
L'atelier - Corot
A l'occasion de la saison de la Turquie en France, cette exposition retrace l'extraordinaire parcours de cinq générations de la famille Camondo, de leurs débuts de banquiers philanthropes à Constantinople à leur installation à Paris, du XIXe siècle naissant à leur fin tragique en 1945.
Les magnifiques collections, d'une valeur aujourd'hui inestimable, que la France a reçues des Camondo témoignent du goût et de la modernité de ces collectionneurs éclairés et cosmopolites et sont exposées en permanence au Musée du Louvre, au Musée d'Orsay et au Musée Guimet.
La banque Camondo est fondée à Constantinople en 1802 par Salomon-Jacob Camondo et ses fils, Isaac et Abraham-Salomon. En 1832, à la mort d'Isaac, Abraham-Salomon hérite de la banque. Il édifiera l'une des plus grandes fortunes de l'Empire ottoman et sera secondé, à partir des années 1850, par ses petits-fils Abraham-Béhor et Nissim.
Banquiers des vizirs, les Camondo participent au développement économique de la Turquie. Philanthropes, ils sont soucieux de s'investir fortement au sein de la communauté juive ottomane. Admirateurs des Lumières, ils veulent faire entrer les juifs de l'Empire dans la modernité par l'éducation et créent la première école juive enseignant les matières profanes en français et en turc. En 1864, ils co-fondent le comité régional de l'Alliance israélite universelle à Constantinople.
En 1865 ils adoptent la nationalité italienne et s'engagent, par des dons généreux, dans la réunification menée par Victor Emmanuel II. Leur action leur vaudra d'être anoblis. En 1869-1870, la famille émigre à Paris et y transfère le siège social de la banque qui prend part à de nombreux projets tel que le financement du canal de Suez. En 1872, les Camondo choisissent d'habiter la plaine Monceau.
Les deux cousins Isaac et Moïse de Camondo, arrière-petits-fils d'Abraham-Salomon vont devenir des mécènes de la culture française. À sa mort, Isaac de Camondo (1851-1911) lègue ses collections au Louvre : faïences, peintures, dessins et mobilier français du XVIIIe ; chefs-d'œuvre impressionnistes - parmi lesquels Le Fifre de Manet, Les Repasseuses de Degas, la série des Cathédrales de Rouen de Monet ou encore La Maison du pendu de Cézanne ; art d'Extrême-Orient dont 418 estampes japonaises ; cabinet de sculptures du Moyen Âge et de la Renaissance.
Compositeur de musique, mécène des musiciens, il participe à la vie de l'opéra et de l'opéra comique et contribue à la création du Théâtre des Champs-Élysées qui ouvre en 1913. De son côté, son cousin Moïse (1860-1935) lègue dès 1924 son hôtel particulier du 63 rue de Monceau et ses collections à l'Union des arts décoratifs afin d'honorer la mémoire de son fils Nissim, aviateur français tué au combat en 1917.
En 1936, un an après la mort de Moïse, le musée Nissim de Camondo est inauguré. Durant la Seconde Guerre mondiale, la fille de Moïse, Béatrice, son mari Léon Reinach et leurs deux enfants sont assassinés dans les camps nazis. Cette tragédie met fin à la dynastie des Camondo.
MAHJ (Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme) - Hôtel de Saint-Aignan
71 rue du Temple - Paris 3e

By Sonia
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