
Encore une fois, le Musée Jacquemart-André se démarque en présentant au public des oeuvres uniques : Fra Angelico avait pour particularité de peindre non sur toile mais sur des supports en bois rendant ses toiles particulièrement fragiles...
Son oeuvre montre essentiellement une grande ferveur religieuse réalisée dans des tons remarquablement lumineux mais on ne voit pas toujours dans ses oeuvres l'expérimentateur audacieux qu'il était.

Dans la toile La Décapitation de son Histoire des saints Cosme et Damien, il ne laisse aucune question sans réponse. La scène vibre de couleurs intenses, chaque forme et chaque teinte étant baignée d'une belle lumière d'un matin d'été. Le paysage est minutieusement détaillé, depuis les tours blanches aux contours nets jusqu'aux grands cyprès sombres devant les collines. Les deux saints attendent, les yeux bandés, fermés à l'horreur et à la lumière, et les trois personnages déjà décapités gisent dans leur sang écarlate.
C'est la représentation d'une mort bien réelle, sans recours au mélodrame, mais vue avec la sérénité du croyant à la foi inébranlable.
En revanche, La Vierge à l'Enfant et des saints peut paraître charmante mais très conventionnelle avec des lignes sinueuses et gracieuses, et des couleurs fortes directement inspirées du gothique. Mais une analyse plus approfondie révèle que Fra Angelico était pleinement conscient des progrès de la peinture, en particulier dans la perspective et dans l'emploi de la lumière. De plus, l'influence de la sculpture sur sa représentation de l'espace physique est très vive.
Son oeuvre présente un schéma nettement traditionnel avec les personnages soigneusement placés les uns par rapport aux autres, mais aussi un caractère résolument peu conventionnel dans le dessin des animaux du tapis et la petite Crucifixion qui se dresse au centre.
Le génie de cet artiste est multiple et s'exprime avec une égale maîtrise sur des supports très variés. Fra Angelico, que l'on connaît surtout pour l'ample décor à la fresque qu'il a réalisé au monastère San Marco de Florence, excelle tout autant dans l'art raffiné de l'enluminure et de la peinture sur bois.
S'il adopte de nouveaux préceptes picturaux, Fra Angelico reste cependant fidèle aux principes de la peinture religieuse médiévale : ses œuvres conservent en effet une fonction didactique, renforcée par la valeur mystique qu'il donne à la lumière. Au cœur de cette première Renaissance florentine qui marque un tournant dans l'art européen, Fra Angelico tient ainsi une place aussi significative qu'originale, due à son "talent rare et parfait".
Jusqu'au 16 Janvier

Sonia
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...