Le SPM: parlons-en !
Mercredi, 25 Mars 2009 16:04
Nadine de Blogtschild

La femme est délicate et distinguée par essence. Il convient de la traîter avec tous les égards dû à sa condition. Et quelquefois, cet être exceptionnel, louable à bien des égards, mérite encore plus qu'on lui accorde attention, voire compassion.Car messieurs, et là, je suis sûre que je ne vous apprends rien (où il faudrait que vous soyez diantrement aveuglé pour ne pas vous en être rendus compte) madame quelques jours par mois se referme sur elle-même, et aurait tendance à hisser le drapeau rouge si peu que vous l'approchiez. Vous, comme une âme en peine, vous rongez le frein, attendant de la retrouver en de meilleures dispositions, vous occupant comme vous le pouvez, trompant l'ennui à coup de bridge et d'excellent scotch. Mais savez vous vraiment ce que l'objet de votre affection (enfin, c'est ce qui est écrit sur le contrat de mariage, après vous faites bien comme vous voulez) endure? Non? Rémédions y, voulez vous? Connaissez vous le SPM ? Il ne s'agit pas des initiales d'un club très fermé, quoique. Environ 20 à 50 % des femmes y appartiendrait. Ses manifestations ne se déroulent que quelques jours par mois, juste avant la déferlante écarlate. Pour y entrer, ce n'est pas bien compliqué, il suffit de correspondre aux critères suivants:
- Madame est irritable, facilement de mauvaise humeur, voire dépressive? Elle ne touche pas à ses blinis au caviar. Se montre vindicative envers vous (plus que d'habitude). A un sommeil troublé. Se plaint de migraines (à d'autres occasions que quand vous lui expliquez par le menu pourquoi il fallait investir en bourse à ce moment là, chute des taux, CAC 40 et Nasdaq). Là où vous admiriez sa prestance naturelle, elle se laisse aller. Et porte même, ô comble du mauvais goût, des charentaises à la maison.
- Vous notez (avec un peu de satisfaction, vous êtes un homme, on ne vous la fait pas), que ses argumentations jumelles semblent avoir gagné en volume et en présence. Mais elle vous interdit d'entamer le moindre dialogue, sous prétexte de trop grande sensibilité dans vos rapports, même diplomatiques.
- Vous vous demandez si, par un extrême hasard, elle n'attendrait pas un heureux évènement (ou si elle n'aurait pas un peu trop forcé sur le champagne) en découvrant sa taille de guèpe s'apparentant desormais beaucoup plus à celle d'un frelon.
Alors, l'évidence est là. Elle en est. Pourquoi ? Vaste question. Parler seulement de fluctuations hormonales est réducteur. Et la femme, dans sa grande complexité, ne saurait se targuer de souffrir d'un mal à l'explication simple, logique et unique. Celà manquerait assurément de sel. Ou d'acides gras, voire de vitamines. Ce que l'on sait, c'est que la responsabilité du cortex surrénalien et du rapport progesterone aldosterone en déséquilibre y tiendrait une part non négligeable. L'âge avançant, les symptômes auraient une nette tendance à augmenter de façon exponentielle. D'où l'importance de pêcher au sein d'un vivier de jeunes créatures, me direz vous? Je n'ai pas osé l'exprimer.
Evidemment je vous entends déjà: ce sont ses affaires après tout. Il me reste à programmer un tournoi de golf/ un congrès important / un voyage en galante compagnie à ces périodes, et le tour est joué. Malheureux! Vous ne savez pas ce que vous risquez. Il est prouvé depuis longtemps que ces jours de souffrance sont stastiquement des jours à haut potentiel criminel. Que le nombre de passage à l'acte meurtrier chez les femmes est plus fréquent. Je ne vous conseille donc pas de batifoler gaiement, ou d'oser émettre le moindre balbutiement d'opinion contraire voire de signe d'abandon à ces moments là. Ou il pourrait vous en coùter bien plus qu'un costume Paul Smith neuf (on en a vu certaines découper ledit costume aux ciseaux, méthodiquement, pour abus de langage). D'ici à ce que ce soit votre totem qui soit considéré comme sacrificiel, il n'y a qu'un pas. Soyez donc extremement prudents.
