nylon et de la Sensualité me l'ont fait payer cher, les chiens galeux.
Tout commence bien, quand tu es la seule à savoir ce qu'il se passe sous ta robe, tu es envahie d'une sorte de force glamour, un genre de fluide qui étire ta colonne vertébrale, fait onduler ton bassin et tire tes épaules pour mettre en valeur ta poitrine (quand tu as la chance d'en avoir un minimum, mais c'est un autre sujet).
J'avançais donc, de façon Hepburnesque dans les couloirs du métro puis sur les trottoirs de Paris jusqu'au point de rendez-vous fixé avec les copines.
Les heures passent... et l'effet adhérant du haut de mes bas aussi.
C'est sur le chemin du retour que le drame se produisit : ça ne collait plus !
Les causes du drame ne sont pas encore élucidées, mais le suspect principal est la qualité dudit bas (enfin seulement celui de la jambe gauche, l'histoire ne dit pas pourquoi).
J'ai senti une petite claque sur le haut de ma cuisse, presque imperceptible, tu me comprends, toi, la fille à qui c'est déjà arrivé. Tu sais que j'ai eu de la chance que ça se soit produit en plein hiver, les pans de mon manteau me permettant d'essayer de remonter discrètement le bout de latex pour le refixer sur ma peau dans le couloir de correspondance entre la ligne 2 et la ligne 6 à Nation.
Mais ça ne dure pas. Quand ça commence à tomber c'est mort.
L'horreur du plissé disgracieux qui se forme sur la cheville, la démarche de plus en plus gênée... jusqu'au moment où tu pètes un câble, t'assois comme un camionneur sur la banquette en simili cuir du métro (d'ailleurs ça colle aux cuisses quand tu transpires de rage depuis 15 mn), remontes ta robe sans vergogne et replaces cet outil de séduction qui n'est en fait qu'un objet de torture mentale. Regard outré de la mémé d'à côté, amusé de la pouffe en jean en face de toi et lubrique ou gêné du mec debout à côté de toi parce qu'il n'y a plus de places assises.
Et tu vis le trajet le plus long de ta vie jusqu'à la maison où tu arraches ce bout de nylon et d'élasthanne, que tu as payé un bras et demi soit dit en passant.
On a le choix, nous, les meufs. Les bas nylons sont apparus dans les années 40, seulement 2 ans après l'invention du nylon par Du Pont de Nemours. Nous pouvons les porter avec un porte-jarretelle, intégré ou non à nos culottes.
Depuis, et grâce à la minijupe, le collant a changé nos vies, disponible en mousse, voile, lycra, laine, opaque, fantaisie, de toutes les couleurs.
J'ai juste choisi la pire solution... et je suis sûre d'une chose, si j'avais porté ces bas pour quelqu'un d'autre que moi, je lui en aurais voulu à mort.
Audrey Hepburn je te hais. Je te hais mais avec Mary Quant, Catherine Deneuve, Marilyne Monroe, Diana Rigg (of course), Brigitte Bardot, Coco Chanel et quelques autres je vous aime fort de nous permettre de nous sentir belles et libres, d'avoir soufflé sur nos berceaux et d'avoir laissé dans notre mémoire collective ces images, ces sensations de vent dans les cheveux qui nous rendent invincibles et belles à nos yeux ou ceux des autres, et qui fera que NON, L'ÉGALITÉ DES SEXES NE SERA JAMAIS UNE RÉALITÉ ET TANT MIEUX.

by Capuche
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...