Le jour où...
Vendredi, 21 Janvier 2011 00:00
Yogiimise

Une heure trente du matin un mercredi soir. Voilà presque deux heures que je tourne en rond dans mon appartement, sans trop savoir pourquoi. Demain, un gros dossier de boulot à boucler, un déjeuner particulièrement attendu et la sensation, sans trop savoir pourquoi, d'oublier quelque chose de majeur. Finalement je parviens à trouver le sommeil. J'ai l'impression de passer à côté de quelque chose, tant pis.
À peine dans les bras de Morphée, j'entends la future maman lancer apeurée : "Euh, je crois que j'ai perdu les eaux !!!" Ni une ni deux je suis en bas de la mezzanine, manque d'embrasser le mur deux-trois fois et me retrouve à courir dans l'appartement en boxer, tentant de rassembler les affaires pour la maternité et mes esprits par la même occasion. Je le savais. Je le SENTAIS ! Moi qui balisait du trop long trajet jusqu'à la maternité, autant vous dire qu'à trois heures du matin en semaine, il n'y avait bien qu'un ou deux routiers sur la route.
Arrivés à la clinique, une sage-femme de douze ans nous prend en charge : le sosie de @lisepressac, en moche. Plutôt cool, un peu trop à mon goût, mais surtout elle a le malheur de nous annoncer que le travail n'a pas commencé, la poche des eaux n'était que fissurée. Si ça se trouve, l'accouchement n'interviendra pas avant 48 heures. Me voilà en train de retenir la maman de toutes mes forces, prête à sauter à la gorge de la sage-femme. "J'accouche aujourd'hui un point c'est tout !".
Monitoring, examens, quelques soins et les minutes, les heures se mettent à défiler. Beaucoup plus vite que je ne le pensais. Pas le temps de me faire à l'idée que ma fille va débarquer avec 20 jours d'avance. Je suis prêt, j'en suis sûr. Mais l'est-on vraiment jamais ? Un problème de chambre nous contraint à rester dans le couloir pendant que le travail est en route, ce qui a le (seul) mérite d'accélérer le processus.
Finalement, la salle de naissance. Une pièce immense, blanche immaculée, avec tout plein d'ustensiles qui feraient même flipper Mister T. Maintenant, il faut attendre la dilatation. Un mot barbare qui signifie que le corps de la maman évolue pour permettre la sortie de bébé, mais qu'il lui faut encore du temps pour éviter que ce ne soit un trop grand carnage. Le gynéco, une sorte de nounours toujours en train de plaisanter, détend l'atmosphère. La maman attend le saint Graal, la PÉRIDURALE. Cette anesthésie qui mortifie les futures mamans et objet de culte des néo-mamans. Je suis prié de sortir, pas rassuré à l'idée de laisser la maman seule pour affronter cette première grosse épreuve, c'est long. Je me charge de prévenir belle-maman que c'est pour bientôt, sans quoi je serai privé du prochain couscous-boulettes.
Finalement je suis invité à revenir en salle d'accouchement, tout s'est passé comme sur des roulettes, maman n'a pas souffert. Ouf. Le Grand Moment arrive à pas de géant. Je n'ai qu'une idée en tête : faire en sorte que la maman ne souffre pas. Lorsque l'accouchement à proprement parlé commence, je suis envahi d'une sensation effrayante :
je ne sers à RIEN.
J'ai beau me rappeler qu'il faut tenir la main, la nuque de la maman, lui éponger le front, j'ai l'affreuse sensation que la scène se déroule sans moi. Maman assure, ma fille nait en moins d'une demi-heure, et pleure dès sa sortie.
Je n'ai jamais été aussi heureux d'entendre quelqu'un pleurer de toute ma vie. Je mesure ce que signifient ces cris et ne retiens plus mes larmes, prêtes à surgir depuis de longues minutes. Je coupe le cordon dans un état second, cela ne m'affecte pas vraiment. Mes angoisses s'évanouissent, je SAIS qu'elle va bien.
Et je sais déjà que Juliette, je l'aime.

By Yogiimise, papa tout neuf
Petite dédicace à @Laimelecinema et RobGordon qui accueillent une petite Mia. Beaucoup de bonheur à vous tous.
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...