
Il était une fois une jeune femme qui avait un amoureux. Ils avaient décidé, après quelques mois de rapports protégés, de passer le test du VIH, leur relation devenant stable. Comme on leur a appris au lycée. Le test étant négatif, la jeune femme décide d'adopter un moyen de contraception couramment utilisé, à savoir un DIU (pour Dispositif Intra-Utérin), ou un stérilet.
Car le stérilet est un moyen de contraception aussi fiable que la pilule, et surtout sans hormones, auxquelles la jeune femme a quelque intolérance.
Sur les conseils du centre de planification familiale de son hôpital local, elle décide d'adopter ce mode de contraception, qui peut également être posé, on ne le sait que trop peu, sur des femmes nullipares (attention, cette jeune femme n'est pas nulle, elle n'a juste jamais été enceinte).
Et c'est là que ça se gâte. Car la jeune femme est sensible. Physiquement et parfois émotionnellement. Elle s'est pourtant renseignée sur les risques, les douleurs de la pose, les taux de réussite contraceptive... elle n'est pas allée démunie à son rendez-vous, s'est préparée, documentée, informée... Et pourtant la douleur a été plus forte. « Arrêtez, crie-t-elle, j'ai vraiment mal ! » « Ne vous contractez pas, ça n'ira pas sinon », lui répond le médecin. La jeune femme s'évanouit. Se réveille quelques instants plus tard, dans un fauteuil, une infirmière lui tapote les joues « Allez, réveillez-vous, maintenant, ça suffit ! ». Six de tension, pas question de la laisser partir. Mais pas question non plus de l'allonger ou de lui donner une couverture. Elle exagère un peu, celle-là !
Une psychologue vient « Vous savez, si vous avez mal au ventre, c'est le rapport à votre mère qui pose problème... » Ca tombe bien la jeune femme a justement un problème avec sa mère, qu'elle n'a pas vue depuis 8 ans. Affaiblie, elle se maudit d'être allée à ce rendez-vous sans avoir auparavant résolu son problème relationnel. C'est vrai, quoi, on ne vous avait pas prévenues qu'il fallait régler vos problèmes avec vos mères avant de choisir un moyen de contraception ?
Le gynécologue passe la voir « Tout s'est bien passé, vous savez ! »
L'équipe laisse la jeune femme repartir, seule, une fois sa tension revenue à un niveau correct.
Cette jeune femme, c'est ma petite sœur... 23 ans, débrouillarde et sensible, déroutante et courageuse. Et un gynécologue lui a fait mal. Mal au corps et mal à l'âme.
Car elle est sortie de là effondrée, impuissante, dévalorisée, amoindrie... « Je ne suis pas capable de résister à la douleur.»
Le gynécologue a plusieurs devoirs, en tant que médecin : d'abord, celui d'informer. Non la pose d'un stérilet, surtout chez une « nullipare », n'est pas anodine. La douleur se gère, s'accompagne, par un anesthésiant local ou par la relaxation, l'attente, l'écoute... un peu d'humanité en somme. Et puis celui de ne pas aller contre la volonté de ses patients, s'il n'y a pas de danger immédiat. « Arrêtez, j'ai mal ! » a-t-elle crié, avant de s'évanouir...
Et au-delà de la colère qui me submerge quand on touche à ma famille, plusieurs incidents reviennent à mon esprit... Oh, rien de grave, rien de politiquement incorrect, juste par touches plus ou moins discrètes, plus ou moins conscientes de la part de certaines personnes du corps médical.
« Tout s'est bien passé », dit le gynécologue qui vient de poser un stérilet à une jeune femme qui hurlait de douleur et qui avait finit par tomber inconsciente... « Bien passé », c'est l'acte médical, le stérilet est posé, il n'y aura pas de fécondation possible à 99%.
Derrière ce « bien passé », il y a, à mon sens, la rengaine qu'on n'entend plus trop souvent, et heureusement, depuis presque 40 ans ... Tu l'as bien cherché ... Tu voulais une vie sexuelle épanouie sans avoir à supporter une grossesse ? Tu souffriras ma belle... Tu t'es fait avorter et tu as mal ? Tu l'as voulu, fallait pas chercher le loup... Tu as décidé de te faire ligaturer les trompes car tes grossesses se passent mal ? Pas possible sans consentement écrit de ton mari... Tu as décidé d'avoir une vie sexuelle pendant ta grossesse ? Pas important, tu es une matrice maintenant... Tu n'es pas sûre de vouloir ce bébé ? Pense aux autres qui n'en ont pas et ne te pose plus de questions. Tu t'es fait violer ? Fallait pas t'habiller comme une salope, ma fille...
Tu l'as bien cherché... 40 ans après la libéralisation de la contraception et la légalisation de l'IVG, il y a toujours, dans beaucoup d'inconscients, cette petite rengaine. Comme si le corps des femmes ne leur appartenait pas. Comme si elles n'étaient encore que des matrices, potentielles ou avérées ou des vagins qui n'avaient pour vocation que de donner la vie et de subir le plaisir des autres.
A l'heure où l'Etat réduit les subventions au Mouvement pour le Planning Familial, on mesure que la lutte doit continuer sur tous les fronts !

By Alberte
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...