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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Rubens, Poussin et les peintres du XVIIe siècle

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Le Musée Jacquemart André nous propose de découvrir, entre autres, l'un des plus grands peintres baroque de l'Europe du Nord : Pierre Paul Rubens.

Il y a chez lui, de la largeur d'esprit mais sous une forme magnifiée associant superbement la majesté italienne et la lucidité flamande. Son œuvre est imprégnée d'une sorte d'humanisme catholique, où le sentiment religieux n'exclut pas une forte sensualité, et qui témoigne d'une spiritualité vigoureuse et résolument optimiste.

En 1600, Rubens se rendit en Italie pour y parfaire son art. Au cours de la décennie suivante il voyagea beaucoup, notamment en Espagne, ou il devait se lier d'amitié avec un tout jeune peintre, qui allait acquérir une stature au moins égale à la sienne : Vélasquez.

« Je considère le monde entier comme ma terre natale », écrivit Rubens, dont l'œuvre reflète cette optique généreuse et cosmopolite. L'ampleur de son génie lui permet d'assimiler les éléments qu'il admire chez certains maîtres de la Renaissance, sans atténuer pour autant la puissante originalité de sa propre vision. Il doit donc à l'étude des œuvres de Titien sa remarquable maîtrise de la couleur, et à l'influence de Michel-Ange la robuste densité de ses personnages.

Rubens passa un certain temps à Rome et fut durablement marqué par une peintre italien contemporain, le Caravage. Cela se ressent surtout dans ses œuvres religieuses qu'imprègne un humanisme formel typiquement baroque, jouant sur l'expression populaire et une puissante présence physique.

La Descente de Croix 1612-1614

Sur le plan strictement pictural, Rubens témoigne d'une conscience dynamique et sensuelle du bonheur de vivre, qui est le reflet même de sa personnalité, le tout servi par une remarquable maîtrise technique. Mais à cette puissante vitalité s'ajoute une subtile douceur qui s'exprime par un regard bien particulier, le regard de totale confiance, d'acceptation de l'autre, qu'échangent certains personnages de ses compositions. Dans le Jugement de Pâris, par exemple, Pâris fixe les trois déesses nues avec une expression attentive.

Pour les flamands de l'époque, les canons de la beauté féminine étaient bien éloignés des nôtres. C'est ce qui vaut à Rubens la réputation d'avoir été le peintre des femmes aux formes largement épanouies. Mais il fut bien plus que cela. C'était un homme intelligent et cultivé, doté d'un sens inné de la diplomatie et apprécié comme tel par les têtes couronnées d'Europe.
Et puis surtout, il fut l'un des artistes le plus important et le plus influent de tous les temps. Il exploita ses dons avec une inaltérable générosité.

Cette exposition rassemble une soixantaine de tableaux issus de grandes collections privées et de collections publiques européennes. Elle offre une vision inédite de deux grands mouvements artistiques apparus au XVIIe siècle et de leurs relations croisées : la peinture baroque flamande dont Rubens est le chef de file et l'école classique française, emmenée par Poussin.

Vous trouverez toutes les informations utiles, ici.

By Sonia

Commentaires
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Anne 08-09-2010 17:04:49

Rubens, un homme qui savait regarder les femmes...
Joli billet, mais court.
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Auteur de cette article : Sonia

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