J'aime mon travail et heureusement : comme beaucoup j'y passe plus de temps qu'avec ma famille. J'ai toujours voulu faire ce métier que j'exerce aujourd'hui. J'en suis fier, j'en tire un plaisir fou et fourmille de projets professionnels. Je sais que je suis encore jeune et que la grande majorité de ma carrière est devant moi.
Pourtant, depuis un peu plus de 10 mois, mes perspectives, mes objectifs ont été totalement bouleversés. Pas de promotion, pas de changement d'orientation de carrière. Simplement un petit bout d'être qui a transformé ma vie. On m'avait bassiné avec ça : « Tu verras ça va te changer la vie ». J'y étais préparé depuis longtemps, c'était une envie profonde, viscérale. Je n'avait pas peur. Mais Je ne pensais probablement pas que ça me bouleverserait à ce point.

Lorsque la fin de la journée de travail approche, la petite lumière qui s'était assoupie depuis quelques heures repointe le bout de sa flamme : je vais retrouver ma fille. Chaque soir, je me surprends à courir dans les transports, sur le chemin du retour, pour arriver plus vite à la maison. Une envie irrépressible de serrer ces 10 petits kilos dans mes bras. Retrouver son sourire qui s'illumine lorsque celle-ci me reconnaitra à la crèche. Les petites mains qui s'enroulent autour du cou, comme s'il n'y avait rien de plus précieux que les bras de Papa.
Je rentre tôt, exprès. Mais les minutes sont précieuses. Quelques-unes pour partager des jeux en rentrant, d'autres pour le bain, l'inévitable et si doux biberon du soir puis les dernières secondes pour un câlin avant le coucher. Souvent, tout ça en moins de 90 minutes. Les 90 minutes les plus intenses de la journée, qui défilent à une vitesse incommensurable.
Souvent, il me faut plusieurs minutes, après l'avoir couchée, pour revenir sur Terre. Parfois, j'essaye de me mettre à la place des autres parents, sans jugement, par réelle curiosité : Comment font-ils ? Comment font ces parents qui ne vivent que pour leur boulot ?
Comment peut-on vivre la grossesse, l'accouchement, les premières semaines de vie d'un être, ce qu'il y a de plus intense sur Terre, pour ensuite se cacher derrière son travail pour ne plus les voir ? Bien sûr il y a ceux qui travaillent pour leurs enfants, pour leur assurer un « avenir radieux ». Mais je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a peut-être plus d'enfants non voulus que je ne veux bien le croire. Ou bien simplement je suis trop sensible, trop attaché, trop gaga. Je me dis que je vais tenter de me contenir.
Mais je sais très bien qu'au moment de laisser ma machine à sourires à la crèche, chaque matin, il y aura cet éternel et violent pincement au coeur. Une micro-déchirure impossible à contenir. Avec une seule obsession : vivement ce soir.

Yogiimise
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...