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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Bas

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Je suis amoureuse de la féminité, depuis que je suis toute petite. Alors bien entendu c'est subjectif, chacun sa définition ou ses références.
Pour ma part, j'adorais voir maman enfiler des bas et glisser ses pieds ainsi gainés dans ses escarpins, j'aimais aussi la regarder habiller son regard d'un léger trait de crayon. Certaines femmes allument une cigarette (même si ça tue et tout ça) avec une grâce incroyable. La finesse d'un poignet qui glisse dans un sac à main pour attraper un petit miroir, un rire à gorge déployée au milieu d'une assemblée triste et policée, l'odeur de notre rouge à lèvres si subtile qu'on est peut être la seule à la percevoir, les os saillants de la naissance du cou, un vieux tee-shirt trop grand qui laisse apparaître une épaule nue, des fesses bien rebondies contenues dans un jean porté avec des Converse... La féminité peut revêtir de nombreuses formes.

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photo de Raissa Bandou - crédits ici

Le récent anniversaire de la mort d'Audrey Hepburn, une des icônes classes et sensuelles d'une génération qui n'est pas la mienne, m'a donné envie de lui rendre un petit hommage hier. Je suis comme ça.
Alors, avant de quitter la maison, j'ai mis une jolie robe, des talons... et des bas. Bon, j'étais en pénurie de bas à proprement parler, j'ai donc pioché dans mon tiroir à merveilles pour en sortir des bas autocollants. Je sais, j'ai honte. C'est du bas au rabais, ça casse tout le plaisir du porte-jarretelle, le débat culotte dessus ou dessus ou pas de culotte...
Le porte-jarretelle c'est la vraie vie.
Et les Dieux du nylon et de la Sensualité me l'ont fait payer cher, les chiens galeux.

Tout commence bien, quand tu es la seule à savoir ce qu'il se passe sous ta robe, tu es envahie d'une sorte de force glamour, un genre de fluide qui étire ta colonne vertébrale, fait onduler ton bassin et tire tes épaules pour mettre en valeur ta poitrine (quand tu as la chance d'en avoir un minimum, mais c'est un autre sujet).
J'avançais donc, de façon Hepburnesque dans les couloirs du métro puis sur les trottoirs de Paris jusqu'au point de rendez-vous fixé avec les copines.
Les heures passent... et l'effet adhérant du haut de mes bas aussi.
C'est sur le chemin du retour que le drame se produisit : ça ne collait plus !

Les causes du drame ne sont pas encore élucidées, mais le suspect principal est la qualité dudit bas (enfin seulement celui de la jambe gauche, l'histoire ne dit pas pourquoi).
J'ai senti une petite claque sur le haut de ma cuisse, presque imperceptible, tu me comprends, toi, la fille à qui c'est déjà arrivé. Tu sais que j'ai eu de la chance que ça se soit produit en plein hiver, les pans de mon manteau me permettant d'essayer de remonter discrètement le bout de latex pour le refixer sur ma peau dans le couloir de correspondance entre la ligne 2 et la ligne 6 à Nation.
Mais ça ne dure pas. Quand ça commence à tomber c'est mort.
L'horreur du plissé disgracieux qui se forme sur la cheville, la démarche de plus en plus gênée... jusqu'au moment où tu pètes un câble, t'assois comme un camionneur sur la banquette en simili cuir du métro (d'ailleurs ça colle aux cuisses quand tu transpires de rage depuis 15 mn), remontes ta robe sans vergogne et replaces cet outil de séduction qui n'est en fait qu'un objet de torture mentale. Regard outré de la mémé d'à côté, amusé de la pouffe en jean en face de toi et lubrique ou gêné du mec debout à côté de toi parce qu'il n'y a plus de places assises.
Et tu vis le trajet le plus long de ta vie jusqu'à la maison où tu arraches ce bout de nylon et d'élasthanne, que tu as payé un bras et demi soit dit en passant.

On a le choix, nous, les meufs. Les bas nylons sont apparus dans les années 40, seulement 2 ans après l'invention du nylon par Du Pont de Nemours. Nous pouvons les porter avec un porte-jarretelle, intégré ou non à nos culottes.
Depuis, et grâce à la minijupe, le collant a changé nos vies, disponible en mousse, voile, lycra, laine, opaque, fantaisie, de toutes les couleurs.

J'ai juste choisi la pire solution... et je suis sûre d'une chose, si j'avais porté ces bas pour quelqu'un d'autre que moi, je lui en aurais voulu à mort.

Audrey Hepburn je te hais. Je te hais mais avec Mary Quant, Catherine Deneuve, Marilyne Monroe, Diana Rigg (of course), Brigitte Bardot, Coco Chanel et quelques autres je vous aime fort de nous permettre de nous sentir belles et libres, d'avoir soufflé sur nos berceaux et d'avoir laissé dans notre mémoire collective ces images, ces sensations de vent dans les cheveux qui nous rendent invincibles et belles à nos yeux ou ceux des autres, et qui fera que NON, L'ÉGALITÉ DES SEXES NE SERA JAMAIS UNE RÉALITÉ ET TANT MIEUX.

