Indian Highway IV @ MAC Lyon, du 24/02 au 31/07/2011
Paris-Delhi-Bombay... @ Centre Pompidou Paris, du 25/05 au 19/09/2011
De l'Inde, gigantesque pays, le plus dynamique avec la Chine et en pleine mutation économique, pays aux milles visages, tant par la complexité de l'organisation et l'imbrication des classes sociales, religieuse et culturelles, on ne connait que des grandes lignes, trop souvent caricaturales. Deux expositions complémentaires l'éclairent actuellement en France. Analyse croisée...
Il n'y a pas une Inde mais bien des Inde, comme il y a des Chine ou des Russie. Des États-continents si vastes qu'il faut se concentrer pour trouver des valeurs communes tangibles et fédératrices pour parvenir, en politique à maintenir le concept d'unité nationale, en art à un prisme d'étude cohérent pour une exposition. C'est ainsi que deux expositions, l'une à Paris l'autre à Lyon, proposent deux directions permettant de saisir l'Inde artistique actuelle dans sa multiplicité. D'un côté l'exposition parisienne, grosse machine taillée sur mesure pour la capitale : imposante mais impressionnante, prétentieuse mais plus nuancée que d'habitude, se voulant exhaustive mais trop ambitieuse. De l'autre l'exposition lyonnaise, quatrième étape d'une exposition protéiforme qui évolue dans chacune des dix villes qu'elle doit traverser.
Si le Centre Pompidou fait toujours plus d'effort vers la clarté et l'accessibilité de la présentation des collections thématisées, il demeure toujours cette sensation de fatigue à la sortie, comme si l'on venait de nous faire ingurgiter une encyclopédie. Des textes partout, des films à ne plus savoir où donner de la tête, des œuvres monumentales... le tout dirigé à travers six grands thèmes caractéristiques de l'Inde (Politique, Urbanisme/Environnement, Religion, Foyer, Identité, Artisanat). On peut bien entendu éviter cette didactique pesante en ne lisant plus rien hormis les noms des artistes, mais alors on ne comprend pas toujours où les commissaires ont voulu en venir et on ressort frustré. Il faut donc consacrer plusieurs après-midi à la compréhension du sujet et, ne nous le cachons pas, personne n'a ce temps là à consacrer, donc le but premier de l'exposition n'est une fois de plus pas atteint.
A l'inverse, on ressort du MAC de Lyon avec l'esprit léger et l'agréable sensation de ne pas avoir perdu son temps. Sur deux étages, les œuvres sont organisées tout simplement selon les humains qui les ont créées, avec un topo synthétique sur chacun permettant de saisir immédiatement où l'artiste veut en venir. Concept trop souvent négligé, l'exposition est de plus une mutante, les villes qu'elle a traversé et qu'elle traversera ne montreront jamais ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre facette de l'Inde contemporaine, ce qui rend le propos bien plus juste et cohérent et qui, par-dessus tout, traduit la profusion de vitalité du pays à l'opposé du sentiment de monolithisme qui émane de la vitrine parisienne.
Les deux expositions présentent essentiellement les mêmes (excellents) artistes. Les happenings calligraphiques et vestimentaires de Nikhil Chopra ; les sculptures monumentales de Bharti Kher traduisant avec une violence poétique la place complexe des femmes dans une société qui s'émancipe autant qu'elle s'enferme dans des archétypes traditionnels ; les vignettes ancestrales réinterprétées de NS Harsha et les papiers-peints sexuellement explicites de Thukral & Tagra ayant en commun l'humour ; ou encore les productions diverses du très prometteur collectif Raqs Media sont autant de pièces maitresses qu'on ne se lasse pas d'admirer. Cependant c'est dans le choix des outsiders que réside la subtilité du travail des commissaires. Paris tente de dresser des ponts entre les cultures indiennes et françaises en donnant de la place à Alain Declercq et ses paysages gravés à l'arme à feu, les polaroids de Cyprien Gaillard ou aux portraits kitsch de Pierre & Gilles ; tombant ainsi dans un consensus politiquement correct mou comme glorifiant le faubourg St-Denis de façon post-colonialiste. Lyon dépasse l'approche folklorique du respect des différences culturelles en choisissant de présenter Sumaksini Singh qui altère les murs par des mini-tableaux combinant photographies, collages et dessins, ou en exposant les planches de bandes dessinées crues de Sarnath Banerjee, provoquant émerveillement et rires sarcastiques. L'analyse des problèmes d'un pays est toujours bien meilleure quand on la laisse émerger directement de ses habitants, et le message de moralisateur devient fouillé et pertinent.
Deux expositions à voir, avec une grande préférence pour celle de Lyon, qui sont finalement tout simplement à l'image des capitales qui les abritent. Voir un film Bollywood de trois heures-et-demi en mangeant des glaces au safran et au jasmin est très indiqué dans les deux cas...
Illustrations : Bharti Kher, NS Harsha, Nikhil Chopra, Thukral & Tagra (via Delaire dans l'Art).
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Oui, par amour je serais prête à re...
Clap clap.... merci pour cette décou...
Tous les débuts sont hésitants, à ...
Character problem. empty comment
Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...