Edvard Munch, peintre norvégien (1863 - 1944) était un homme sombre, hanté par la maladie, la folie et la mort.
Il est connu exclusivement à travers une seule de ses œuvres ; Le Cri, tableau emblématique mais nullement représentatif de l'ensemble de son œuvre.

Le Cri - vers 1893
Il commença à peindre à Oslo, où le réalisme social était alors le style dominant, et c'est seulement quand il vint à Paris, en 1888, qu'il s'engagea dans les voies plus personnelles. On retrouve les traits de pinceau tourbillonnants de Van Gogh chez Munch, lequel fut également attiré par l'œuvre de Gauguin, les peintres symbolistes et qui devint un ami très proche de Stéphane Mallarmé.
Il adopta les formes stylisées, les structures décoratives et l'intensité chromatiques des symbolistes pour exprimer ses angoisses et son pessimisme. Précurseur de l'expressionnisme, son objectif essentiel état de visualiser des émotions, les éléments formels de l'œuvre devant, de ce fait, être totalement subordonnés à son contenu thématique.
Munch peut nous présenter des images qui paraissent anodines, mais il faut alors y regarder à deux fois. Il y a de nombreuses versions de Quatre Jeunes Filles sur un pont dont chacune est chargée de sombres sous-entendus. Il s'agit de très jeunes filles, penchées sur l'eau ou s'en tenant à l'écart. On a vaguement l'intuition que cette eau doit représenter quelque chose : le temps ? L'épanouissement de leur sexualité ? Elles sont sur un pont, à l'autre extrémité duquel se profilent les formes sombres et massives de l'avenir... Sauf que, à trop vouloir expliquer le sens de ces images, on risque d'en réduire l'impact : Munch est un symboliste, et ses idées agissent d'autant plus efficacement qu'elles demeurent allusives.
Plus ses difficultés personnelles s'accentuaient, plus son art devenait autobiographique. Dans les années 1890, il produisit une série de tableaux intitulée Frise de la vie, qu'il définit comme « un poème de la vie, de l'amour et de la mort ». A partir de 1908, à la suite d'une grave dépression nerveuse, il ne quitta plus jamais la Norvège, ce qui ne l'empêcha pas d'avoir une grande influence sur des peintres de la génération suivante, en Allemagne notamment.
Un grand nombre de ses tableaux, couvrant une majeure partie de son œuvre s'exposent actuellement jusqu'au 18 juillet à la Pinacothèque de Paris, tous les détails se trouvent ici.

By Sonia
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