 

00-signature-2011
by Capuche

 

Commentaires
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Poupimali 25-01-2011 11:02:07

j'ai vraiment eu un réel plaisir à te lire.
Mais quelle bande de connasses, toutes celles qui nous font être de belles femmes en répandant notre glamour.
Capuche 25-01-2011 11:55:56

Tout ce glam qui se déverse ... Ça me dégoute
  Floh 25-01-2011 12:23:54

J'abonde tout à fait avec ta conclusion
Sauf que chez moi, les bas se filent avant que l'élastique ne claque. Et là, pas de porte de sortie valable pour s'en sortir la tête haute
Capuche 25-01-2011 14:44:56

Le bas qui file c'est plus facile a assumer quand même
milllie 25-01-2011 12:27:38

je t'ai vu dans le métro avec la rage que tu avais pour ce ..... de bas qui ne collait plus, j'ai souri. Merci.
Sonia 25-01-2011 16:35:59

Tiens, il n'y avait qu'un homme pour inventer une paire de collants... Une femme n'aurais jamais eu l'idée de le faire monter jusqu'au seins...
Ma cocotte 26-01-2011 12:35:21

Une bouffée d'oxygène ce texte, des sourires... Je me souviens de mon premier porte-jarretelles, de mes premiers bas. Je me demandais combien de temps il mettrait à deviner. Il n'a pas deviné et j'ai bien ri.
Et le courant d'air frais les soirs d'été...
L'impression de marcher un mètre au-dessus du sol parce que moi, quand je croise le regard des hommes, je sais que j'en porte et eux... ils ne savent pas.
Merci Capuche
Capuche 28-01-2011 10:28:44

C'est ce que je préfère : être la seule à savoir !
sand 27-01-2011 15:02:05

le bas saÿnülh... moi je porte que des collants RAB
sand 27-01-2011 15:02:46

(enfin dans l'absolu j'adorerai être ce genre de fille qui porte des bas, mais mon pierrerichardisme y veut pas )
Capuche 28-01-2011 10:30:18

mais c'est ce qui est drôle ma Sand !
  Franck 01-02-2011 07:05:31

Une gêne insidieuse me gagne à mesure que je lis ce texte. Je ne comprends d'ailleurs pas, elle semble venir distinctement de mes fesses, physiquement (se qui me pousse à me tordre presque imperceptiblement à mesure que j'avance dans ma lecture, comme un gosse qui a ridiculement envie de faire pipi). Pourquoi? Ah oui... Ce traumatisme: j'ai vécu cette histoire. En moi glamour, en plus laid pendant des journées entières (parce que l'expérience s'est répétée dans ma vie avant que je ne comprenne). Un slip dont l'élastique qui le tient au hanches est foutu.

Ce slip, que j'aimais beaucoup par ailleurs pour son tissu usée, fin et très confortable comme un vieil ami très intime avec qui tu as tout traversé, m'a plongé en enfer pendant des journées entières. A la moindre occasion, dès lors que je me tenais en station debout. Tu le sens descendre... descendre... descendre, jusqu'à se que le milieu de ton pantalon finisse par le stabiliser.
Tu sais se que c'est toi, que de devoir remonter un slip qui descend dans ton jean alors que tu es au milieu de la court et qu'un salaud te parle pendant dix minutes sans avoir la délicatesse de te demander si ton slip va bien?
Alors, imperceptiblement tu entames un balancement des hanches. Un balancement des hanches un peu ridicule. POur remonter ton enfoiré de slip.

Tu n'es pas toute seule Capuche. A ceci près qu'en plus, mon vieil ami ne m'a jamais fait me sentir Audrey Hepburn même une seconde, alors qu'il était sensé me tenir les couilles en place.

ps: on peut trouver glamour une femme qui remonte ses bas jusqu'en haut de ses cuisses. Mais nettement moi un mec qui met une main dans son fûte pour remonter son slibard.
Spleen sans idéal 01-02-2011 10:48:51

Donc je ne suis pas le seul type à qui ca arrive. Ca me rassure. Brr, cette sensation horrible. Le pire étant que généralement, mon pantalon descend de lui meme, generalement, quand je cours apres mon rer, je me retrouve à moitié cul nul ( une fois , je me suis meme assis sur la banquette , brrrrrr , dégoutant souvenir ). Que dieu bénisse le type qui a inventé les tee shirt extra longs
  Franck 01-02-2011 12:48:24

Et quand tu coures dans ces cas là, t'as toujours dans une main plein de courrier que tu n'as pas ranger dans ton sac et d' l'autre ton téléphone portable parce qu'un enfoiré de copain t'as appelé. Tous des salauds. (Sauf maman)
Capuche 01-02-2011 14:46:24

j'ai ri. Merci je me sens moins seule les gars !
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