Aidez votre moitié, votre chère et tendre, en un mot votre co-contractante à passer ces quelques jours au mieux. D'après certains échos, il semble que le découpage en quatre phases rendent vos esquives plus simples:
Jour Un: Madame se rue sur les petits fours, a tendance à baffrer, elle d'ordinaire si délicate à croquer les grains de raisin. Ne dites rien, mais tendez plutôt à lui proposer des aliments peu gras et surtout évitez lui les fameuses graisses trans. Confisquez les biscuits chocolatés, ou tout ce qui est industriel d'une manière générale. Proposez lui plutôt des fruits (mais pas trop d'oléagineux, elle n'est pas un écureil que diable), du poisson...
Ce n'est absolument pas le bon jour pour tenter une verticale de grand crus ,même si vos millésimes de Mouton gagneraient à être bus. Patientez encore quelques jours. Et ôtez lui cette cigarette de la bouche. Un c'est peu distingué (et nous savons que beaucoup de femmes aspirent à être très très distinguées ), et deux c'est mauvais pour ce qu'elle a. Donnez lui de la réglisse.
Jour deux: C'est le jour des bouffées psychotiques. Tous aux abris. Evitez de lui parler, ou même de croiser son regard. Tant que faire se peut, évitez lui tout contact avec l'extérieur. Allez chercher vous même le courrier, répondez au télephone avant la bonne (qui pourrait bien passer la communication à madame, impudente), refusez tout dîner en extérieur. Et toute sortie à fortiori. Surtout l'opéra. Si la musique a vertu à adoucir les moeurs, il n'est pas certain que la Traviata ne déclenche pas chez elle une fureur toute épique.
Jour trois: Normalement, c'est plutôt elle qui est en danger. Fermez l'armoire à pharmacie à clé, ôtez les couteaux de la cuisine, et s'il lui prend l'idée de consulter les horaires de train, prenez lui des mains immédiatement.
Jour quatre: Madame dort. Et vous relâchez enfin les tensions accumulées. Toutes les tensions. Servez vous un verre, vous l'avez bien mérité. Et priez pour que, concordance horaire oblige, ce ne soit pas un jour de grande réception, auquel cas vous serez bien marri de ne pouvoir vous y présenter avec votre moitié, qui en ce moment est plus attachée à réaliser une belle auréole salivaire sur vos draps en satin , que d'enfiler un fourreau (qu'elle serait d'ailleurs bien incapable de fermer) et de jouer les hôtesses de charme.
Lutter contre tous les symptômes évoqués n'est pas évident, mais restez serein : la délivrance est proche, le SPM ne dure que quelques jours ! Si la médecine traditionnelle est assez démunie devant ce "problème de bonnes femmes", les médecines douces (phytothérapie, homéopathie, aromathérapie) apportent fréquemment un vrai soulagement. Dans certains cas, le médecin pourra prescrire des progestatifs de synthèse, mais leur efficacité n'est pas garantie...
Et n'oubliez pas:
- Alcool et cigarettes, vous éviterez. En plus des symptômes précités, elle pourrait aussi avoir à souffrir de paresse d'évacuation. Les même recommandations sont d'usage avec un accent particulier mis sur les aliments faciles à digérer.
- Un environnement calme et serein vous lui procurerez. Inutile de prévoir un rallye, ou une quelconque manifestation caritative.
- Des fleurs fraiches vous lui apporterez. S'il n'y a aucune justification médicale, ça fait toujours un plaisir extrème.
- La faire rire, vous tenterez. Ou du moins sourire. Rendez vous utile.
- La critiquer, jamais vous n'oserez.
- Les sucreries, vous limiterez. Le sel vous fuirez.
- Patient vous serez: le Spm évolue avec l'âge, il peut s'atténuer, voire carrément disparaître... mais aussi revenir. Essentiellement en raison du stress. Un petit massage de temps à autre, histoire de détendre madame ne serait pas de trop...
- Laisser dormir (et grommeler) votre douce.
Calme et patience sont les armes du gentleman. Gardez le à l'esprit. Même quand madame vous plantera dans les yeux son regard furieux. Même quand elle se tordra de douleur sous vos yeux. Conservez flegme et pragmatisme. Ca devrait si ce n'est la calmer complètement, contribuer à la rassurer.
Si vous êtes une femme, que mon analyse vous a découragée, je ne peux que vous conseiller ceci:
Regardez vers l'est, et priez. Et attendez la ménopause.
ByNadine de Blogtschild
Character problem. empty comment
Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...